Surveillant de prison à Riom (Puy-de-Dôme) il raconte son quotidien

Nouvelles perturbations mercredi 20 mars à la prison de Riom (Puy-de-Dôme). Les gardiens continuent de se mobiliser en soutien à leurs collègues agressés à Condé-sur-Sarthe. Nous avons recueilli le témoignage de l’un d’entre eux.
 

 
Cela fait 30 ans que ce gardien de prison exerce son métier dans différentes prisons de France. Comme ses collègues de Riom, près de Clermont-Ferrand, il est à nouveau mobilisé ce mercredi 20 mars en soutien aux surveillants agressés de Condé-sur-Sarthe. Il a accepté de nous raconter, en restant anonyme, son quotidien, les tensions, la vigilance permanente.

« A l’intérieur nous devons gérer de nouvelles populations. De nouveaux détenus radicalisés, islamistes, extrémistes, indépendantistes, etc… Tout ce qui finit en « iste » nous pose problème.
Aujourd’hui j’ai 45 à 46 détenus sous ma responsabilité. Mais comme je travaille en bâtiment ouvert je peux avoir jusqu’à 100 détenus dans ma coursive.
C’est une relation d’homme à homme. Ils ont affaire à un homme. Et moi j’ai des hommes en face. S’ils veulent jouer « les trompettes.», les « trous du cul » je joue mon rôle d’homme et ils vont vite comprendre le problème.


Si on nous retire le contact, on nous retire le métier

Mais en restant humain, on maintient le contact. Sinon on n’a pas de contact et on ne voit pas arriver le problème. Et le problème arrive d’un seul coup. C’est soit le détenu qui s’automutile parce qu’il n’a pas nécessairement envie d’agresser quelqu’un, soit il va agresser son codétenu parce qu’il ne le supporte plus, soit il va agresser un surveillant.
Le contact reste hyper important, si on nous retire le contact, on nous retire le métier. Tout est lié au dialogue.
Mais aujourd’hui le respect a carrément disparu, c’est de pire en pire. Seuls quelques anciens connaissent encore le code de la rue, qui marche au respect, à la parole. On arrive au bout d’un système »


A quelques années de la retraite ce gardien de prison va continuer à se mobiliser en solidarité avec ses collègues.