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Suppression de vols intérieurs au profit du train : à Clermont-Ferrand, “Ce serait catastrophique”

Les acteurs du monde économique du Puy-de-Dôme ne cautionnent pas la proposition de loi de François Ruffin qui vise à supprimer certaines lignes aériennes. / © ERIC PIERMONT / AFP
Les acteurs du monde économique du Puy-de-Dôme ne cautionnent pas la proposition de loi de François Ruffin qui vise à supprimer certaines lignes aériennes. / © ERIC PIERMONT / AFP

Le député François Ruffin (FI) veut supprimer les lignes aériennes qui ne permettent pas de réaliser plus de 2h30 d’économie de temps par rapport au train. Une idée qui "serait catastrophique", selon des représentants du monde économique du Puy-de-Dôme.
 

Par Catherine Lopes

Afin de réduire les émissions de CO2, le député de la Somme François Ruffin (France Insoumise), a annoncé lundi 3 juin qu’il allait présenter une proposition de loi. Elle vise à interdire l’avion quand le train « permet un temps de trajet équivalent au temps de trajet de l’avion +2h30 ». La ligne aérienne Clermont-Ferrand-Paris serait ainsi directement concernée. Pour Patrick Wolff, président de l’association Objectif Capitales, qui lutte contre l'enclavement de Clermont-Ferrand, « Cela montre la stupidité totale d’un philosophe de troisième zone. Il oublie que dans les villes de province, les gens ont besoin de prendre l’avion, vont à l’étranger. Pour faire ces voyages dans des conditions décentes, il faut prendre l’avion, assurer des correspondances. S’il veut créer de la désertification, que Clermont-Ferrand devienne La Godivelle (petite commune du Puy-de-Dôme d'une dizaine d'habitants, NDLR), il a raison sur toute la ligne ».

Des entrepreneurs qui privilégient l'avion au train

En avion, la durée du trajet est de 55 minutes, contre au mieux 3h17 par le train. Frédéric Ranchon, président du Crédit Mutuel Massif Central, est un utilisateur régulier de la ligne aérienne Clermont-Ferrand-Paris. Il voit d’un très mauvais œil ce projet de suppression de liaison intérieure : « Cela serait catastrophique pour notre économie locale. Quand je prends l’avion, je croise de nombreux chefs d’entreprise. Une telle décision serait dramatique pour notre bassin d’emplois ».

Le siège de Michelin menacé ?

Dans un article, le journal La Tribune affirme que le siège clermontois de Michelin pourrait être menacé par cette proposition de loi. Le quotidien souligne : « Tous les vols entre Clermont-Ferrand et Paris permettent aux dirigeants et aux cadres de l'entreprise de se rendre à Paris rapidement, mais aussi de se rendre facilement aux quatre coins du globe via Roissy. Même chose pour tous les dirigeants et cadres des divisions du groupe basées à l'étranger ou des  fournisseurs et partenaires étrangers, qui viennent rencontrer la direction du groupe. Et par conséquent, une suppression de cette ligne serait évidemment préjudiciable pour Michelin qui, rappelons-le, est la seule entreprise du CAC 40 à avoir son siège social en région, et par ricochet pour l'économie clermontoise ». Une conséquence pour Michelin envisagée par Claude Barbin, président de la CCI du Puy-de-Dôme Clermont Auvergne Métropole : « Cette information est soit une provocation soit une volonté de faire le buzz pour François Ruffin. Au regard de cette provocation, Michelin ne se poserait pas la question de délocaliser à Paris mais plutôt ailleurs dans le monde, comme aux USA ou en Asie. Il y aurait ainsi d’énormes conséquences sur l’emploi ».

Une ligne ferroviaire peu plébiscitée

Afin de répondre au mieux aux enjeux écologiques, Claude Barbin réclame des efforts sur la liaison ferroviaire entre Paris et Clermont-Ferrand. Une liaison qui a connu lundi 3 juin des déboires : deux trains ralliant la capitale à l’Auvergne ont affiché près de deux heures et trois heures de retard. Un usager de la SNCF s'est plaint sur Twitter de ces retards.

 

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