Rhône. Planter des forêts de proximité pour stocker le carbone

Forestor, une entreprise lyonnaise, propose aux promoteurs et aux entreprises de compenser leur empreinte carbone en créant des forêts. Et pas seulement à la campagne…

Et si les promoteurs et les entreprises plantaient des forêts pour "compenser" leur empreinte carbone.
Et si les promoteurs et les entreprises plantaient des forêts pour "compenser" leur empreinte carbone. © GAIZKA IROZ / AFP

Planter des arbres en ville… Souvenez-vous, c’était la promesse hors-sol de très nombreux candidats des grandes villes aux élections municipales avant le premier tour. Depuis, le coronavirus a (provisoirement ?) asséché le champ des hypothétiques forêts urbaines, du moins pour les politiques.

En revanche, pour le Lyonnais Daniel Boudaille, créateur de l’entreprise Forestor, la forêt est plus que jamais d’actualité. Il ne pense même qu’à ça : recréer des forêts de proximité, pour stocker le CO2.

 

Des arbres pour piéger le carbone

Outre ses promenades en forêt, enfant avec son grand-père, ce sont les travaux d’un chercheur anglais, Tom Crowther, qui ont inspiré Daniel Boudaille. «En commençant maintenant à massivement restaurer les forêts, nous pourrions abaisser de 25% la quantité de CO2 dans l'atmosphère et ainsi redescendre aux concentrations de dioxyde de carbone d'il y a près d'un siècle» explique-t-il en citant son mentor.

L’idée est simplissime : proposer à des promoteurs immobiliers, des entreprises, des compagnies de transport ou même des collectivités locales qui produisent du CO2, de financer l’implantation de nouvelles forêts. A charge pour les propriétaires de les entretenir et de les exploiter, pour une durée d’au moins 50 ans.

Une idée qui plaît incontestablement : plusieurs projets poussent simultanément en Auvergne-Rhône-Alpes. Premières plantations prévues au début de l’automne dans les monts du Lyonnais, à la Chapelle-sur-Coise (Rhône). «Une parcelle de deux hectares, sur laquelle le promoteur Promoval souhaite créer une forêt d’une surface équivalente à la surface de plancher d’un immeuble qu’il construit. Il n’y a aucun gain fiscal pour le promoteur, c’est en termes d’image et d’engagement pour l’environnement que ça se mesure» explique Daniel Boudaille.

 

Des forêts à découvrir à moins de 35 km

Et ça marche aussi en territoire urbain. Forestor a un autre projet bien avancé à Lyon, en plein quartier de La Duchère, sur une parcelle de 2000m2. La SACVL, société de construction de la ville de Lyon, s'apprête avec Forestor à créer une forêt de Miyawaki. C’est une méthode de reforestation rapide, baptisée du nom d’un botaniste japonais, et qui consiste à faire pousser, sur des terrains urbanisés et dégradés, une forêt composée d’essences qui poussaient là avant l’intervention humaine.

Même chose à Miribel-Jonage, dans le Rhône, où la SACVL et Forestor envisagent la plantation d'une forêt fruitière et de pollinisation.

«Quand on parle de forêt de proximité, on se fixe un rayon de 35 km. Il faut que les locataires ou les copropriétaires des immeubles dont le promoteur aura créé une forêt puissent s’y rendre facilement à vélo…» précise Daniel Boudaille.

Créer des forêts, c’est bien, mais revivifier celles qui existent déjà, c’est aussi l’une des missions de Forestor. En bonne intelligence avec l’Office National des Forêts, l’entreprise peut intervenir sur des forêts qui ont souffert, qu’il s’agisse de sécheresse, d’attaques de parasite ou de tempête. Forestor planche en ce moment sur des remplacements d’arbres dans des forêts de Saint-Genest-Malifaux dans la Loire et de Romans dans la Drôme.

«Une forêt met plusieurs décennies pour être à maturité, donc on travaille évidemment pour les générations à venir. Limiter la production de CO2 c’est un objectif, mais pour l’instant, il faut aussi essayer d’agir en fonction de la situation actuelle».

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement écologie entreprises économie forêt nature