Après les fortes chaleurs, les vignes du sud de l’appellation AOC Côtes d’Auvergne ont subi le gel dans la nuit du 18 au 19 avril dernier. Certaines parcelles ne donneront rien du tout cette année, alors les vignerons songent aux potentielles solutions si ce scénario venait à devenir récurrent.
Coup de froid pour le raisin. À une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Clermont-Ferrand, à Lachaux (Puy-de-Dôme), la température est tombée à -2 degrés dans les parcelles cultivées par Amandine Gueguen, il y a deux semaines. Suite à cet épisode de gel, elle estime que 40% de la parcelle de pinot est perdue.
Elle n'avait jamais connu cette situation depuis sa reprise de l'exploitation. "Sur ceux-là, on voit qu'on a plus du tout de fruit", se désole la viticultrice de l'AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) Côtes d’Auvergne, en faisant le tour de ses cultures, où de nombreuses extrémités de vignes sont noircies. "On entend bien les feuilles qui croustillent lorsqu'on les touche, malheureusement celles-ci ne donneront rien. Mais on garde espoir pour les petites branches qui sont encore vertes et qui devraient donner du raisin pour la prochaine récolte."
Des viticulteurs forcés de s'adapter
Paradoxalement, ce n’est pas tellement le gel fin avril qui est un problème, mais plutôt les températures qui ont frôlé les 30 degrés quelques jours avant. Alors, les viticulteurs auvergnats réfléchissent à la protection des petits raisins, face à des pics de températures extrêmes voués à se multiplier au fil des années à cause du changement climatique.
"On entend parler de systèmes de bougies, qui coûtent aujourd'hui relativement cher pour des cépages comme les nôtres, évoque la viticultrice auvergnate. La valorisation n'est donc pas suffisante pour nous à ce stade. Autrement, il y a les bottes de paille, mais à condition que le vent soit là pour nous aider à diffuser la chaleur émise par la fumée. Tout ça est à l'étude et il faudra trouver les bonnes solutions."
Au sud d’Issoire, les ravages du gel sont encore plus importants, comme dans l'exploitation de Boris Boy, Viticulteur à Boudes - AOC Côtes d’Auvergne. "Sur une vigne de Chardonnay comme celle-ci, on a gelé à presque 100%. On a près de 80% de l'appellation Boudes qui a subi ce sort", constate celui qui peut s'estimer heureux d'être assuré. Il va être indemnisé à hauteur de 42 hectolitres de vin par hectares. "Sans assurance, on se ferait beaucoup de soucis."
On dort quand même mieux quand on est indemnisé. Ça permet de tenir le coup au niveau de la trésorerie.
Boris Boy, Viticulteur à Boudes - AOC Côtes d’Auvergne
Reste maintenant à sélectionner les jeunes repousses sur les cèpes pour préparer les branches qui donneront du raisin l’an prochain.