Variant Delta : des membres de la communauté portugaise de Clermont-Ferrand contraints d'annuler leur voyage au Portugal

Publié le Mis à jour le
Écrit par Solenne Barlot
Dans le Puy-de-Dôme, des membres de la communauté portugaise sont contraints de renoncer à leur voyage au Portugal en raison de la situation sanitaire.
Dans le Puy-de-Dôme, des membres de la communauté portugaise sont contraints de renoncer à leur voyage au Portugal en raison de la situation sanitaire. © Sebastian Gollnow/MAXPPP

Clermont-Ferrand compte une des plus importantes communautés portugaises en France. Le variant Delta sévit au Portugal et certains Portugais d'origine sont contraints "la mort dans l’âme", à annuler leur séjour et repousser les retrouvailles avec leur famille. Certains témoignent de leur déception.

Grosse déception dans la communauté portugaise de Clermont-Ferrand. En effet, Clément Beaune, Secrétaire d’Etat aux Affaires Européennes, a indiqué ce jeudi 8 juillet : « Ceux qui n’ont pas encore réservé leurs vacances, évitez l’Espagne, le Portugal dans vos destinations, c’est un conseil de prudence, une recommandation ». « Il vaut mieux rester en France ou aller dans d’autres pays. » Clermont-Ferrand compte l'une des plus importantes communautés portugaises. On comprend que cette annonce n'a pas manqué de susciter l'inquiétude chez celles et ceux qui envisageaient de passer leurs congés d’été au Portugal. C’est le cas de Johanna Goncalvez, résidant à Clermont-Ferrand, qui devait se rendre auprès de sa famille au mois d’août pendant 2 semaines : « Ca remet en question mon voyage. Je pense que je vais annuler mon vol, tout simplement. Les restrictions là-bas sont importantes avec le couvre-feu à 23 heures, à Lisbonne ou d’autres villes, donc ça ne sert à rien de partir si on ne peut pas en profiter. C’est compliqué », regrette la jeune femme, très déçue de devoir renoncer à son séjour une troisième fois : « L’année dernière, je ne suis pas partie à cause des restrictions, cette année, c’est pareil. Au mois de mars, je devais aller à Lisbonne, ça a été annulé et là, encore une fois, je dois annuler. Ça fait 2 ans que je n’ai pas vu ma famille. Je vais peut-être partir dans le sud de la France à la place, mais je suis très déçue. »

"On a peur de propager le virus"

Pourtant, Johanna avait pris ses précautions et avait été vaccinée en prévision de son départ : « J’avais fait les 2 doses justement pour pouvoir partir sans l’attraper ou le donner à ma famille. Maintenant j’ai peur d’attraper le variant Delta. Je pense qu’il vaut mieux rester ici, je prendrais ma décision dans les prochains jours. » Pour Catherine De Macedo, qui habite non loin de Riom, cette annonce a déclenché l'annulation de son séjour de 2 semaines avec son mari et son fils : « On savait qu’on pouvait annuler notre voyage jusqu’à la veille du départ lorsqu’on a réservé, mais on tenait à ces vacances au Portugal. Nous, on ne va pas dans les grandes métropoles, mon mari et moi sommes vaccinés mais ce qui nous embête c’est qu’on s’arrête en Espagne à l’aller et au retour et surtout, ce dont on a peur, c’est d’une quarantaine au retour si la France venait à prendre des mesures ». Pour elle, la peur de contaminer ses proches joue également dans sa décision : « Presque tous nos proches sont vaccinés mais on a peur de propager le virus malgré tout. Je suis très déçue car je me réjouissais d’y aller cette année et de voir ma famille. J’ai une grand-tante qui est âgée que j’aime beaucoup, j’ai des cousins et on se réjouissait de les retrouver. C’est vraiment la mort dans l’âme qu’on n’y va pas. » Cela fait 4 ans qu’elle n’a pas pu retrouver ses proches.

