Potager : en Auvergne, les conseils de Madeleine, jardinière passionnée

En Auvergne, depuis plus de 50 ans, Madeleine cultive son jardin.
En Auvergne, depuis plus de 50 ans, Madeleine cultive son jardin.

Pendant le confinement, on a plus de temps pour s'occuper de soi et de son jardin. Voici les conseils de Madeleine, installée près de Saint-Pardoux dans le Puy-de-Dôme, une experte qui a appris sur le tas et pratique la permaculture.

Par Gérard Rivollier

Lorsqu’on la « branche » sur le jardinage, Madeleine Dolatowski est intarissable ! Adolescente, elle travaillait chez un maraîcher pour gagner son argent de poche. Un demi-siècle plus tard, elle cultive toujours l’amour du potager. Des conseils pour un jardin au naturel, sans engrais ni produits chimiques, il va de soi !

Ne pas retourner la terre trop profondément !


Première erreur à éviter : il ne faut pas retourner la terre en profondeur, pas plus de 10 à 15 centimètres, selon Madeleine. « Le motoculteur ça multiplie les racines, le chiendent en particulier », dit-elle. Elle préconise plutôt la grelinette, une bêche à deux manches avec des dents, qui aère le terrain, un outil bien connu des vieux jardiniers.
Son autre astuce avant de semer ou de planter : faire du paillage. « Moi je le fais à l’automne, lorsqu’il n’y a plus de légumes au jardin, avec du foin ou de la paille », explique Madeleine. « En février, je remets du vert et je mélange, un paillage efficace fait une vingtaine de centimètres d’épaisseur et doit être alimenté au printemps en alternant une couche de sec et une couche de vert, des mauvaises herbes et la tonte de pelouse ».
La jardinière précise que ce système de culture maintient de la chaleur dans le sol et permet donc d’ignorer les saints de glace (les 11, 12 et 13 mai) synonymes de gelées tardives .
Si elle s’affranchit du dicton « Le premier des saints de glace souvent tu en gardes la trace », en revanche, elle est attentive à la Lune.

Planter en lune montante pour les graines et en lune descendante pour les racines !


Ainsi, pour les plantes descendantes comme les radis, il est préférable d’attendre la lune descendante, alors que la lune montante correspond à la période où il faut planter les haricots par exemple et toutes les plantes à graines ou à fleurs.
Toutefois, Madeleine relative cette règle : " Lorsqu’on n’arrose pas, il n’est pas utile de tenir compte de la Lune ! " .
Elle poursuit : " En ce moment, on peut planter des oignons en bulbe, en graines c’est trop tard ; on peut planter de la mâche, des épinards à grosses feuilles qui résistent mieux à la sécheresse. C’est aussi le bon moment pour les aromatiques, le persil, la menthe (qui éloigne les insectes mais qui est envahissante), l’oseille, le thym, le romarin ".
Pour les pommes de terre, notre jardinière conseille encore un peu de patience : « Comme les anciens, je les plante quand le lilas blanc fleurit ! ».

Des astuces ... 


On pourrait passer des heures à écouter les conseils de cette adepte du potager. Pour les tomates, par exemple, elle a son plan : « Moi je les bouture. Avec un pied, j’en fait trois, c’est plus économique comme ça ! ». Il faut enlever les deux premiers yeux du plant avant de l’enfouir à une quinzaine de centimètres de profondeur sans tasser la terre autour. Des branches vont pousser que l’on pourra repiquer lorsqu’elles feront une vingtaine de centimètres !
Pour fortifier ses tomates, elle utilise du purin d’ortie (un verre pour 10 litres toutes les deux semaines) , elle les arrose par le pied (avec des bouteilles renversées) et les protège du mildiou avec un bout de tuyau en cuivre à leur pied. 

... et des bonnes associations


Au fil des années, Madeleine a aussi appris les bonnes associations.
« Je conseille d’avoir des oeillets d' Inde dans tout le jardin, c’est un bon répulsif qui protège notamment les tomates.  Ou encore de la lavande pour attirer les abeilles et polliniser les fleurs ».
Parmi ces associations, elle cite : les oignons avec les fraises, les fèves avec les carottes, « mais pas deux légumes racines trop près l’un de l’autre car on risque d’épuiser le sol  !». Ou encore : « C’est bien d’utiliser des plantes hautes, comme les haricots grimpants, pour faire de l’ombre aux salades par exemple ».
Cette passion du jardin et ce respect de la nature, Madeleine a réussi à les transmettre à ses enfants. Jamais avare de conseils, elle aime partager ses bons tuyaux avec tous les amoureux de jardinage.

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