Puy-de-Dôme : les pisseurs de glyphosate sont tous positifs et vont déposer une plainte pour atteinte à l’environnement

Sur chaque affichette le taux de glyphosate relevé, sous contrôle d'huissier, dans leurs urines. / © Alexandre Rozga - France 3 Auvergne
Sur chaque affichette le taux de glyphosate relevé, sous contrôle d'huissier, dans leurs urines. / © Alexandre Rozga - France 3 Auvergne

Le Collectif des pisseurs involontaires de glyphosate du Puy-de Dôme a rendu public dimanche 26 janvier les résultats des tests réalisés sur une quarantaine de ces membres. Tous sont positifs, avec des taux en moyenne très supérieurs à la norme admise. Ils vont déposer plainte.

Par Cyrille Genet

Ils se baptisent les pisseurs involontaires de glyphosate du Puy-de-Dôme, du nom de cet herbicide fortement contesté par les écologistes et très apprécié par certains agriculteurs pour son efficacité. En France son utilisation est interdite aux particuliers depuis le 1er janvier 2019 et dans les espaces publics depuis 2017, depuis 2015 il est considéré comme cancérogène probable. Le 5 décembre 2019, ils avaient organisé une pisserie : 36 hommes et de femmes avait fait constater par huissier leurs recueils d’urine qui ont été envoyés pour analyse dans un laboratoire.

Dimanche 26 janvier, ils ont annoncé les taux observés, tous sont positifs, le plus fort atteignant 2,70 ng/ml alors que le taux admissible dans l’eau potable se situe à 0,1 ng/ml. "Je mange bio depuis 20 ans, donc ça pique grave" dit Hélène Carentz dont le taux est maximum. "Ça montre surtout qu’en fait la pollution, on ne peut pas s’en protéger, qu’on est tous vraiment concernés". Pour Eloïse Borgeais, également membre du collectif "Dans le lot il y a des enfants aussi et ce qui nous interpelle, c’est que eux sont autant traversés de glyphosate que nous et que ces enfants-là n’ont pas terminé leur croissance".

En se basant sur ces résultats, leur collectif va porter plainte pour atteinte à l’environnement et mise en danger d’autrui

Des résultats contestés

La fiabilité de ces tests réalisés par un laboratoire allemand est cependant contesté depuis que des agriculteurs bretons ont été contrôlés négatifs en septembre 2019 par un laboratoire français. "Ils ont partagé les échantillons en 2 lots, sous contrôle d’huissiers, un lot expédié en Allemagne, un lot en France dans un laboratoire agréé par le Cofrac*. Tout ce qui est issu du laboratoire français, zéro glyphosate, tout ce qui est issu du laboratoire allemand 100% de présence de glyphosate. Le test allemand n’est pas fiable" réagit Sylvain Deloche, agriculteur et administrateur de la FDSEA 63

Mais pour le collectif, le glyphosate n’est qu’un marqueur parmi d’autres impacts nocifs, leur objectif reste bien l’interdiction de tous les pesticides

* Comité Français d’Accréditation


 

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