Festival Europavox. Kiddy Smile : “à travers ma musique, j'essaie de créer des histoires !”

Kiddy Smile en concert lors du festival Europavox. / © Fabien Gandilhon - France 3 Auvergne
Kiddy Smile en concert lors du festival Europavox. / © Fabien Gandilhon - France 3 Auvergne

Kiddy Smile a la lourde tâche de clore l'édition  2019 du festival Europavox à Clermont-Ferrand dimanche 30 juin. Juste avant sa montée sur scène, il a donné un entretien à Christophe Jouvante.

Par FG avec Christophe Jouvante

Christophe Jouvante : J'écoute la radio, en ce moment, et toutes les annonces de festivals, vous y êtes ! 

Kiddy Smile : C'est pas vrai ! Je n'étais pas à "We Love Green", je n'ai pas fait les Francofolies, Garorock non plus ... Il y a encore plein de chose que je n'ai pas faites ! C'est bien, il faut en laisser un peu pour les autres ! 

CJ : Vous commencez à vous rendre compte que ça y est, vous n'êtes plus spectateur maintenant, vous êtes dans les festivals ? 

KS : Pendant très longtemps, je n'avais pas accès aux festivals, c'était trop cher pour moi. J'y suis arrivé par la danse parce que je dansais pour des artistes. Du coup, je n'avais pas l'argent pour y aller, je me disais que ça n'était pas forcément pour moi. Et quand j'y suis allé en tant que danseur, c'était une super expérience. J'y suis revenu, j'ai fait pas mal de festivals en Europe, aux Etats-Unis et tout. Et maintenant, de monter sur scène, présenter notre projet sur des gros festivals, sur des jolies scènes, c'est incroyable  !
 
Kiddy Smile en concert lors du festival Europavox. / © Fabien Gandilhon - France 3 Auvergne
Kiddy Smile en concert lors du festival Europavox. / © Fabien Gandilhon - France 3 Auvergne


CJ : Comment vous le sentez le concert de ce soir ? Vous enchaînez les scènes, comment on fait, on essaie d'être un petit peu différent ? 

KS : Je différencie les différents spectacles à travers les costumes. J'esaie de respecter les gens, de présenter quelque chose de différent visuellement. Il y a des éléments qui sont fixes. Moi, j'essaie d'apporter des choses qui sont très différentes, c'est un peu plus compliqué pour les danseurs et les musiciens ! La setlist aussi bouge un peu : les chansons qu'on va jouer sont des fois un peu différentes, dans un ordre un peu différent. On a une intro et une conclusion qui ne bougent pas, mais entre, ça bouge pas mal ! 

Et puis c'est un peu spécial, ce week-end ! C'est le week-end de la Pride. On va surtout s'adresser au public en partageant des messages de tolérance et de positivité. 

CJ : Vous avez l'impression que ça avance ? Vous faites tout pour que ça avance ? 

KS : Je ne sais pas si je suis d'une grande utilité dans l'avancement des droits de la communauté LGBTQIA+ ! J'ai quand même l'impression qu'il y a comme un terrain propice pour pouvoir discuter. Mais il y a quand même encore des recoins de France ou même de Paris où c'est encore compliqué. Il ne faut pas qu'on se relâche !

CJ : Votre spectacle est explicite : on ne peut pas se tromper ? 

KS : C'est sûr que quand on arrive, on comprend tout de suite de quoi on parle ! Je trouve que c'est important en tant qu'artiste de défendre des valeurs, d'avoir un message, de raconter quelque chose autre que "il m'a brisé le coeur et maintenant je suis inconsolable !" On peut parler de ça mais c'est bien quand même de marquer un peu son temps et de résonner de façon plus importante chez ceux qui nous écoutent, de façon à les aider dans leur vie. 

Moi j'essaie de créer des histoires, de parler d'histoires qui m'auraient aidé à me construire. Je le présente sous forme de show, ça pourrait presque être une comédie musicale tellement il y a une petite histoire, des jeux d'acteurs ... Je ne vais pas tout dire, il faut venir voir ! 
 
Kiddy Smile en concert lors du festival Europavox / © Fabien Gandilhon - France 3 Auvergne
Kiddy Smile en concert lors du festival Europavox / © Fabien Gandilhon - France 3 Auvergne


CJ : Si on parlait musique ... Vous aimez bien dire que ce que vous aimez, c'est le style de Détroit, et sur une période très limitée !

KS : C'est très spécifique, ce que j'aime ! La house de Chicago de 89 à 92 et la techno de Détroit du tout début. Ca fait beaucoup penser à des rythmes africains, en ce moment j'aime beaucoup les rythmes afro-trap, afro-house. On travaille sur de prochains disques et on voit comment on va s'ouvrir. 

CJ : Pour le moment, vous êtes dans votre monde et vous allez en sortir ? 

KS : Dans l'album, ce qu'on a fait, les sonorités, c'est ce qu'on voulait. Dans l'écriture, on est partis sur un format qui était pop où on essaie de construire des chansons. La house music, c'est quelque chose où il n'y a pas la dictature du "couplet - refrain - deuxième couplet - deuxième refrain, deuxième refrain encore une fois, bridge, encore refrain et ensuite sortie de chanson". On peut parler, on peut faire ce qu'on veut, une intro de 7 minutes pour une chanson de 45 secondes. Moi, je voulais amener ce format pop dans la house music. Ca existait déjà, mais je voulais le faire à ma façon.

CJ : Votre musique est extrêmement joyeuse et extravagante ... On pourrait la définir comme ça ou c'est trop ? 

KS : Je dirais que ma musique est généreuse ... et "bien vivante" !

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