Un couple du Puy-de-Dôme va offrir des vacances dans leur gîte à des enfants malades

Le couple de propriétaire d'un gîte à Gelles, dans le Puy-de-Dôme, a décidé d'adhérer à une association qui aide les enfants gravement malades à profiter de vacances. Dès le mois d'août, les deux Gellois vont ouvrir les portes de leur établissement pour une semaine de bon air à la campagne.

C'est à la radio, pendant qu'il conduisait que Nicolas Barlot a appris l'existence de "Cœur en liberté", une association qui offre à des enfants qui ont subi de lourdes interventions chirurgicales ou atteints de maladies graves, des semaines de convalescence et de vacances dans des gîtes en France.

"J'écoutais un reportage sur France Bleu. Quand j'ai entendu la directrice de « Cœur en liberté » expliquait le but de l'association, je me suis dit que c'était dans l’esprit de notre couple et que ça allait plaire à ma femme", raconte le technicien forestier.

Nicolas et Christelle son épouse sont famille d'accueil et ont à leur charge 2 enfants qu'ils accueillent au sein de leur gîte. 

"Quand mon mari m'en a parlé il y a deux mois, j’ai tout de suite accroché au concept et j’ai aussitôt pris contact avec l'association", précise l'assistante familiale, ancienne sapeur-pompier volontaire. 

Lorsqu'on demande à la mère de famille de 3 enfants pourquoi ce nouveau geste de solidarité, elle nous répond naturellement : "On aime bien aider les autres et aider des enfants nous tient à cœur. Je suis famille d’accueil depuis 5 ans, j’ai été 10 ans pompier, pour nous c’est normal et naturel. Ce n'est pas de la publicité".

Avec son mari il y a 2 ans, elle a transformé leur ancienne maison de Gelles en établissement d'hébergement touristique : le gîte de Say. 

"On a une très belle région, on est très attachés au Puy-de-Dôme. On est à la campagne, avec plein de producteurs autour de nous. C’est important d’en faire aussi profiter les enfants", explique Christelle Barlot. 

"Un rayon de soleil"

"Cœur en liberté" a été créée en juillet 2020, non loin de Cherbourg dans la Manche. En plus du gîte de Nicolas et Christelle Barlot dans le Puy-de-Dôme, "169 autres gîtes solidaires soutiennent l'association, partout en France, dans 38 départements au total. Une vingtaine est en attente d'adhésion à ce jour", précise Joanna Deceire, directrice de la structure. 

"Depuis juin 2021, nous sommes à 110 séjours offerts à des enfants et leurs familles. Et nous avons déjà 22 séjours programmés jusqu'à la fin août. On reçoit quotidiennement des nouvelles demandes. Plus de 500 familles nous ont déjà contactés grâce à l'entraide d'autres associations, à la presse qui nous donne une visibilité et aux hôpitaux qui adhèrent de plus en plus à notre action et en parlent au sein du milieu hospitalier".

Les enfants atteints de maladie, Mme Deceire en sait quelque chose. Enfant, elle a aussi connu des soucis de santé. "Ce sont des souvenirs gravés dans ma mémoire. Il y a 10 ans, j'ai dû m'arrêter de travailler à cause de ma maladie. J'ai vu beaucoup d'enfants dans les hôpitaux où j’allais. Ça m'a bouleversé. Le regard de ses enfants a été poignant. Ça m'a fait cogiter. De devoir rester enfermer, de ne pas pouvoir voir ses parents, c'est un déchirement pour eux, d'où cette idée de les réunir pour un bol d'air en famille", explique la responsable.

Elle s'est donné un objectif : offrir une semaine de convalescence et de vacances à un enfant sortant d’hospitalisation après une intervention chirurgicale éprouvante ou atteint d’une grave maladie, accompagnés de sa famille. Plutôt que 7 jours, Nicolas et Christelle Barlot ont choisi d'en proposer 14 : "Je trouvais que ce n'était pas beaucoup. 2 semaines sur une année, pour nous c'est rien du tout. C’est juste un plaisir", confie Mme Barlot. 

"Un gîte qui nous contacte c’est déjà fantastique. Nous sommes toujours très heureux et souvent émus parce que ce n'est pas un acte banal de solidarité et de générosité. Quand Christelle m'a téléphoné, ça a vraiment été un rayon de soleil qu’elle nous a apporté avec sa proposition. C'est encore plus signifiant quand on sait qu'elle a déjà des enfants à charge", réagi Joanna Deceire. 

"Chaque gîte solidaire est pour nous une pépite d'or. Sans eux, nous ne pouvons pas exister. L'association fait le maximum mais c'est la générosité des propriétaires qui fait notre richesse. Nous proposer 2 semaines, c'est une double pépite d'or. C'est unique !"