Michel Charasse est mort à l'âge de 78 ans

Jeudi 20 février, Michel Charasse est décédé des suites d’une longue maladie à l’âge de 78 ans. / © JOEL SAGET / AFP
Jeudi 20 février, Michel Charasse est décédé des suites d’une longue maladie à l’âge de 78 ans. / © JOEL SAGET / AFP

Jeudi 20 février, Michel Charasse est décédé des suites d’une longue maladie à l’âge de 78 ans. "La République pleure ce jour un de ses serviteurs les plus passionnés"  a déclaré le président de la République, Emmanuel Macron.
 

Par Catherine Lopes

Michel Charasse est décédé jeudi 20 février des suites d’une longue maladie. Il est né le 8 juillet 1941 à Chamalières dans le Puy-de-Dôme. Diplômé de Sciences Po Paris, il adhère à la SFIO en 1962. Il devient secrétaire général du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale de 1967 à 1981. Il est élu maire de Puy-Guillaume dans le Puy-de-Dôme en 1977. En 1981, il devient sénateur du Puy-de-Dôme, en remplacement de Roger Quilliot. Michel Charasse rejoint alors l’Elysée avec le titre de conseiller.

Ministre délégué

En 1988 il est nommé ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et du Budget, chargé du Budget, dans le gouvernement Michel Rocard II, poste qu'il conserve sous le gouvernement Édith Cresson. Il rétablit l'impôt sur les grandes fortunes (IGF), aujourd'hui impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le 2 avril 1992, il devient ministre du Budget du gouvernement Pierre Bérégovoy. Aux élections de 1992, il est réélu sénateur. Il quitte le gouvernement et redevient conseiller du président Mitterrand.

Suspendu du PS

De 2001 à 2004 il est questeur du Sénat. Lors de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2007, il crée la surprise en recevant chaleureusement, dans sa mairie, le candidat UMP Nicolas Sarkozy. Le 15 avril 2008, Michel Charasse est suspendu du Parti socialiste sur décision du bureau national, pour avoir soutenu un candidat dissident à la présidence du conseil général du Puy-de-Dôme. En 2010, il devient membre du Conseil constitutionnel sur proposition du président de la République Nicolas Sarkozy. Il y siègera jusqu’en 2019. Michel Charasse avait reçu, le 27 janvier dernier à l’Elysée, les insignes d’officier de la Légion d’honneur des mains du président de la République, Emmanuel Macron.

De nombreuses réactions

Emmanuel Macron, président de la République, a indiqué sur Twitter : "La République pleure ce jour un de ses serviteurs les plus passionnés. Michel Charasse s’en est allé. L’esprit de ses combats, la force de son engagement ne nous quitteront pas".

Le Premier Ministre Edouard Philippe a réagi sur Twitter : "Michel Charasse. Symbole de l'amitié et de la fidélité en politique. Esprit brillant, juriste inventif et sens de la formule rare".

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, lui a rendu hommage sur Twitter : "C’est avec une grande peine que j’apprends la disparition de Michel Charasse. Grand serviteur de l’Etat, homme engagé et passionné, il fut aussi pour moi un ami sincère et fidèle. Je pense à sa famille et à ses proches".

"C'est la perte d'un ami très cher. C'est la disparition d'un grand homme d'Etat", a rapidement réagi vendredi auprès de l'AFP la ministre de la Justice Nicole Belloubet.

Richard Ferrand, président de l'Assemblée Nationale, s'est exprimé sur Twitter : "Fidèle de F. Mitterrand, élu local, parlementaire, membre du Conseil Constitutionnel, Michel Charasse était un homme truculent aux compétences immenses, aux connaissances encyclopédiques et à l’humour rare. Le décès de cet ami, serviteur de la République, attriste tous les républicains".
Gérard Larcher, président du Sénat salue un "défenseur de la République et de la laïcité, ministre, sénateur", "resté fidèle à ses convictions", et évoque "un personnage clé des années Mitterrand".

Jean-Yves Gouttebel, président PRG du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, explique : « La République est en deuil. C’était d’abord un républicain, un homme de gauche même si le Parti Socialiste l’a remercié de façon indigne. C’était un républicain qui a fait preuve de beaucoup d’autorité, une autorité assez naturelle. Il a été quelqu’un de respecté et d’admiré pour son sens de la chose publique. Il avait le sens de l’engagement et de l’autorité. C’était un Clémenceau du XXIe siècle, pour son attachement à la République, son franc-parler, et son sens de l’Etat contesté par personne. J’ai assisté à sa remise des insignes d’officier de la Légion d’honneur le 27 janvier dernier à l’Elysée. Il savait qu’il était très malade. C’était important pour lui, que cette cérémonie se fasse à l’Elysée, où il avait travaillé et que ce soit le président de la République qui lui remette ces insignes, un président avec lequel il entretenait des liens très forts. J’ai le sentiment qu’une fois cette étape passée, il avait fait ce qu’il voulait et n’avait plus de but ».
 Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, indique dans un communiqué: "Je salue la mémoire de celui qui a été membre du Conseil constitutionnel de 2010 à 2019 (...) Nous perdons également avec lui une personnalité et un ami d'une énergie et d'une science de l'amitié sans pareille".

Jack Lang, ancien ministre de la Culture déclare : "Véritable Vercingétorix, batailleur, bon vivant, il entraînait avec lui militants et colleurs d'affiches, il se distinguait par la force de ses compétences".

