Dans cette entreprise du Puy-de-Dôme, des salariés entament leur quatrième semaine de grève

Dans l'entreprise de transport Dachser à Combronde dans le Puy-de-Dôme, ce jeudi 14 octobre marque la 4e semaine de grève pour les salariés. Ils contestent leurs conditions de travail et leurs salaires trop bas. Mais le mouvement a bien du mal à tenir face à une direction qui reste ferme.

Ce jeudi 14 octobre, à Combronde, dans le Puy-de-Dôme, les salariés de l'entreprise de transport Dachser trinquent à leur quatrième semaine de grève. Ils dénoncent leurs conditions de travail et des salaires insuffisants. Derrière les sourires, la fatigue et le ras-le-bol se font sentir. Les salariés d'entreprises voisines sont venus leur offrir leur soutien en cuisinant pour eux. Parmi eux, Jean-Paul Cognet, secrétaire général du syndicat CGT Michelin. Il explique : « C’est très difficile pour eux. Ils sont isolés face à une direction qui est très ferme et qui les méprise. Ils ont besoin de solidarité. Je suis salarié chez Michelin et on a les mêmes problèmes : des bas salaires, des compétences qui ne sont pas reconnues, des patrons qui touchent des subventions pour s’installer et qui en même temps exploitent des salariés ».
 

Ils nous ignorent

Après quatre semaines de conflit, aucune négociation n’est pourtant en vue. La direction reste ferme et les salariés désespèrent. Jean-Christophe Fouquier, délégué syndical CGT Dachser, indique : « On a conversé avec le directeur du site et il nous dit qu’il ne peut rien faire à son niveau et que, même si la direction générale se déplaçait, il n’y aurait pas d’avancée. Ils nous ignorent. Ils ne reviendront pas sur les NAO (négociations annuelles obligatoires, NDLR) et nous disent d’attendre les prochaines ». Nicolas Mollens, salarié de l'entreprise Dachser, ajoute : « On touche à peine le SMIC. Niveau salaire je ne m’en sors pas. Dans ma famille, je suis le seul à travailler, j’ai deux enfants à charge. A partir du 15, du 20 du mois, on est dans le rouge. Les conditions de travail ne sont pas favorables. Il y a de grosses cadences et des accidents du travail. La sécurité n’est pas assurée. Comme cariste on devrait toucher 1 400-1 500 euros minimum alors qu’on est à 1 200 euros ».
 

Des soutiens politiques

Des élus locaux sont aussi venus apporter leur soutien. Ils rappellent que le site de Combronde a bénéficié de fonds publics pour s'étendre. Ces élus ont tenté de communiquer avec la direction. Audrey Laurent, conseillère municipale communiste à Riom, raconte : « On nous a dit de nous mêler de nos affaires. Sauf qu’une entreprise qui bénéficie d’aides publiques, au niveau de l’Etat avec le CICE, au niveau local avec le Conseil départemental, le Conseil régional, l’intercommunalité ou la Ville de Combronde, au bout d’un moment, elle a des comptes à rendre ». Jointe par téléphone, la direction de l’entreprise n'a pas souhaité s’exprimer.

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