Report éventuel des élections : en Auvergne, ce qu'en pensent les présidents des quatre départements

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Écrit par Catherine Lopes
Les élus auvergnats sont partagés sur la question d'un éventuel report des élections départementales et régionales, en raison de la crise sanitaire.
Les élus auvergnats sont partagés sur la question d'un éventuel report des élections départementales et régionales, en raison de la crise sanitaire. © DENIS CHARLET / AFP

Jeudi 1er mars, le Premier Ministre Jean Castex s’est exprimé devant le Sénat en faveur d’un maintien « à ce stade » des élections régionales et départementales. Les présidents des Conseils départementaux de l’Allier, du Cantal, de Haute-Loire, et du Puy-de-Dôme réagissent.

Déjà repoussées de mars à juin les élections régionales et départementales seront-elles à nouveau décalées, en raison de l’épidémie de COVID ? Jeudi 1er avril, devant le Sénat, Jean Castex s'est montré défavorable à un report des élections régionales et départementales prévues les 13 et 20 juin : "C'est clairement le scénario de leur maintien que nous privilégions à ce stade". Le chef du gouvernement a annoncé qu'il suivrait "les recommandations du Conseil scientifique" à ce sujet et que les élections se tiendraient normalement si les conditions sanitaires peuvent être respectées sans "altérer l’expression libre et sécurisée du vote de nos concitoyens".

 Je suis complètement de l’avis du Premier Ministre

Une position qu’adopte Jean-Pierre Marcon, président (UDI) du Conseil départemental de Haute-Loire : « Je suis complètement de l’avis du Premier Ministre. Je souhaite qu’on maintienne ces élections. Je suis persuadé qu’on peut les organiser dans de bonnes conditions, y compris sanitaires. Je ne vois pas pourquoi on les reporterait car les départementales ont déjà été reportées. C’est un exercice régulier de consultation des populations et il se fait sans aucun problème dans tous les pays. Il n’y a aucune raison que la France ne fasse pas de la même façon. L’essentiel est de le faire dans de bonnes conditions. Il faut que les distanciations soient respectées et qu’on mette en place des protections. Il faut renforcer les procurations ».

Il faut s’assurer de la mise en sécurité des électeurs

Sur la question d’un éventuel report, Bruno Faure, président (LR) du Conseil départemental du Cantal, se veut extrêmement prudent : « Sur le fond, il est quand même bien de pouvoir voter et de ne pas remettre en cause les calendriers électoraux. Ceci dit, il faut s’assurer de la mise en sécurité des électeurs. Est-ce que les conditions sanitaires au mois de juin seront en place ? Je n’ai pas les informations pour le mesurer. Il y a aussi la nécessité de donner aux candidats les moyens de faire campagne, dans de bonnes conditions. Je me demande si dans un mois nous aurons la capacité d’aller à la rencontre de nos électeurs. Il faudrait éviter de pouvoir fausser les élections, si on ne peut pas faire campagne. S’il y a capacité sanitaire, je pense qu’il faut les maintenir ». Il poursuit : « Soit les conditions sanitaires sont satisfaisantes pour pouvoir organiser ces élections, soit ça n’est pas le cas, auquel cas ça demanderait un report. Se pose alors la question de la date du report. Est-ce qu’à l’automne nous aurons des conditions sanitaires satisfaisantes ? Nous pouvons l’espérer. Il va falloir prendre les décisions rapidement. Chaque jour qui passe fait qu’on va générer des risques de contentieux ».

De nombreuses interrogations

Claude Riboulet, président (UDI) du Conseil départemental de l’Allier, a quant à lui un avis plus tranché sur la question : « Ce sujet n’intéresse que les élus et la presse politique. Les gens n’en ont, à date, rien à cirer des élections. Ca ne les préoccupe pas. D’autre part, selon un sondage du Figaro , 71 % des interrogés considèrent qu’il valait mieux reporter les élections pour des raisons sanitaires, plutôt que de les maintenir coûte que coûte. De plus, j’ai beaucoup d’interrogations sur les conditions de la campagne électorale. Si tout va bien, on nous dit qu’on nous libère début mai, soit à peine un mois et demi avant le premier tour. Concrètement, comment se passe la campagne électorale ? Les dates limite pour les dépôts de candidature seraient fixées au 27 avril. Aujourd’hui, c’est bien de dire on maintient les élections sauf qu’on ne sait pas dans quelles circonstances on pourra faire campagne ».

Maintenir coûte que coûte ne me paraît pas réaliste

L’élu bourbonnais avance une autre problématique : « Il y a en France un peu plus de 4 000 conseillers et conseillères départementaux. Il y aura grosso modo 12 à 16 000 candidats. La campagne officielle dure 3 semaines. Sur ces candidats, la probabilité que certains soient soit cas contacts soit positifs au COVID avec des vrais soucis de santé est réelle. Cas contact c’est 7 jours d’isolement. Si vous êtes positif, c’est 14 jours d’isolement. Si vous avez des complications, ça peut être encore plus. Peut-on considérer qu’à partir de là l’égalité des candidats d’un point de vue démocratique  est satisfaisante ? Je m’interroge. Le seul fait qu’on soit obligés de se poser des questions pour savoir si les élections peuvent ou pas avoir lieu, et dans quelles conditions, c’est déjà fausser le débat. Maintenir coûte que coûte ne me paraît pas réaliste ».

Je suis partisan d’un report à l’automne

Jean-Yves Gouttebel, président (Socialiste, Radical et Républicain) du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, va encore plus loin et se prononce en faveur d’un nouveau report des élections. Dans un communiqué, il indique : « Je suis partisan d’un report à l’automne afin que se déroule une campagne électorale normale et que la participation des électeurs au scrutin soit significative. J’ajoute que le report serait dans ce cas de moins d’un an et qu’actuellement les Français sont plus préoccupés par l’évolution de la situation sanitaire que par les élections ».

Le 21 mars, Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a co-signé une tribune avec neuf de ses pairs pour demander au gouvernement de ne pas repousser les élections régionales. À ce stade, la quasi-totalité des formations politiques se sont dites pour le maintien des scrutins en juin.

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