Brice Hortefeux, député européen LR et ancien ministre, déclare : « Je garderais surtout l’image d’un Michel Charasse homme de contrastes. Le contraste entre parfois la verdeur de ses mots et simultanément une très grande culture. Le contraste entre certains jugements à l’emporte-pièce et en même temps la finesse de son intelligence. Le contraste entre la loyauté totale et absolue à l’égard de François Mitterrand et en même temps l’absence de tout sectarisme. Le contraste entre son attachement pour les territoires, pour la province, pour la ruralité et en même temps l’immense respect pour l’Etat ».  

Le maire UDI de Chamalières, Louis Giscard d'Estaing, affirme : « J’apprends avec émotion et tristesse la mort de Michel Charasse. Lorsqu’il était président de l’association des maires du Puy-de-Dôme, j‘étais son vice-président. J’ai également une pensée émue pour l’époque où nous étions parlementaires dans le département en même temps, de 2002 à 2010. Il y avait entre nous une solidarité sur la question ferroviaire, un partage d’une vision de la République et de notre territoire. Il était né à Chamalières, il y avait toujours dans nos rencontres des clins d’œil à cette ville que j’administre et où il était né. J’ai souvenir de nombreuses occasions où il faisait preuve de son esprit et de ses traits d’humour, mais aussi de son franc-parler. Il avait un côté très attachant ». 

Michèle André, ancienne sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme et ancienne secrétaire d'État, chargée des droits des femmes et de l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, dans le gouvernement Michel Rocard déclare : « Je ressens beaucoup de tristesse car il a lutté longtemps contre la maladie avec courage. Nous avons fait campagne ensemble pour les sénatoriales en 2001, il m’avait demandé d’être sur sa liste. Il m’a donné énormément de bons conseils. Il avait son franc-parler, il y avait parfois des heurts entre nous, comme lors des meetings ou des affrontements de congrès. Je soutenais Michel Rocard, lui, François Mitterrand. Il y a eu des moments difficiles, quand il parlait mal des femmes on avait beaucoup de conflits, mais il était fidèle à la République et avait une capacité de travail que j’admirais. Parfois, lors de notre campagne commune, il s’emportait et disait : « C’est Michelle André qui va vous répondre, sinon, moi, je vais dire des conneries ! » Malgré nos divergences, au bout du bout, je suis triste ».

C’était un homme généreux, et son combat pour les Restos du Cœur l’a montré

André Chassaigne, député PCF du Puy-de-Dôme et président du groupe GDR à l’Assemblé nationale, indique dans un communiqué : « Avec le décès de Michel Charasse, la République perd aujourd’hui une de ses plus fortes personnalités. Dans l’exercice de ses mandats locaux et comme sénateur, en responsabilité ministérielle ou conseiller du président Mitterrand, puis en siégeant au Conseil constitutionnel, ses engagements ont été marqués par sa grande expérience et son caractère hors du commun. Fin connaisseur de nos institutions et des réalités de notre vie politique, il était tout à la fois respecté, régulièrement sollicité, mais aussi craint pour ses appréciations sans concessions qu’il accompagnait de traits d’esprits redoutables. Député de son lieu de résidence et ne partageant pas toujours ses analyses, je salue sa loyauté à mon égard et sa réactivité à apporter des réponses à mes questionnements de parlementaire ».

Laurent Wauquiez, président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes a tweeté : "Michel Charasse était un homme politique singulier et truculent. Je retiendrai de lui qu’il était avant tout un auvergnat authentique. Nous perdons aujourd’hui une figure de la République et de notre Région".

Jacques Mézard, qui lui a succédé au Conseil constitutionnel et ancien ministre cantalien, déclare : « Je l’ai bien connu comme sénateur. Il avait rejoint le RDSE quand il avait été exclu du Parti Socialiste. C’était un vrai républicain à la pensée et à la parole libres. Il disait ce qu’il pensait sans détours, ce qui est appréciable dans une époque où l’on fait attention à tout ce que l’on dit. C’était aussi un homme généreux, et son combat pour les Restos du Cœur l’a montré ».

Olivier Bianchi, maire socialiste de Clermont-Ferrand, précise dans un communiqué : "La France perd un grand serviteur de l’Etat, l’Auvergne perd un de ses enfants les plus fidèles à ses racines et la République un de ses défenseurs les plus intraitables et les plus acharnés. (...) Entre mitterrandiste fidèle et jeune rocardien, nous n’avons jamais rompu le dialogue et la discussion. Les avis et les conseils qu’il avait l’amitié de bien vouloir me donner depuis que je suis Maire de Clermont-Ferrand furent toujours éclairés et précieux. Il savait que je les recevais avec attention et respect et je suis aujourd’hui très ému au souvenir du ton amical, franc et direct qui marquait sa personnalité et son caractère".

Drapeaux en berne à Puy-Guillaume

A Puy-Guillaume, dans le Puy-de-Dôme, les drapeaux seront en berne ce vendredi 21 février et un registre de condoléances sera disponible en mairie. Bernard Vignaud, maire Divers Gauche de Puy-Guillaume, indique : « Je suis très touché par cette nouvelle, même si je l’attendais et l’appréhendais. C’était un ami. Nous avons été séparés pendant une période mais je garde de lui une très bonne image. C’était un homme courageux, un homme hors pair, un ami qui savait faire confiance, cela je ne l’oublierai jamais. Il a été maire de Puy-Guillaume pendant 34 ans. Il a beaucoup œuvré pour la commune. Il l’a transformée. Il a apporté des structures, en termes d’assainissement, de logement ».

 
Michel Charasse est mort à l'âge de 78 ans
Jeudi 20 février, Michel Charasse est décédé des suites d’une longue maladie à l’âge de 78 ans. Il avait reçu, le 27 janvier dernier à l’Elysée, les insignes d’officier de la Légion d’honneur des mains du président de la République, Emmanuel Macron. Retour sur le parcours de l'homme politique auvergnat.

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