Puy-de-Dôme : poursuivis pour "harcèlement moral", la CGT et 2 salariés de Constellium relaxés

Lundi 3 mai, le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand a relaxé la CGT et 2 salariés de Constellium à Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Ils étaient poursuivis pour « harcèlement moral » après le suicide d’un salarié de l’usine en 2013.

La CGT et 2 salariés de l'usine Constellium d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, lundi 3 mai.
La CGT et 2 salariés de l'usine Constellium d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand, lundi 3 mai. © Constellium

La CGT et deux salariés de l'usine Constellium à Issoire (Puy-de-Dôme) poursuivis pour "harcèlement moral" à la suite du suicide d'un ouvrier en 2013, ont été relaxés lundi 3 mai par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand. Dans son jugement, le tribunal a estimé que "les propos et agissements répétés constitutifs du délit de harcèlement moral n'étaient pas suffisamment constitués". A l'audience le 22 mars, le parquet avait requis six mois de prison avec sursis à l'encontre de deux salariés et 50 000 euros d'amende pour le syndicat CGT de l'usine de Constellium, fabricant de produits aluminium.
 

Une plainte de la famille                      

Le 10 septembre 2013, Mathieu Lebre, 31 ans, salarié de l'usine, s'était suicidé chez lui, quelques semaines après une altercation avec un autre ouvrier, qui avait conduit au licenciement de ce dernier. Sa famille avait porté plainte contre des salariés et le syndicat CGT du site qu'elle accusait de l'avoir harcelé, notamment à travers des tracts syndicaux. "Je suis écoeurée, déçue, c'est une honte", a réagi auprès de l'AFP Jacqueline Lebre, belle-mère de Mathieu Lebre, disant qu’elle ferait appel seulement si le parquet faisait de même. "Le tribunal n'a pas pris en compte le délit de harcèlement moral comme souvent dans ce type d'affaires, même s'il s'agit-là d'une situation dramatique ayant conduit à la mort d'un jeune homme", a regretté Me Jean-François Canis, avocat de Mme Lebre.
 

C'est un soulagement  

"C'est un soulagement. On a voulu nous faire porter la responsabilité de ce suicide alors que les vrais responsables, les dirigeants de Constellium, ne sont pas là", a déclaré Christian Lacoste, secrétaire du syndicat CGT de l'usine, poursuivi en tant que personne morale. Il a rappelé que six salariés de l'usine s'étaient donné la mort entre 2011 et 2015. La fédération CGT-Métallurgie ainsi que plusieurs structures locales du syndicat ont elles-mêmes porté plainte contre la direction évoquant des "manquements" des dirigeants ayant "conduit à une dégradation des conditions de travail". Le transformateur d'aluminium, héritier de l'ex-fleuron industriel français Pechiney, avait été rebaptisé Constellium en 2011 après un changement d'actionnaires.
 

           

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