Grève du 24 janvier à Clermont-Ferrand : plusieurs milliers de manifestants contre la réforme des retraites

A Clermont-Ferrand, des milliers de manifestants ont convergé vers la place de Jaude. / © Pascale Félix / France 3 Auvergne
A Clermont-Ferrand, des milliers de manifestants ont convergé vers la place de Jaude. / © Pascale Félix / France 3 Auvergne

Vendredi 24 janvier, plusieurs organisations appellaient à une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, à Clermont-Ferrand. Une manifestation est partie vers 10h45 des facultés. La préfecture annonce 4 400 participants, contre 10 000 pour la CGT.
 

Par C.L avec Pascale Félix

A Clermont-Ferrand, vendredi 24 janvier, une nouvelle journée de mobilisation était prévue contre la réforme des retraites. Plusieurs organisations syndicales appellaient à manifester. Il s’agissait de la CGT, de FO, de Solidaires, de l’UNEF et de la CFE-CGC. C’était la 7e journée de mobilisation interprofessionnelle nationale depuis décembre 2019. La préfecture annonce 4 400 participants, contre 10 000 pour la CGT. 

Retour sur les moments forts de manifestation

A quelques minutes du départ du cortège, des Gilets jaunes, des militants syndicaux de la CGT, FO, UNSA, Solidaires et des personnels de l'Education nationale convergent vers les facultés de Clermont-Ferrand. Des femmes organisent un happening.

Un mouvement social inédit

Nathalie Gregoris, vêtue comme ses collègues d’un bleu de travail et d’un fichu rouge, indique : « Nous sommes des femmes, les grandes perdantes de la réforme des retraites de Macron. Il y a des femmes qui sont syndiquées, d’autres non. L’idée est de dire que cette réforme est particulièrement injuste pour les femmes. On veut le retrait de cette réforme ». Georges Lagarde, retraité, souligne : « Cette réforme va réduire les retraites. On essaie de nous faire avaler la couleuvre mais on sait que s’il se passera : ça sera la diminution. Je suis déjà à la retraite et vis avec une allocation adulte handicapé, mais je pense aussi aux autres ». Cyril Triolaire, maître de conférence, enseignant-chercheur et secrétaire académique SNES, explique : « Les enseignants-chercheurs continuent à se mobiliser dans le cadre de ce mouvement social inédit et qui dure depuis plus de 7 semaines contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement Macron Philippe. S’ajoute à la contestation la loi de programmation pluriannuelle de la recherche qui va être annoncée dans quelques jours par notre ministre de tutelle. Elle représente à nos yeux une grave menace pour le service public de l’enseignement supérieur ».

Un second groupe d’environ 500 manifestants a rejoint le cortège des manifestants regroupé près de la faculté de lettres. Il arrive de la gare, formé de gaziers, d’électriciens, d’employés de la métallurgie, de salariés de la SEMERAP et du Conseil départemental du Puy-de-Dôme.

Les avocats mobilisés

Au même moment, les avocats du barreau de Clermont-Ferrand manifestent leur opposition à la réforme des retraites lors de l'audience solennelle de rentrée du tribunal.

Les avocats entonnent le Chant des partisans revu et corrigé.
 

De nombreux slogans

Dans le cortège de la manifestation, on peut lire de nombreux slogans : « Sans planète, pas de retraite », « Emmanuel, garde tes points et donne-nous du pain », « Lutter c’est rêver grave », « Agent station d’épuration mort avant la retraite », "Qui sème la misère récolte la colère", ou "Mon avenir : métro, boulot, caveau".
Les Gilets jaunes sont de nouveau mobilisés pour la manifestation.
Lionel Pallut, électromécanicien, affirme : « Je manifeste depuis le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites. On n’a pas besoin de ça. Les anciens s’étaient battus pour que l’on ait une retraite décente et là on est tout en train de laisser passer. Je ne veux pas être de cette génération qui fait en sorte que l’on va partir en retraite à 64, 65, 66, 67 ans. Je ne veux pas de ça surtout que je fais partie d’un corps de métier où on est soumis à l’insalubrité, aux risques de chute ».

Place Delille, les avocats en grève depuis plusieurs semaines, viennent grossir les rangs des manifestants. Charlotte Lichon, avocate au barreau de Clermont-Ferrand, précise : « On est solidaires. Aujourd’hui le régime proposé, le régime universel, est inacceptable. On ne peut pas tolérer cela. On est solidaires du régime autonome mais on a notre propre caisse. Aujourd’hui on manifeste pour soutenir tous les concitoyens car ce qui nous est proposé n’est pas acceptable ».

La préfecture annonce 4 400 participants contre 10 000 selon la CGT.

Le 5 décembre, entre 15 000 et 30 000 opposants à la réforme des retraites avaient défilé dans les rues de Clermont-Ferrand. Le 10 décembre, la mobilisation avait un peu faibli, avec 5 500 manifestants selon la préfecture. Ensuite, les syndicats avaient réussi à remobiliser le 17 décembre avec 25 000 manifestants selon la CGT et 7 800 pour la préfecture. Le jeudi 9 janvier, la préfecture a annoncé 6 000 manifestants, les syndicats entre 15 000 et 20 000. Enfin, le jeudi 16 janvier, les organisateurs avaient annoncé 5 000 participants contre 3 000 pour la préfecture.
 

A Clermont-Ferrand, vendredi 24 janvier, le parcours emprunté par la manifestation ne suit pas le tracé habituel. La manifestation démarrera à 10h30 des facultés en bas du viaduc Saint-Jacques, puis se dirigera vers le lycée Jeanne d’Arc. Elle passera ensuite place Delille, puis place Gaillard. Le rassemblement se terminera place de Jaude.
Des axes bloqués et des difficultés de circulation sont donc à prévoir vendredi 24 janvier, dans ce secteur de Clermont-Ferrand, notamment dans la matinée où est prévu l'ensemble de la marche. En raison de la manifestation, la T2C indique que les lignes A, B, C, 3, 4, 9, 12, 35 et 36 pourraient être perturbées ou déviées.

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