"Aller aussi loin pour ne pas pouvoir sortir, c’est dommage"

Catherine commence à réfléchir à de nouvelles destinations : « En catastrophe, on est en train de regarder pour partir dans le Cantal ou à Annecy mais c’est très cher. C’est moins exotique mais on se dit que ce n’est que partie remise et qu’on pourrait partir l’année prochaine dans des conditions plus sereines. » Comme Catherine et Johanna, ils sont nombreux à voir leurs projets de vacances contrariés : « Les gens ont peur. En ce moment, au Portugal, ce n’est pas joli. J’ai été à Lisbonne il n’y a pas longtemps, j’ai vu la différence par rapport aux autres années. Il n’y a pas la même ambiance. La ville était complétement fermée, c’est vide, les restaurants sont vides, les bars sont vides, les rues sont vides. La nuit, il n’y a personne dehors. Ça fait bizarre », indique Jean Veloso, président de l’association « Os camponeses minhotos », association culturelle portugaise à Clermont-Ferrand. Pour lui, ceux qui renoncent à partir le font davantage par peur des restrictions sanitaires que du virus en lui-même : « Les gens, quand ils vont en vacances, c’est pour passer un bon moment et être un peu libres. Là les restaurants ferment tôt, il y a le couvre-feu… Le problème est là. Aller aussi loin pour ne pas pouvoir sortir, c’est dommage. Il y en a qui vont quand même partir pour voir leur famille, qui n’ont pas le choix aussi, ou qui y vont pour se reposer ».

"Je pense qu’il est allé un peu plus vite que la musique"

Isidore Fartaria, consul honoraire du Portugal à Clermont-Ferrand, a pris connaissance de la déclaration du secrétaire d’Etat ce jeudi matin : « Je pense qu’il est allé un peu plus vite que la musique. Il n’y a aucun accord entre les gouvernements et je ne vois pas comment un homme seul pourrait empêcher la libre circulation dans les pays d’Europe. Je comprends bien qu’il y a un certain danger dont on doit se protéger et je ne saurais trop recommander de se faire vacciner ». Il explique avoir reçu « des centaines » de mails d’inquiétudes et d’interrogations et tient à rassurer la communauté portugaise : « Je ne pense pas que qui que ce soit l’empêchera de se rendre au pays en respectant les règles sanitaires mais bien sûr que dès ce matin, ça a inquiété la communauté. Les gens sont inquiets, ils nous posent des questions et nous n’avons pas forcément de réponse car pour l’instant, les gouvernements français et portugais n’ont pas de réponse non plus. »

Il rappelle toutefois que l’ensemble des tests doivent être effectués et les consignes sanitaires respectées : « Dans ce cas, pour ceux qui ont tout réservé et fait leurs tests comme exigé, je ne vois pas pour l’instant de raisons particulières d’annuler. » Isidore Fartaria recommande de consulter les sites gouvernementaux du Portugal afin de prendre connaissance de l’évolution des consignes de sécurité : « Je suis comme tout le monde, je suis à l’écoute des spécialistes même si tout le monde navigue un peu à vue. Je pense que si on souhaite voyager il faut se faire vacciner ».

45 communes portugaises en risque "élevé ou très élevé"

Pour rappel, selon le site France Diplomatie, le Portugal est placé en état de calamité. Le processus de déconfinement, initié mi-mars, est désormais ralenti. Au total, 45 communes ont été classées en niveau de risque élevé ou très élevé.

Communes en risque élevé :

  • Alcochete,
  • Alenquer,
  • Arruda dos Vinhos,
  • Avis,
  • Braga,
  • Castelo de Vide,
  • Faro,
  • Grândola,
  • Lagoa,
  • Lagos,
  • Montijo,
  • Odemira,
  • Palmela,
  • Paredes de Coura,
  • Portimão,
  • Porto,
  • Rio Maior,
  • Santarém,
  • São Brás de Alportel,
  • Sardoal,
  • Setúbal,
  • Silves,
  • Sines,
  • Sousel,
  • Torres Vedras,
  • Vila Franca de Xira

Communes en risque très élevé :

  • Albufeira,
  • Almada,
  • Amadora,
  • Barreiro,
  • Cascais,
  • Constância,
  • Lisboa,
  • Loulé,
  • Loures,
  • Mafra,
  • Mira,
  • Moita,
  • Odivelas,
  • Oeiras,
  • Olhão,
  • Seixal,
  • Sesimbra,
  • Sintra 
  • Sobral de Monte Agraço

A compter du 2 juillet, un couvre-feu nocturne (23h00 à 5h00) est rétabli dans les communes placées en niveau de risque élevé et très élevé. Pour les communes placées en niveau de risque très élevé, les restaurants, cafés et commerces non alimentaires ferment à 15h30 le week-end. Il est par ailleurs interdit de circuler de et vers l’Aire Métropolitaine de Lisbonne à partir du vendredi 15h jusqu’au lundi 6h, sauf à présenter un test PCR négatif datant de moins de 72h ou un test antigénique de moins de 48h (pas d’autotest) ou un certificat Covid de l’UE. 

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