Déconfinement : en Auvergne, les professionnels préparent le « tourisme d’après »

Depuis l’annonce du déconfinement, les professionnels du tourisme du Massif du Sancy et du Livradois-Forez se préparent à accueillir les visiteurs. Ils misent sur la saison estivale pour relancer le secteur violemment touché pendant la crise. 
 

Avec le déconfinement et ses restrictions, de nombreux professionnels du tourisme s'interrogent sur leur activité en Auvergne.
Avec le déconfinement et ses restrictions, de nombreux professionnels du tourisme s'interrogent sur leur activité en Auvergne. © Philippe Trias / MAXPPP
Futurs touristes, locaux ou simples curieux : depuis l’annonce du déconfinement le 11 mai dernier, le téléphone ne fait que sonner à l’Office du tourisme du Sancy ou dans les hébergements touristiques aux alentours. Impossibilité de voyager à l’étranger, limite des 100 km pour le moment et besoin de se dépenser : les Français ont choisi le voyage de proximité. Au grand bonheur du secteur touristique, violemment touché économiquement par la crise sanitaire et qui se prépare à une reprise de l’activité depuis deux mois : « Il est grand temps que l’activité reprenne, il ne manque plus que la prochaine décision du gouvernement concernant l’ouverture des restaurants et campings » détaille Luc Stelly, directeur de l’Office de Tourisme du Sancy.

Tourisme post-confinement

Monter au Puy de Sancy, visiter Super-Besse en télésiège ou parcourir le parc pédagogique de Saint-Nectaire, l’office de tourisme du Sancy multiplie ses activités pour continuer de divertir les Français. Des Français qui ont attendu le déconfinement avec hâte. « Pour l’instant nous privilégions les activités en plein air en respectant les mesures de distanciation, en attendant d’en savoir plus pour les activités intérieures comme la visite des thermes du Mont-Dore » précise Luc Stelly.
Benoît Barrès, directeur de l’office de tourisme du Livradois-Forez, détaille : « Les gens appréhendent plutôt les endroits confinés et privilégient par exemple les gites en pleine nature et les activités sportives en plein air pour se défouler. Balades à trottinettes électriques, à gyropode ou encore en vélo-rails : le but est vraiment que les gens s’amusent en découvrant la région ». Connu pour son Parc Naturel Régional, le Livradois- Forez est pour lui « l’endroit idéal pour se ressourcer et oublier le confinement ». Et pour attirer les Français qui ne pourront pas voyager cette année, l’office de tourisme a tout misé sur une communication 100% locale : « Nous nous adressons particulièrement aux touristes autour d’un rayon de 300 km en espérant que la limite des 100km soit vite révolue, confinés dans les milieux urbains comme à Lyon et qui ont grand besoin d’un bon bol d’air frais. Puis nous proposons également aussi de réunir les familles/amis séparés pendant le confinement dans des espaces partagés, et enfin nous avons à cœur d’inviter les locaux à redécouvrir leur région » détaille Benoît Barrès.

 L’objectif n’est pas de compenser les pertes économiques provoquées par la crise sanitaire, mais de faire survivre le secteur 

Si selon Luc Stelly, les réservations s’accélèrent et les futurs vacanciers semblent plus confiants depuis que le gouvernement a encouragé les vacances en France, il préfère rester lucide : « La reprise économique ne suffira pas à compenser les pertes subies pendant la crise. Quelque 70% des hébergeurs sondés dans le Massif du Sancy ont déclaré qu’ils ne pourraient jamais rattraper leur chiffre d’affaires annuel même si la période estivale se révélait excellente. » En cause, entre autres : la limitation du nombre de personnes pour respecter les mesures de distanciation et règles sanitaires, le remboursement des festivals et artistes annulés ou encore les annulations de dernière minute.
Benoît Barrès acquiesce... Pour lui, les séjours à l’étranger annulés ne seront pas forcément remplacés par des séjours en France : « Beaucoup de personnes ont été impactées financièrement par la crise et ne pourront pas partir, ou se sont vues dans l’obligation de poser des congés payés et d’annuler leurs séjours. » 
A cela s’ajoute la grande difficulté pour les entreprises d’investir beaucoup d’argent pour diversifier leurs offres et prestations : « Notre objectif pour l’instant est surtout de survivre. Il est très difficile pour nous comme pour les touristes de pouvoir se projeter. Du coup nous vivons un peu au jour le jour » admet Luc Stelly.

Vers un slow tourisme ?

Pour Benoît Barrès, le véritable pari de cette année sera pour les offices de tourisme de pouvoir mettre en place « un monde d’après », comme il se plait à le dire.  Un monde qui met en avant un tourisme plus lent, où l’on prend le temps d’apprécier les paysages de proximité en privilégiant des modes de transport plus écologiques. « Un tourisme à taille humaine qui met en valeur les rapport humains et la consommation locale » détaille Benoit Barrès.
Si Luc Stelly reconnait que le Sancy est un territoire très fréquenté et qu’il s’agit généralement d’un « tourisme de masse », il a à cœur lui aussi de promouvoir les activités locales et espère que cette crise contribuera à faire évoluer les pratiques : « Je ne pense pas qu’il s’agira d’une révolution du tourisme mais plutôt d’une évolution, on ne peut pas changer les modes de vies des vacanciers en deux mois et dès qu’il sera à nouveau possible de voyager, ils le feront. Mais je pense que ça peut booster l’économie locale et conduire les Français à découvrir leurs magnifiques régions. » En attendant la prochaine décision du gouvernement début juin, les offices de tourisme mettront tout en place pour prouver qu’on peut voyager… Même à 10km de chez soi.
 
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