Puy-de-Dôme : la Tour-d’Auvergne a enfin trouvé son médecin

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Écrit par Catherine Lopes
Eloïse Benoist (au centre) est la nouvelle médecin de la Tour d'Auvergne, dans le Puy-de-Dôme.
Eloïse Benoist (au centre) est la nouvelle médecin de la Tour d'Auvergne, dans le Puy-de-Dôme. © Josette Rode

A partir du lundi 10 janvier, une jeune médecin s’installera à la Tour-d’Auvergne, dans le Puy-de-Dôme. La commune avait perdu son docteur en avril 2020, emporté par le COVID. Le maire se réjouit d’une telle installation, après avoir bataillé pour attirer un professionnel de santé.

« C’est un grand soulagement » confie Yannick Tournadre. Le maire (SE) de la Tour-d’Auvergne, dans le Puy-de-Dôme. A compter du lundi 10 janvier, Eloïse Benoist, jeune médecin de 34 ans, s’installera dans sa commune. Le cabinet médical était vide depuis que le COVID avait emporté, en avril 2020, le docteur Valette.

Une commune inconsolable

Depuis ce décès, la commune paraissait inconsolable et ne parvenait pas à trouver un remplaçant. Alors, après des mois d’efforts, Yannick Tournadre ne cache pas sa satisfaction : « Il ne fallait pas flancher, toujours y croire, être persévérant. Nous avons beaucoup communiqué sur notre situation, qui était particulière, avec la mort du Dr Valette, en pleine crise du COVID. Nous avons communiqué sur notre situation géographique, à une extrémité du département rural mais qui dispose d’un cadre de vie sympathique. Il fait bon vivre à la Tour-d’Auvergne. La docteure Benoist était amoureuse du Sancy. Un jour, elle a tapé sur Google « médecin généraliste Sancy » et forcément, c’est la Tour-d’Auvergne qui est arrivée en tête de liste. Si on était restés trop silencieux, on n’aurait pas été en tête de liste et elle ne serait pas tombée sur nous ».

Une commune attractive

Le maire détaille le parcours de la nouvelle médecin généraliste qui arrive bientôt dans la commune de 630 habitants : « C’est une jeune médecin qui est diplômée à Marseille. Elle est d’origine parisienne mais elle recherche une région rurale, avec des services publics.  Nous avons un collège, une gendarmerie, notamment. Elle ne voulait pas s’installer dans un lieu sans ces services. Elle voulait un cadre de vie propice à l’éducation de ses deux jeunes enfants. Elle cherchait un lieu pour s’installer pour les vingt prochaines années. Elle vient d’Alsace où elle effectuait un remplacement. On avait échangé par mail et au téléphone. Quand je l’ai vue, j’avais presque du mal à y croire. On l’a rencontré dimanche soir et je me suis rendu compte qu’elle correspondait au profil ».

Une période d'essai

Le Dr Benoist exercera pendant deux mois, pour une première période d’essai : « On ne prend pas de risques. On s’est dit qu’il fallait goûter pour apprécier. Elle s’installe deux mois sous la forme d’un contrat d’assistanat avec le Dr Tudose, qui venait tenir des permanences chez nous deux fois par semaine et qui est installé dans le Cantal ». La commune a mis en avant des arguments pour séduire la jeune médecin : « Pour cette période d’essai, qui est de deux mois, mais qui peut se prolonger si besoin, on lui met à disposition le cabinet médical via une convention d’occupation et un logement. On ne peut pas tout lui apporter sur un plateau d’argent et on fait en fonction de nos moyens qui sont limités. Mais au moins, pour cette période d’essai, elle ne prend aucun risque ».

"Les habitants étaient profondément marqués par cette disparition"

Le décès du Dr Valette avait endeuillé toute la commune. Yannick Tournadre souligne : « Les habitants étaient profondément marqués par cette disparition, d’autant que la Tour-d’Auvergne a toujours été un pôle central pour les services médicaux. Du jour au lendemain, on perdait cette attractivité et cela a été brutal ».

"Un parcours du combattant"

Pour le maire, il n’a pas été simple de trouver un remplaçant. Il a reçu certaines candidatures fantaisistes : « J’ai eu des mails de médecins installés au Cameroun, diplômés en Chine. On ouvre très vite le mail mais quand on regarde de près le CV, on creuse un peu plus avant de contacter le conseil de l’ordre ». Il raconte les efforts déployés pour trouver un médecin : « Cela a été un parcours du combattant, avec certaines périodes de découragement. Aujourd‘hui, on ne peut pas ouvrir un journal sans qu’on parle de ce problème de désertification médicale. A un moment, quand on ne trouve pas de médecin, il faut se résigner. Finalement, il y a toujours eu cette petite flamme au fond de nous et de l’équipe municipale, qui nous disait qu’il faut persévérer. Dès qu’il y a un rayon de soleil à la Tour-d’Auvergne, c’est le paradis ».

Une lettre envoyée à un ministre

Le maire a même osé écrire à Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, afin de trouver une solution à son désespoir. Il indique : « A l’époque où on évacuait l’Afghanistan, un matin, j’arrive à la mairie et je lis le journal. Je me dis que peut-être parmi ces ressortissants français ou afghans, il y a des médecins et que peut-être on pourrait l’accueillir. Je n’ai pas eu de réponse du ministère ». Pour l’élu, la désertification médicale est un véritable fléau : « C’est un des enjeux de la société actuellement. Il a été mis en exergue avec le COVID. A force de tirer sur la corde, de diminuer le numerus clausus, ça se connaît forcément sur le territoire. Il y a moins de médecins répartis sur le territoire ». Le maire planche même sur un projet de coopération avec deux communes voisines : « On se rend compte que dans nos secteurs ruraux, on est confrontés à cette désertification médicale. A Bagnols, il y a un médecin et un autre à Tauves. Ils vont être confrontés à la même situation d’ici peu. S’il y a un médecin en moins, cela déséquilibre la situation. On s’est mis d’accord avec les maires et les médecins pour travailler ensemble sur un projet de coopération autour de cet enjeu médical ». Le Dr Benoist exercera les lundis, mardis et vendredis toute la journée, mercredis et samedis matins. Elle assurera aussi des consultations à domicile si nécessaire.

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