Déconfinement : la mise en garde des gendarmes de montagne du Mont-Dore (Puy-de-Dôme)

Le Peloton de Gendarmerie du Mont-Dore (Puy-de-Dôme) s’attend au retour de nombreux randonneurs et sportifs dans le massif du Sancy. Il se prépare à reprendre l’activité de secours en montagne.

Entrainement d'hélitreuillage avec le Détachement Aérien de Gendarmerie d'Egletons
Entrainement d'hélitreuillage avec le Détachement Aérien de Gendarmerie d'Egletons © Justin Palazon
Le Peloton de Gendarmerie de Montagne (PGM) du Mont-Dore dans le Puy-de-Dôme s’attend à « reprendre l’activité du secours en montagne de façon brutale ». C’est ce qu’il indique sur sa page Facebook le 9 mai dernier, redoutant que « le nombre de personnes sur le massif puisse être important » avec le déconfinement et la possibilité d’aller se promener librement désormais dans un rayon de 100 kilomètres autour de son lieu de résidence.

Très peu d’interventions pendant deux mois


Pour les gendarmes du PGM du Mont-Dore, ces deux derniers mois ont été particulièrement calmes. Seulement deux recherches de personnes suicidaires et quatre procès-verbaux dressés pour non respect du confinement. Pourtant, ces dix gendarmes spécialisés (8 secouristes et 2 gendarmes-adjoints volontaires), ont pas mal sillonné leur massif durant cette période. « Nous ne croisions presque personne sur les sentiers. La population a bien respecté les mesures imposées », constate le capitaine Isabelle Chazal, qui dirige cette unité de montagne depuis bientôt un an. Mais avec le déconfinement et la possibilité de circuler librement dans un rayon de 100 kilomètres autour de son domicile et de reprendre des activités sportives, l’officier redoute un peu le retour des promeneurs et des sportifs dans le Sancy.

« L’euphorie de sortir »


« Pendant deux mois, les gens étaient sédentaires, ils ont un peu perdu l’habitude de sortir. Dès qu’il va faire beau, les activités outdoor vont redémarrer, ce sera une délivrance pour certains, il y aura l’euphorie de reprendre, il faudra faire attention », s’inquiète la patronne du PGM. Elle pense notamment à la pratique de l’escalade qui demande de la technique, du savoir-faire.
Le ministère des sports a mis en ligne un guide d’ « accompagnement de reprise des activités sportives ». En montagne, les pratiques individuelles ou en groupe ne dépassant pas 10 personnes, comme la randonnée, l’escalade ou l’alpinisme, sont donc possibles dans le respect des mesures de distanciation physique. Mais, par exemple, pour les randonneurs « les arrêts prolongés sur les points caractéristiques (sommet, col) ne sont pas autorisés » selon ces préconisations.

Reprise des entraînements


Pour anticiper ce « retour à la montagne », les gendarmes du PGM du Mont-Dore ont repris leur entraînement début mai, notamment les exercices de secours aux victimes et d’hélitreuillage. Une première manoeuvre avec l’hélicoptère du Détachement Aérien de Gendarmerie (DAG) d'Egletons en Corrèze, dont l'appareil intervient parfois sur le Sancy, a permis aux militaires de retrouver les bons réflexes. Prochainement, ils s’entraineront aussi avec le personnel de la Sécurité Civile de Clermont-Ferrand et son hélicoptère Dragon 63. « Treuiller avec un masque, ce n’est pas évident. Il faut aussi gérer la promiscuité dans l’appareil. Ce sont de nouveaux réflexes à acquérir », explique le capitaine Isabelle Chazal. Pendant toute la période de confinement, son unité a pu garder la forme avec des exercices quotidiens (un peu de course à pied, un peu d’escalade en intérieur car la caserne est équipée d’un petit mur d’entraînement). « Aujourd'hui, nous sommes opérationnels », assure le commandant du peloton de montagne.

Redoubler de vigilance


Pour autant, elle conseille à tous ceux qui s’impatientent de retrouver les sentiers et la montagne de redoubler de vigilance. « Aux consignes classiques de la pratique d’activités sportives en montagne s’ajoutent des consignes liées à la crise sanitaire actuelle ». Une fois de plus, la gendarmerie rappelle qu’il ne faut pas prendre le massif du Sancy « à la légère » ou pour une « montagne à vaches ». Etre bien équipé, bonnes chaussures montantes, vêtements chauds et imperméables ; avoir de quoi boire et se restaurer ; adapter sa sortie à son niveau ; se renseigner sur la météo ; emporter une couverture de survie… Voilà quelques uns des conseils habituels que donne le PGM. Mais, avec le coronavirus, il demande aussi aux randonneurs et aux sportifs d’être encore plus vigilants : respecter la distanciation même en extérieur, avoir son matériel individuel, du gel pour se nettoyer les mains… Et si l’on a été malade ou si l’on est contagieux, attendre encore un peu avant de reprendre les activités. Isabelle Chazal pense aussi à la sécurité de son équipe. Elle sait qu’avec la belle saison qui arrive, le secours en montagne devrait reprendre de plus belle. L’an dernier, les deux tiers des 165 interventions du Peloton de Gendarmerie de Montagne du Mont-Dore ont été effectuées durant l’été, des fractures liées à des chutes, à des glissades, des recherches de personnes égarées… Et cette année, il risque d’y avoir encore plus de monde dans les montagnes d’Auvergne.
 
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