Une compagnie souhaite reprendre une production minérale ancestrale d’Auvergne : l’améthyste

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Écrit par Guillaume Gorgeu .

La compagnie des minéraux d’Auvergne (Cominauv) espère refaire vivre un bout d’histoire de la région. Celle de la production d’améthyste, autrefois classée parmi les pierres précieuses, et caractérisée par ses teintes violettes. Retour sur ce minéral d’Auvergne avec l’un des fondateurs de la Cominauv, Mathieu Moulin.

Il existe encore aujourd’hui "des descendants de ceux qui ont extrait cette matière il y a un siècle, et qui ont gardé l’histoire." Et encore, la relation de l’améthyste avec l’homme remonte à un passé beaucoup plus lointain. "On n’a pas encore de preuves écrites ou archéologiques, mais certains indices laissent à penser qu’il y a une eu une exploitation dès l’époque gallo-romaine. De façon certaine, avec des témoignages écrits, il y a eu une production de cette pierre dès le 17e siècle" relate le directeur général de la Cominauv.

À l’époque, la pierre était dite précieuse, alors qu’aujourd’hui, on la considère comme une pierre fine. Elle était déjà utilisée pour réaliser des gemmes afin d’orner des bijoux royaux mais aussi des bijoux cléricaux, "car l’améthyste est la couleur des évêques". Mathieu Moulin explique qu’elle était produite dans des conditions artisanales. "Il y avait des petites galeries qui servaient à extraire la meilleure matière."

Une renommée au début du 20e siècle

La pierre doit attendre deux siècles avant de connaître un essor important, grâce à la taillerie de Royat. L’atelier est fondé en 1890 par Joseph Demarty qui relance l’exploitation de la pierre. "Il décide de produire plusieurs filons d’améthyste aux alentours de la zone où l’on se trouve aujourd’hui et qu’on a décidé d’exploiter, le Vernet-la-Varenne." En 1903, il vend la taillerie à un Alsacien, M. Staehling. Ce dernier apporte le savoir-faire allemand et l’art lapidaire, l’art de façonner et de tailler les pierres.

L'améthyste d'Auvergne se produit de manière conséquente jusqu’aux années 60/70. "Avec la mondialisation, il y a eu l’exportation de gros gisement d’Amérique du sud" explique Mathieu Moulin. La taillerie, qui fournissait plusieurs boutiques des villes thermales notamment, voit alors son exploitation décroitre. 

Une pierre formée il y a des millions d'années   

La pierre est issue d’un long processus géologique entre l’ancienne chaîne de montagne, l’hercynienne, existante il y 400 millions d'années, et la chaîne des Alpes. "L’améthyste est venue remplir des vides créés par des fractures très anciennes. Ce qui donne cette mise en place particulière, filonienne, où on va avoir plutôt des formes en longueurs. On va plutôt avoir des améthystes qui font des cristaux sous forme de plaque." C’est ce qui caractérise l’améthyste d’Auvergne à celle d’Amérique du sud qui se présente sous forme de sphère. L’autre caractéristique de l’améthyste auvergnate est "son association avec des roches radioactives naturelles" provoquant une teinte plus importante. 

Aujourd’hui, Nicolas Leger et Mathieu Moulin s’apprêtent à écrire une nouvelle page d’histoire de l’améthyste d’Auvergne. La zone où se trouve ces filons s’étend sur une surface entre 90 et 100 km2. "On a un gisement vraiment intéressant en terme de taille. On a une renommée historique et culturelle assez importante, sur laquelle on peut s’appuyer et qui amène une certaine acceptabilité sociale."

Pour s’inscrire dans l’histoire de la pierre fine, les deux entrepreneurs de Cominauv attendent désormais l’aval de l’État pour débuter leur production . En attendant, ils accueillent les visiteurs autour d’un circuit. Ces derniers sont amenés à gratter et à trouver leur propre fragment d’améthyste.

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