Soupçons de harcèlement sexuel au CHU de Clermont-Ferrand : un rassemblement de soutien à la victime présumée

Ce mardi 23 mars, une confrontation était organisée au commissariat de Clermont-Ferrand entre un praticien du CHU accusé de harcèlement sexuel et sa victime présumée. A 14h30, heure de l’audition, un rassemblement était organisé devant le commissariat par la CGT, partie civile dans ce dossier.

Un rassemblement de soutien à la victime présumée de harcèlement du CHU de Clermont-Ferrand s'est tenu devant le commissariat ce mardi 23 mars.
Un rassemblement de soutien à la victime présumée de harcèlement du CHU de Clermont-Ferrand s'est tenu devant le commissariat ce mardi 23 mars. © A.Albert/FTV

Une dizaine de blouses blanches étaient présentes ce mardi 23 mars devant le commissariat de Clermont-Ferrand : un rassemblement était organisé en soutien à un agent du CHU de Clermont-Ferrand, qui a déposé plainte contre son supérieur hiérarchique pour harcèlement sexuel et attouchements. A 14h30, une confrontation était prévue entre le praticien et sa victime présumée, en présence des enquêteurs. La CGT du CHU de Clermont-Ferrand, qui s’est constituée partie civile dans ce dossier, a organisé ce rassemblement devant les locaux de police.

Une confrontation "difficile" pour la victime présumée

Selon le syndicat, la situation est difficile pour l’agent : « Elle ne se sent pas très bien. Ca fait un moment qu’elle ne l’a pas croisé (son supérieur NDLR) et là, être obligée de se retrouver avec lui c’est une situation compliquée. Elle a un sentiment de panique aussi je pense. Tout le processus a été compliqué par rapport au CHU. Là, c’est une première grosse étape qui est difficile à avaler, à appréhender », explique Laure Cuvillier, représentante syndicale. Elle souhaite que la victime présumée ne se sente « pas seule », mais également rappeler à tous que ce genre de situation ne devrait « pas exister ». Selon le syndicat, le praticien aurait nié les accusations dont il fait l’objet, lors d'une précédente convocation au commissariat. La mise en place d’un référent harcèlement serait en cours au centre hospitalier, selon Laure Cuvillier.

"C’est à l’employeur de mettre en place des solutions"

Pour Nathalie Niort, secrétaire adjointe de la CGT et présente au rassemblement, cette affaire pourrait permettre de libérer la parole et de mettre en place des solutions préventives au harcèlement « Le harcèlement est un sujet qui commence à faire parler de lui mais qui a été tabou pendant très longtemps. C’est une bonne chose, je pense que l’action au CHU permet aux langues de se délier. C’est une problématique assez générale dans la fonction publique. Il y a des solutions, comme de la prévention et des formations auprès des médecins, des internes et des agents. Beaucoup de harcèlements existent et c’est aux établissements de s’en emparer. C’est à l’employeur de mettre en place des solutions. »

"Il lui a proposé de l’argent contre des faveurs de sa part"

Une plainte avait été déposée par la secrétaire à l’encontre du praticien hospitalier, le 23 novembre, pour harcèlement moral et sexuel. Selon l'avocat de la plaignante, Me Duplessis, les faits reprochés se seraient déroulés entre 2018 et 2020 : « Il lui a proposé de l’argent contre des faveurs de sa part, il y a des messages qui le prouvent. On parle de 500 euros. Il y a des échanges de mail, de sms, des lettres et on parle également d’attouchements. C’est quelqu’un de très haut placé au niveau du CHU et au niveau régional », insistait l’avocat de la plaignante, mi-février.

Une enquête interne au CHU

En parallèle de l'enquête policière du commissariat de Clermont-Ferrand, une enquête interne est menée par le centre hospitalier : « La Direction Générale du CHU de Clermont-Ferrand a été informée d’un dépôt de plainte d'un agent de l’établissement à l’encontre d’un praticien hospitalier. Elle a pris en compte de façon très sérieuse la situation et poursuit le déploiement de dispositifs de lutte contre toute forme de violences. La Direction générale a accompagné la procédure par les démarches suivantes : les parties et agents ont été entendus ; des signalements circonstanciés ont été effectués auprès des autorités compétentes (ARS, Centre National de Gestion, Médiateur des hôpitaux, Procureur de la République) ; la protection fonctionnelle a été accordée ; une commission administrative d’information et d’enquête interne a été diligentée. Des mesures conservatoires ont été prises : nouvelle affectation proposée à l’agent. Un accompagnement a été proposé auprès du psychologue du travail. Le CHU rappelle qu’il est extérieur à la procédure judiciaire et n’est pas légalement l’autorité disciplinaire compétente pour poursuivre un praticien hospitalier », a affirmé la direction du CHU dans un communiqué en février dernier.

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