Unique en France : comment la LPO de Clermont-Ferrand soigne les oiseaux grâce à une imprimante 3D

Depuis 2018, le centre de sauvegarde de la Ligue de Protection des Oiseaux de Clermont-Ferrand est équipé d’une imprimante 3D. Grâce à cette technologie, il peut réaliser des prothèses sur-mesure aux oiseaux.
 

Grâce à une imprimante 3D, les soigneurs de la LPO de Clermont-Ferrand ont soigné une cigogne blessée.
Grâce à une imprimante 3D, les soigneurs de la LPO de Clermont-Ferrand ont soigné une cigogne blessée. © LPO Auvergne
Le centre de sauvegarde de la Ligue pour la Protection des Oiseaux de Clermont-Ferrand fait figue de pionnier en matière de soins aux oiseaux. En effet, depuis 2018, il est doté d’une imprimante 3D afin de fabriquer des prothèses sur-mesure aux animaux blessés. Adrien Corsi, responsable soigneur du centre de soins LPO de Clermont-Ferrand, raconte la genèse du projet : « L’idée a commencé à germer dans ma tête en 2016. J’ai vu un reportage sur un aigle américain qui avait eu une partie du bec arrachée par une gerbe de plombs. Des soigneurs ont remodélisé le bec, fabriqué une prothèse, pour qu’il soit autonome. Cela m’a inspiré ».

Quelque 6 000 euros récoltés

Un an plus tard, une campagne de financement participatif est lancée, ainsi qu’un appel aux dons plus classique. Finalement, près de 6 000 euros de dons sont récoltés, qui permettent d’acheter une imprimante 3D, un ordinateur puissant, des bobines et de rémunérer un salarié. En 2018, l’imprimante semi-professionnelle est opérationnelle, avec une capacité  d’impression de 30 cm par 30 cm par 60 cm. En quelques mois, les premiers résultats sont là. Adrien Corsi explique : « Avec cette technique, on améliore le soin et la durée du séjour de l’oiseau est réduite. Avec une attelle qui peut se défaire, la calcification est retardée. Là, ça ne bouge pas, la calcification se fait et il y a moins besoin de rééducation. Il y a aussi une amélioration au niveau du stress de l’animal ».
Une attelle a été réalisée à Clermont-Ferrand par une imprimante 3D de la LPO pour soigner une fracture du doigt d'un milan royal.
Une attelle a été réalisée à Clermont-Ferrand par une imprimante 3D de la LPO pour soigner une fracture du doigt d'un milan royal. © LPO Auvergne
 

Plusieurs bénéfices

Adrien voit aussi un bénéfice écologique avec cette technique, car les prothèses sont réutilisables, ainsi qu’un intérêt économique : la LPO dépense moins d’argent pour acquérir du matériel de soins. Depuis 2018, une cinquantaine de prothèses sur-mesure ont été fabriquées. Quatre principaux modèles ont été produits : des attelles « en J » pour des fractures "de la main", des prothèses pour la luxation du genou, pour des fractures des pattes, et des pantoufles pour des problèmes d’articulation au niveau des doigts. Adrien Corsi n’est pas peu fier de son équipement : « On est les premiers en France à utiliser cette technologie sur la faune sauvage. Mais cela a déjà été fait en Italie ou en Espagne ».

Des espoirs pour la suite

Depuis plusieurs mois, les progrès en matière de soins ont connu un développement encore plus efficace. En effet, la LPO de Clermont-Ferrand a reçu le soutien d’une entreprise de Haute-Garonne. Adrien Corsi souligne : « Gauthier, qui travaille pour Occilor, est modeleur 3D. Il a déjà travaillé avec des parcs zoologiques. Grâce à lui, on a beaucoup progressé. J’émets l’idée, Gauthier la met en forme et j’imprime dans nos locaux. Il fait cela bénévolement ». Grâce à son imprimante 3D, Adrien Corsi nourrit de grands espoirs. Il conclut : « On peut très bien imaginer de créer des prothèses adaptées, durables, pour des espèces plus rares ou menacées ».
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