Pourquoi les tarifs des Ehpad vont augmenter à Clermont-Ferrand

En 2026, il faudra payer 66 euros par jour pour résider dans l'un des six Ehpad publics de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Une mesure votée par le centre communal d'action sociale pour combler son déficit de 10 millions d'euros et rattraper l'inflation, selon le maire PS Olivier Bianchi.

Soixante-six euros par jour : ce sera le prix à payer pour résider dans l'un des six Ehpad publics de Clermont-Ferrand d'ici 2026. Cette hausse a été votée mardi 13 février par le conseil d’administration du Centre communal d'action sociale (CCAS), plombé par une dette de 10 millions d’euros. L'objectif est de ramener le déficit du CCAS "à 6,5 millions d'euros" d'ici la fin du mandat, explique le maire PS de Clermont-Ferrand, Olivier Biancchi.

Cette mesure sera mise en œuvre "de manière progressive dans les différents Ehpad publics de Clermont-Ferrand au cours des deux prochaines années." Selon l'élu, cette hausse est "indispensable pour continuer à assurer des services publics de qualité".

Tarification sociale

Un avis qu'est loin de partager l'opposition. "C'est le contribuable qui fait les frais de la mauvaise gestion de l'argent public par la ville", tacle le conseiller municipal LR Julien Bony en référence aux conclusions de l'audit du CCAS par la ville. Selon lui, il faudrait plutôt "revaloriser le métier de soignant, par exemple, en augmentant les salaires, pour lutter contre l'absentéisme, limiter le recours à l'intérim et mettre en œuvre les autres propositions de l'audit pour réaliser des économies."

Parmi ces pistes : améliorer le taux d'occupation des lits, qui est déjà passé de 92% pendant le Covid à 98% aujourd'hui, réduire le délai de remise en état des chambres, numériser l'outil de gestion du personnel... Ces mesures "vont également être mises en œuvre, mais il faut prendre le temps d'en discuter avec les partenaires syndicaux", justifie Olivier Bianchi. Surtout,"les six Ehpad publics de Clermont-Ferrand disposent de tarifs différenciés (de 58,58 à 63,53 euros par jour) car ils n'ont pas tous été créés au même moment, mais dans le fond, ils proposent les mêmes services", estime le maire de Clermont-Ferrand.

L'édile défend "la gestion publique des Ehpad, afin d'éviter les dérives à la Orpea". Selon lui, augmenter les tarifs est "le seul moyen de continuer à offrir un service de qualité aux résidents, notamment, au regard du déficit du CCAS mais aussi de l'inflation".

Une autre mesure défendue par l'élu est "la tarification sociale, de 66 à 72 euros pour les ménages les plus aisés". La balle est désormais dans le camp du conseil départemental, dont le vote est indispensable pour que cette mesure entre en vigueur.