Puy-de-Dôme : "Un protocole sanitaire trop strict", des élèves de maternelle privés de rentrée scolaire

A Ennezat, près de Riom, dans le Puy-de-Dôme, les élèves de petite section de maternelle auraient dû reprendre le chemin de l’école le 28 mai. Mais selon le maire, "le protocole sanitaire est trop strict" pour les petits. La rentrée n’aura lieu qu’en septembre.
 

Les élèves de petite section de maternelle d'Ennezat, dans le Puy-de-Dôme, retrouveront leur école en septembre.
Les élèves de petite section de maternelle d'Ennezat, dans le Puy-de-Dôme, retrouveront leur école en septembre. © Catherine Lopes / FTV
Mardi 12 mai, les parents d’élèves de petite section de maternelle de l’école d’Ennezat, près de Riom dans le Puy-de-Dôme, ont reçu cette information par mail : « Nous tenons à vous informer que nous ne sommes pas en mesure d'accueillir les élèves de petite section compte tenu du protocole sanitaire mis en place suite à l'épidémie du COVID 19. Cette décision est effective jusqu'à la fin de cette année scolaire ».

"C'est trop dur à tenir pour les petits"

Fabrice Magnet, maire sans étiquette de la commune, a pris cette décision car la situation n’aurait pas été tenable pour ces enfants de première année de maternelle. Il explique : « Le protocole sanitaire est trop strict. Les enfants n’ont pas le droit de se toucher, de se tenir à moins d’un mètre. Tous les jeux fixes ou mobiles sont supprimés. C’est trop dur à tenir pour des petits ». Il ajoute : « Il y avait un risque à accueillir les élèves de petite section. Les gestes barrière sont énormes pour des maternelles. Les ATSEM stressent. C’est une grosse angoisse à gérer et notre responsabilité est grande. Nos agents sont sur le front. Mais pour le reste des maternelles, nous allons appliquer le protocole avec rigueur ».
Les jeux de l'école maternelle d'Ennezat sont condamnés en raison du protocole sanitaire.
Les jeux de l'école maternelle d'Ennezat sont condamnés en raison du protocole sanitaire. © Catherine Lopes / FTV
 

Empêcher d’approcher un copain ou de faire un câlin à la maîtresse semblait difficile

Florence Dauphin, directrice de l’école maternelle d’Ennezat, confirme que le protocole sanitaire était trop difficile à appliquer pour des première année de maternelle. Elle souligne : « Pour les petits, c’était vraiment problématique. On a essayé d’aménager les classes pour accueillir au maximum 10 élèves mais pour des maternelles, c’est très compliqué. Notre principal problème était le dortoir, que l’on ne pouvait pas utiliser.  Nous n’allions pas laisser les petits toute la journée sur leur chaise. De plus, on pouvait difficilement appliquer les gestes barrière et les règles de distanciation sociale : empêcher d’approcher un copain ou de faire un câlin à la maîtresse semblait difficile ».

Ca me stressait de devoir faire la classe dans ces conditions

Cette décision a été bien accueillie par les parents d’élèves et bien comprise. « C’est un énorme soulagement » confie Florence Dauphin, la directrice de l’école maternelle. Même soulagement également du côté des enseignants. Une enseignante indique : « Honnêtement, ça me soulage parce que les conditions étaient juste impossibles avec les petits. Ca me stressait de devoir faire la classe dans ces conditions ». La rentrée des moyenne et grande section est maintenue les 14 et 18 mai. Celle des petite section de maternelle aura lieu en septembre. D’ici là, la continuité pédagogique sera assurée à distance, grâce à des outils mis en place depuis le début du confinement.
 
 
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