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Les maisons des champs, ces belles demeures bourgeoises de la Renaissance

C’est un patrimoine lyonnais méconnu : les maisons des champs ont vu le jour à la Renaissance. Elles ont été édifiées pour les riches bourgeois de la région afin de leur permettre de fuir la ville sur le modèle des villas italiennes.

Réparties autour de Lyon, les maisons des champs s’inscrivent comme un écrin du patrimoine lyonnais aux couleurs de la Renaissance italienne. Les bourgeois venus de toute l'Europe décident d'acheter les maisons des vignes à des paysans endettés et les transforment en maisons des champs. Lieu de repos et d’échanges culturels, ces maisons prestigieuses accueillaient aussi des dégustations de vins. Proximité des vignes, oblige ! Un tiers de ces belles demeures appartient aujourd'hui à des propriétaires privés.


 

Le Petit-Perron à Pierre Bénite : la Dolce Vita au cœur de la campagne lyonnaise

La première étape du parcours, mène le visiteur à Pierre-Bénite. Au Petit-Perron, plus exactement. 
 
Le Petit Perron à Pierre-Bénite
L’architecture du Petit Perron évoque immédiatement la Renaissance italienne. La maison située sur la commune de Pierre-Bénite est ouverte à la visite sur demande.
L’architecture de ces bâtiments évoque immédiatement la Renaissance italienne. « La structure politique de l’Italie de l’époque permet le développement des grandes familles de banquiers, souligne l’archéologue et historienne d’art, Anne Allimant-Verdillon , c’est ainsi que les Medicis, les Sforza ou encore les Gondi viennent s’installer à Lyon ». 

Domaine du Petit Perron : 83 rue Voltaire 69310 Pierre-Bénite

 

Le Manoir de Parsonge à Dardilly : l'influence italienne

Situé au nord de Lyon, l'architecture du manoir de Parsonge est aussi imprégné de l’Italie et plus particulièrement de la Toscane.
 
Les maisons des champs dans le Rhône : le manoir de Parsonge à Dardilly
Situé au nord de Lyon, le manoir de Parsonge est aussi imprégné de l’Italie et plus particulièrement de Toscane.
Disposée sur un rez-de-chaussée en pierres, le bien reflète la situation des propriétaires de l’époque. « En général quand ils achetaient ces maisons c’était un signe d’amélioration de leurs conditions sociales » explique Jean-François Grange-Chavanis, architecte du Patrimoine. A l’étage, deux grandes galeries entourent la maison où se promènent alors les occupants des lieux. Édifiée au XVIe siècle, l’ancienne maison forte recèle des fresques typiques des maisons des champs. « Les peintures murales sont le signe de l’influence du sud, de l’Italie et de toute l’Europe », souligne encore l’expert. Si d’extérieur le manoir de Parsonge parait en bon état, à l’intérieur les marques de délabrement sont nombreuses. La  mairie de Dardilly, propriétaire du lieu, n'a pas les moyens de la préserver seule. 5 millions d’euros sont nécessaires pour accomplir une restauration partielle. Pour lui redonner vie, la mairie a missionné  l'agence "Médiéval, spécialisée dans la mise en valeur de patrimoine en péril. 


-> Voir l'interview d'Estelle Maillet, chargée de projet pour l'agence "Médiéval". 
ITW Estelle Maillet, chargée de projet Agence Médiéval


Manoir de Parsonge : Chemin de Parsonge - 69570 Dardilly



 

Le domaine de La Gallée à Millery: une maison des champs d'hier à aujourd'hui

Rénové en 2011 par un couple de passionnés, le château de La Gallée revit comme à ses premières heures. Fêtes et repas fastueux, le domaine est aujourd'hui un lieu d’accueil pour les mariages et séminaires.« On s’est dit qu’on pouvait revivre ce type de soirées dans des lieux qui sont destinés à recevoir », explique Adeline Tiengou, la propriétaire de la maison. 
 
La maison des Champs de la Gallée à Millery
Domaine de la Gallée à Millery
Cette ancestrale propriété viticole remaniée en maison des champs au XVIIe siècle est toujours marquée par la présence des vignes. « On a retrouvé des notifications de commandes provenant du château de Versailles », précise encore la propriétaire. 


Domaine de La Gallée  : Chemin de la Grande Gallée, 69390 Millery


 

« La Damette » : le petit Versailles d’Irigny

Murs peints, plafonds somptueux, « La Damette » d’Irigny doit son nom à un riche négociant lyonnais, Benjamin Damette.  Dans le hall du château une immense peinture murale orne le plafond. « C’est une peinture qui emmène le visiteur dans la mythologie », précise Sabine De Parisot, restauratrice de tableaux et habitante de la Damette.
 
"La damette" à Irigny
Et dans les salles d’apparat, la visite se poursuit. Toutes les peintures sont attribuées à Jean Cottelle, un artiste du XVIIe siècle qui travaillait beaucoup au château de Versailles. Ces différentes œuvres monumentales lui valent le surnom de Petit Versailles. « C’était la fête, la musique, l’écriture, la grande vie à la campagne », conclut la spécialiste. 


Domaine de la Damette : Chemin de la Damette 69540 Irigny


 

Le Domaine Melchior à Charly : la jardin-laboratoire

Ces maisons des champs étaient aussi le lieu d'expérimentations horticoles. A l'image du domaine Melchior Philibert à Charly. 
 
Donmaine Melchior à Charly
Visite de la maison des champs à Charly (Rhône) : le domaine Melchior.
Datant du XIVe siècle, cette maison appartient aujourd'hui à la Commune de Charly. La bâtisse est entourée d'un gand parc de neuf hectares orné à l'époque d'un parterre à la française. Une richesse d'espèces qui permettait à Melchior Philibert de montrer son patrimoine botanique. "On a ici des orangers, des citronniers, toutes sortes d'agrumes, qui sont à l'époque les objets de valeurs, certains valaient le prix d'une voiture aujourd'hui !", souligne Benjamin Crozat, ethnobotaniste et historien d’art des jardins.  Les marchands affluent de toute l'Europe vers ces maisons des champs et les jardins servent aussi de recherche botanique. "On peut considérer ces maisons des champs comme l'ancêtre de l'horticulture lyonnaise qui au XIXe siècle constitue la seconde ressource économique de la ville", précise encore le spécialiste. Aujourd'hui, les jardins de Melchior reprennent peu à peu vie avec un projet de culture de fruits et légumes à l'ancienne.