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Puy-de-Dôme : ce que l'on sait des restes humains découverts dans une canalisation à Issoire

La brigade d'identification criminelle a procédé à des relevés dès vendredi 11 janvier dans ce commerce d'Issoire / © A. Rozga / France 3 Auvegrne
La brigade d'identification criminelle a procédé à des relevés dès vendredi 11 janvier dans ce commerce d'Issoire / © A. Rozga / France 3 Auvegrne

Un homme a été interpellé vendredi 10 janvier, à Clermont-Ferrand, suite à la découverte de morceaux de corps humains, la veille, dans une canalisation à Issoire (Puy-de-Dôme). Âgé de 36 ans, c'était un ami de la victime, un quadragénaire qui comme lui gravitait dans le milieu toxicomane.

Par Valérie Riffard

L’histoire est particulièrement sordide : jeudi 10 janvier, en fin de matinée, un client d’un salon de coiffure à Issoire (Puy-deDôme) signale que les toilettes sont bouchées. Arrivé peu après sur place, un plombier fait alors une surprenante découverte : le collecteur d’eaux usées est rempli de petits morceaux jaunâtres. Des morceaux rapidement envoyés aux techniciens de l’Institut médico-légal de Clermont pour être analysés, techniciens qui dans la soirée confirment ce que tout le monde redoute sans pouvoir y croire : ce sont bien des morceaux de corps humains déchiquetés.
En procédant aux premières investigations, les enquêteurs de la gendarmerie ont une certitude : les morceaux de corps proviennent de l’appartement situé juste au dessus du salon de coiffure, rue Albert-Buisson et occupé par Johnny T, un homme de 36 ans installé à Issoire depuis 3 ans qui s'était volatilisé depuis quelques jours. 

Un appartement maculé de sang


Parallèlement, grâce à une empreinte digitale prélevée sur un doigt retrouvé parmi les morceaux de corps mais aussi grâce à son ADN, les enquêteurs identifient la victime qui s'avère être Thierry G., dit Titus, un homme de 45 ans qui habitait avenue de la Libération et qui lui aussi avait disparu. En se rendant à son domicile, situé à quelque centaines de mètres de chez Johnny T. ils font alors une autre découverte sordide : l'appartement est maculé de sang. 
Forts de ces éléments, les gendarmes procèdent alors à l'analyse des images de vidéo surveillance de la ville d'Issoire et découvrent que le jeudi, vers midi, l’auteur présumé de ce crime a pris un train pour Vierzon, après avoir jeté plusieurs sacs dans une poubelle, sacs qui contenaient notamment des vêtements ensanglantés.
C'est à son retour, le lendemain, qu'il a pu être interpellé aux alentours de midi en gare de Clermont-Ferrand, après avoir été géolocalisé. Placé dans un premier temps en garde à vue, où il a refusé de s’exprimer, il a ensuite été hospitalisé sous contrainte, après avoir été examiné par un expert psychiatre qui a jugé son état incompatible avec un interrogatoire.

 

Troubles psychiatriques 


Un séjour en établissement spécialisé qui n'est pas une première pour lui : souffrant de troubles psychiatriques, vraisemblablement de schizophrénie, il avait déjà été hospitalisé en 2012 et en 2016. Interrogé par les enquêteurs, sa mère leur aurait indiqué qu’il ne prenait plus son traitement depuis plusieurs mois, une information qui reste à vérifier. 
Né en 1982, Johnny T. était également toxicomane. Il ne travaillait pas au moment du drame, revendait des stupéfiants afin de financer sa propre consommation et était également connu de la justice puisque 14 condamnations sont inscrites à son casier. Des affaires liées aux stupéfiants ou des vols et dont la dernière remonte à 2013.
Dans son appartement, où dans un premier temps rien d’anormal ne leur a sauté aux yeux, les enquêteurs, après inspection, ont fini par découvrir des traces de sang qui avaient été nettoyées, plusieurs scies et autres couteaux mais aussi, détail particulièrement sordide, des restes de corps humain emballés dans des sacs plastiques qui se trouvaient dans le congélateur.
 

Un crime crapuleux ?


Si une partie de l'enquête est résolue, reste maintenant à comprendre pourquoi Thierry G. a été tué.
Thierry G., un ami de Johnny B. qui comme lui était toxicomane et souffrait de troubles psychiatriques et qui, suite au décès de son père, venait de toucher une centaine de milliers d’euros en héritage. Une grosse somme qui semblait permettre à son groupe d’amis de subvenir à ses besoins .
Est-ce là le mobile de ce crime? Ou a-t-il un lien avec Claire H., une jeune femme de 35 ans originaire de Champeix qui aurait été en couple avec la victime les deux dernières semaines avant sa mort, après avoir partagé la vie du meurtrier présumé les semaines précédentes?  Car, fait particulièrement troublant, la jeune femme a tenté de se suicider, dimanche 6 janvier au domicile même de la victime.
Sauvée grâce à l’intervention rapide des secours, elle est toujours elle hospitalisée, tout comme Johnny T. Pour l'instant, ni l'un ni l'autre ne peuvent donc être entendus par les enquêteurs. Des auditions qui pourraient pourtant sûrement leur permettre de comprendre ce qui s'est passé. 
 

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