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Puy-de-Dôme : comment un exosquelette permet à des personnes paraplégiques de marcher à nouveau

Amandine a perdu l'usage complet de ses jambes il y a deux ans. Grâce à cet exosquelette en test au centre de médecine physique et de réadaptation de Pionsat (Puy-de-Dôme), elle réapprend à marcher. / © M. Vanoudendycke / France 3 Auvergne
Amandine a perdu l'usage complet de ses jambes il y a deux ans. Grâce à cet exosquelette en test au centre de médecine physique et de réadaptation de Pionsat (Puy-de-Dôme), elle réapprend à marcher. / © M. Vanoudendycke / France 3 Auvergne

Le centre de médecine physique et de réadaptation de Pionsat, dans le Puy-de-Dôme, procède depuis quelques mois aux tests cliniques d'un exosquelette révolutionnaire. Grâce à lui, des personnes paraplégiques pourraient à nouveau se lever et marcher sans béquille.

Par Maxime Vanoudendycke

C'est une première mondiale. Au centre de médecine physique et de réadaptation (CMPR) de Pionsat, dans le Puy-de-Dôme, un étrange appareil est en test. Cet exosquelette pourrait permettre à des personnes paraplégiques de pouvoir à nouveau se lever et marcher, tout en gardant les mains libres. Ce sont les prémices d'une nouvelle technologie qui pourrait d'ici 10 ans permettre à des personnes paralysées de retrouver une certaine autonomie au quotidien.

Amandine Papet est rodée. Cela fait déjà deux semaines que cette jeune femme qui a perdu l'usage complet de ses jambes, il y a 2 ans, teste l'exosquelette Atalante. En moins de cinq minutes, elle se met en place dans la machine sans aucune aide. « Il faut qu’elle trouve une autonomie complète pour l’installation dans l’exosquelette », indique  Claude Bouscavert, professeur d'activité physique adaptée au CMPR de Pionsat

La machine se débrouille seule pour avancer


Aujourd'hui, Amandine peut enfin se relever et faire quelques pas. A ses côtés, les thérapeutes ne sont là qu'en sécurité. La machine se débrouille seule pour avancer et gérer son équilibre. Les paramètres sont personnalisés pour s'adapter à chaque patient.
« C’est agréable car on est à la même hauteur que tout le monde, je peux vous regarder dans les yeux, c’est quand même assez agréable », confie Amandine. « Ça piétine un peu, aujourd’hui cela se passe bien c’est quand même une bonne sensation », poursuit-elle. « On ne sent pas le poids et c’est la machine qui fait tout ».

L'exosquelette, développé par l'entreprise parisienne Wandercraft, est en test clinique pendant un an au centre de rééducation de Pionsat. D’autres tests se font dans un laboratoire de haute-technologie. Ce matin-là, Amandine Papet va renouveler l'exercice avec 26 capteurs disséminés sur le corps.
« Cela permet de voir les amplitudes réelles de la patiente à l’intérieur de l’exosquelette qui a lui-même ses amplitudes qui sont limitées en rapport avec les amplitudes mécaniques. Cela va permettre de se donner une idée surtout pour se dire qu’on ne va pas luxer le patient à l’intérieur de l’exosquelette », explique le Dr Eric Pantera, Médecin-chef au CMPR de Pionsat.

Un exosquelette fonctionnel d'ici 10 ans

La modélisation permet de mesurer la vitesse de la marche, l'amplitude des mouvements et les balancements du corps. D'autres tests évaluent aussi l'effort nécessaire au patient pour utiliser l'exosquelette, de quoi s'assurer qu'il est adapté et sécurisé.
« L’objectif, dans 10 ans, serait d’avoir un exosquelette fonctionnel pour des patients paraplégiques, c'est-à-dire de pouvoir l’utiliser dans la vie de tous les jours, pouvoir aller faire ses courses avec, pouvoir marcher dans la rue avec, pouvoir monter des marches et pourquoi pas un escalier. Ce sont les objectifs que cet exosquelette va essayer d’atteindre. On en est encore loin aujourd’hui », reconnaît le Dr Eric Pantera.

L'étude clinique va se poursuivre pendant plusieurs mois. Le centre de Pionsat recherche encore une vingtaine de patients volontaires pour mettre à l'épreuve l'exosquelette.
Chacun d'entre eux testera la machine pendant six semaines quasi-quotidiennement pour faire avancer la médecine de demain.

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