Le Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand, une aubaine pour les hôteliers ?

Avec ces 95 000 visiteurs sur trois jours, le Sommet de l'élevage fournit une activité considérable pour le secteur hôtelier de l'agglomération de Clermont-Ferrand. Les chambres sont-elles toutes complètes ? Non, affirme l'UMIH 63, mais il arrive que les hôtels pratiquent des prix plus élevés.
Non, les 95 000 visiteurs du Sommet de l'élevage n'ont pas raison de toutes les chambres d'hôtel clermontoises. En revanche, il peut arriver que les professionnels appliquent des tarifs plus élevés en raison des importantes demande pour l'événements.
Non, les 95 000 visiteurs du Sommet de l'élevage n'ont pas raison de toutes les chambres d'hôtel clermontoises. En revanche, il peut arriver que les professionnels appliquent des tarifs plus élevés en raison des importantes demande pour l'événements. © LIONEL VADAM / MAXPPP
Pendant le Sommet de l'élevage, du 3 au 5 octobre, difficile de trouver de quoi se loger dans l'agglomération de Clermont-Ferrand. Autour de la grande halle de Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme) où se déroule la manifestation, les hôtels affichent complet ou ont augmenté les prix des nuitées. À la Pardieu, un internaute a aperçu un hôtel affichant des chambres à partir de 230 euros. "Y en a pas qui profite du sommet de l'élevage (sic) ?," demande-t-il.

  

Une augmentation des prix ?

Carole Machot dirige un établissement voisin. Ici, les chambres disponibles ne se comptent que sur les doigts d'une main pendant le Sommet, et les dernières reviennent à 100 euros la nuit. "Nous avons un tarif "événementiel" pendant certaines manifestations, qui varie entre 90 et 100 euros. C'est la politique commerciale, nous fonctionnons en fonction de la demande," assume la directrice, qui confie qu'elle aurait pu "louer deux fois le nombre de chambres" au vu de cette demande.

Cependant, le tarif n'est que peu élevé par rapport à ceux pratiqués dans l'année, à savoir entre 58 et 75 euros en période basse et entre 63 et 100 euros en période estivale. Juste à côté, l'hôtel où travaille Adeline Rey propose ses deux dernières chambres à 180 euros, au lieu d'une centaine d'euros en haute période. "Nous sommes régulièrement complets lors du Sommet, mais il intervient toujours quelques annulations de dernière minute, note l'ajointe de direction, qui confirme aussi pratiquer un tarif "salon".


 

L'Union des métiers et des industries hôtelières du Puy-de-Dôme (UMIH 63) souhaite nuancer : si les tarifs paraissent plus élevés pendant le Sommet, c'est souvent pour équilibrer avec les tarifs bas pratiqués dans l'année. "On nous reproche souvent, pendant ces quatre jours dans l'année, de vendre nos chambres à leur vrai prix, et nous devrions nous excuser d'accueillir des clients étrangers... 300 jours dans l'année, même pendant les vacances scolaires, le parc hôtelier clermontois a un taux d'occupation de 30 à 40% et nous sommes bien souvent contraints de brader," signale Vincent Lanthony, l'un des responsables du syndicat hôtelier.
 

"Tous les hôtels ne sont pas complets"

Ce dernier rappelle que Clermont-Ferrand possède un parc tout à fait honorable pour une ville de sa taille, information confirmée par les professionnels interrogés. Les pics de fréquentation interviennent lors du Sommet de l'élevage et, à moindre échelle, lors du Festival du court métrage et de congrès professionnels ou événements sportifs d'envergure.

"Et encore, le festival ne concerne que quelques hôtels dans le centre-ville, note Vincent Lanthony. Pour le Sommet, la nuit du 3 octobre a été la plus chargée avec seulement 21 chambres restantes à Clermont-Ferrand. Pour ce soir, seuls 15 hôtels affichent complet sur les 29 [À 15 heures ce 4 octobre, il restait encore 34 chambres libres, NDLR]".

À noter que le Sommet de l'élevage provoque une baisse soudaine de la fréquentation des hôtels lors des journées qui encadrent la manifestation. L'avant veille, le lendemain et le surlendemain, les réservations y sont même "en deçà des périodes les plus creuses de l'année," souligne Vincent Lanthony.
 

Pendant l'année, le démarchage et la concurrence d'Airbnb

Certains hôtels fonctionnent à la fidélité. Grâce aux liens qu'ils ont tissé avec certaines entreprises exposantes au Sommet de l'élevage, les établissements de Carole Machot et d'Adeline Rey affichent complet toutes les premières semaines du mois d'octobre jusqu'en 2020. "Le reste de l'année c'est bien plus calme, mais nous arrivons, grâce à nos partenariats et nos démarches commerciales, à maintenir une moyenne de 80% de taux d'occupation toute l'année, avec un creux d'activité de novembre à janvier. Ce bon chiffre, on le doit à notre clientèle professionnelle".

Ce n'est bien sûr pas le cas de tous les établissements clermontois. Avec le départ vers Lyon de certaines compétitions régionales qui apportaient de l'activité le week-end, les professionnels de l'hôtellerie doivent aussi faire face aux logeurs inscrits sur Airbnb, non soumis aux contraintes de formation, de taxe et de normes hôtelières.



 
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