Coronavirus : cet été en Auvergne, Horizons Sancy vous offrira un bol d’air culturel

Après le déconfinement, le secteur de la culture restera paralysé en Auvergne. On ne compte plus les annulations de festivals. Dans ce marasme, une bonne nouvelle, l’événement de land art Horizons Sancy se maintient et comme tous les ans proposera dix œuvres éphémères en pleine nature.
 

Le collectif Ma.Gy a installé le Trou de vert au pied du Sancy avant l'été 2019. Cette oeuvre éphémère a depuis été démontée pour laisser la place à la nature.
Le collectif Ma.Gy a installé le Trou de vert au pied du Sancy avant l'été 2019. Cette oeuvre éphémère a depuis été démontée pour laisser la place à la nature. © V.Mathieu
Avec la pandémie de coronavirus et les annulations de festivals, l’été 2020 sera pauvre en événements culturels. Mais en Auvergne, le Festival Horizons "Arts nature" en Sancy sera au rendez-vous pour proposer aux randonneurs et aux assoiffés de poésie dix œuvres monumentales en pleine nature.
Prendre l’air, qui n’en rêve pas pendant le confinement ? Respirer et regarder loin, vers l’horizon. De l’art monumental dans de grands espaces dégagés, c’est exactement ce que propose Horizons Sancy depuis quatorze ans et cette singularité va lui permettre d’exister encore cette année. La fluidité de l’accès aux œuvres et la distance entre les personnes sont de toute façon la règle sur un territoire aussi vaste.


"Les artistes sont confinés du Brésil au Valbeleix"


Seule différence : les dates sont décalées d’un mois et les sculptures seront visibles du 11 juillet au 1er novembre, une bien faible contrainte pour Guillaume Rochon, un directeur ravi que son festival puisse se maintenir : "On a décalé le début parce que les artistes sont confinés du Brésil au Valbeleix, petite commune de 127 habitants dans le massif du Sancy. Cette année, il y a pas mal d’étrangers, certains viennent d’Allemagne, du Brésil donc, alors on espère qu’ils pourront se déplacer. La seule artiste qui peut travailler sur place est du Valbeleix, là c’est moins compliqué. Pour les visiteurs, on pense que beaucoup vont décaler leurs vacances et puis on prolonge jusqu’à la Toussaint car l’arrière-saison dans le massif du Sancy, c’est magnifique."

Le travail s’organise autrement : Guillaume Rochon prend des photos des sites pour les artistes qui commencent leur travail chez eux, s’ils ont la chance d’avoir un jardin.
Il ne faut pas oublier que ces œuvres doivent prendre leur place au cœur d’un immense espace et ont donc des dimensions difficiles à caser dans un appartement : "Mégane Millet Lacombe et Marie Perra sont deux jeunes paysagistes de l’école du paysage de Versailles, elles ont imaginé Horizons Basculés, une installation de balançoires à bascule de différentes tailles qui permettront d’admirer les crêtes depuis Chastreix. Les noms des différents points de vue seront inscrits sur les balançoires comme sur une table d’orientation. Mégane est confinée à Bordeaux chez ses parents, elle construit les balançoires dans son jardin et elle viendra avec début juillet."


Un besoin d'air, de respiration

L’an dernier, beaucoup d’œuvres avaient pour thème l’environnement, les artistes réfléchissaient à la place de l’homme dans la nature.
 
Une station-service en pleine nature propose une eau devenue rare...
Une station-service en pleine nature propose une eau devenue rare... © V.Mathieu
Des loups fantastiques ont réinvesti les bois de Chastreix...
Des loups fantastiques ont réinvesti les bois de Chastreix... © V.Mathieu
La mâchoire d'un monstre géant fait revivre une légende ancienne à La Bourboule.
La mâchoire d'un monstre géant fait revivre une légende ancienne à La Bourboule. © V.Mathieu
Un focus sur le ciel dans la forêt de Courbanges...
Un focus sur le ciel dans la forêt de Courbanges... © V.Mathieu

En 2020, les artistes ont travaillé autour du jeu, de l’étonnement. Les pistes de réflexion sont plus légères, comme pour traduire un besoin d’air, de respiration. Le site de La Godivelle, déjà propice à la contemplation, deviendra un champ sonore avec Oscillations : un tube dans lequel le spectateur peut entrer met l’accent sur le point de vue à la manière d’une longue-vue. Les sangles de la structure vont vibrer avec le vent et provoquer sons et effets visuels. 

Du 11 juillet au 1er novembre s'égarer dans le Sancy sera une bouffée d'air bienvenue. Les oeuvres d'art intégrées dans des sites d'une beauté à couper le souffle seront une évasion pour tous ceux auxquels nature et culture auront tant manqués pendant les mois de confinement.
 



 
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