Réchauffement climatique : les Alpes en première ligne

Les températures moyennes annuelles augmentent nettement dans les Alpes depuis les années 1990. / © France 3 Alpes
Les températures moyennes annuelles augmentent nettement dans les Alpes depuis les années 1990. / © France 3 Alpes

Au terme d'une nouvelle année très chaude, le journal Le Monde a compilé les températures relevées depuis 70 ans par Météo France dans 70 villes du pays. Le réchauffement est observable sur tout le territoire. Et il est particulièrement marqué dans les Alpes.

Par Cédric Picaud

Le graphique est parlant. Il passe du bleu au rouge foncé entre 1947 et 2019. D’après les bilans annuels de Météo France compilés par le journal Le Monde, Bourg-Saint-Maurice, en Savoie, s’installe durablement dans le réchauffement. 2019 a été la deuxième année la plus chaude de la commune depuis 1947. Le record avait été battu l’année précédente avec une température annuelle moyenne de 11.8°C.

La situation pourrait paraître paradoxale pour cette ville nichée à 850 m d’altitude, au pied des stations de Tarentaise, mais elle n’a rien d’illogique. « Le réchauffement est toujours plus  marqué dans les zones continentales et particulièrement en moyenne montagne », explique Sophie Tissier, adjointe au chef de centre Alpes du Nord de Météo France. Un phénomène confirmé par les relevés effectués dans les stations météo de Chamonix, en Haute-Savoie ou du Col-de-porte en Isère. « Alors que le réchauffement moyen est de  1°C sur l’ensemble de la planète, il peut atteindre 1.5°C à 2°C sur ces secteurs », d’après la météorologue.
 
En 2018, à Chamonix, on a observé jusqu'à 2°C d'écart avec la moyenne annuelle de référence. / © Météo France
En 2018, à Chamonix, on a observé jusqu'à 2°C d'écart avec la moyenne annuelle de référence. / © Météo France

D’après les graphiques réalisés par Le Monde, Grenoble est elle aussi  engagée sur la voie du réchauffement depuis les années 1990. Avec une nuance : la capitale des Alpes n’a sa propre station météo que depuis mars 2019. Pour son étude, le quotidien a récupéré les mesures relevées dans les postes météo de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs et du Versoud. « Il fait forcément plus chaud en ville qu’à la campagne, précise Sophie Tissier, de Météo France. Mais même si les valeurs diffèrent, la variation de température est globalement identique. »
 
Ecart de températures observées à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, station de référence de Météo France pour le département de l'Isère. / © Météo France
Ecart de températures observées à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, station de référence de Météo France pour le département de l'Isère. / © Météo France

Le constat est le même du côté d'Annecy. Le lac ne suffit pas à amortir la hausse des températures. Vue sur le long terme, l'augmentation est impressionnante. Avec une nette accélération depuis le début des années 1990.

 




 

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