Féminicides : une militante féministe de Clermont-Ferrand répond au mea culpa de Nicole Belloubet

Dimanche 17 novembre, dans une interview accordée au JDD, Nicole Belloubet, ministre de la justice, reconnaît des dysfonctionnements après la publication d’un rapport sur les homicides conjugaux. / © Michael Bunel / Le Pictorium / MAXPPP
Dimanche 17 novembre, dans une interview accordée au JDD, Nicole Belloubet, ministre de la justice, reconnaît des dysfonctionnements après la publication d’un rapport sur les homicides conjugaux. / © Michael Bunel / Le Pictorium / MAXPPP

Dimanche 17 novembre, dans une interview accordée au JDD, Nicole Belloubet, ministre de la justice, reconnaît des dysfonctionnements après la publication d’un rapport sur les homicides conjugaux. Une militante féministe de Clermont-Ferrand lui répond.
 

Par Catherine Lopes

Dimanche 17 novembre, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, revient dans le JDD sur le rapport dévoilé par l'Inspection générale de la justice (IGJ) qui pointe les dysfonctionnements en matière de lutte contre les violences conjugales. "La chaîne pénale n'est pas satisfaisante", déclare la garde des Sceaux. Le rapport révèle que dans 41% des 88 cas de crimes conjugaux étudiée, la victime s’était déjà signalée. Pour Karine Plassard, militante féministe de Clermont-Ferrand, membre de « Nous toutes », ce mea culpa intervient bien tard. Elle explique : « Ce que je trouve dommage, c’est que nous, organisations féministes, cela fait des dizaines d’années que l’on souligne ces dysfonctionnements. La ministre découvre la Lune. Il faut interdire les mains courantes pour les faits de violence, il faut que toutes les plaintes soient instruites et que les auteurs soient convoqués systématiquement. Il faut que l’on arrête la présomption de mensonge des victimes. Il faut que la justice conscientise qu’une femme victime de violences et en danger de mort ».

Un long cheminement

Le rapport de l’IGJ préconise la levée du secret médical. Une décision pour laquelle Karine Plassard est partagée. Elle souligne : « Souvent les femmes ne sont pas mineures. On sait que le cheminement jusqu’à la plainte est long. Il faut en moyenne 7 allers-retours entre la prise de conscience et la rupture définitive dans le couple. A chaque fois, la femme est humiliée, culpabilisée. L’auteur des violences lui fait intégrer une part de responsabilité de ce qu’elle subit. Un médecin qui briserait le secret médical et qui saisirait le procureur de la République, ce serait renvoyer à la victime qu’elle n’est pas capable de le faire par elle-même. Il faut former les médecins à l’accueil des victimes ».

Une meilleure formation 

La militante féministe plaide pour une meilleure formation des policiers, des gendarmes, des médecins. Pour elle, alors que l’on recense aujourd’hui 136 féminicides depuis le début de l’année en France, Karine Plassard demande plus de moyens pour la justice mais surtout exige une volonté politique. Elle affirme : « Il y a des choses à faire, mais déjà il faudrait simplement appliquer la loi et les peines prévues par la loi. Il y a trop souvent du sursis et rarement de la prison ferme. De plus, les délais de l’instruction sont beaucoup trop longs ». La militante féministe sera à Paris le 23 novembre prochain pour la marche contre les violences sexistes et sexuelles. Elle soutiendra les victimes de violences qui vivent dans les zones blanches, de montagne ou rurales.  
 

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