Décès d'un détenu dans le Rhône : ouverture prochaine d'une information judiciaire

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Une information judiciaire "en recherche des causes de la mort" sera ouverte en "début de semaine prochaine" après la plainte de la compagne d'un détenu de la prison de Villefranche-sur-Saône (Rhône), décédé lundi 3 janvier, après avoir été retrouvé dans le coma la veille dans sa cellule, a indiqué ce vendredi 7 janvier soir, le parquet de la ville.

La procédure permettra "ainsi à la famille de Yassin Mebarkia d'avoir accès aux éléments du dossier en tant que partie civile", a-t-il ajouté dans un communiqué, soulignant que l'enquête se poursuivait "activement".

Âgé de 30 ans, le détenu est décédé à l'hôpital de Villefranche en réanimation après avoir été retrouvé dimanche 2 janvier, "inanimé" par un infirmier et des surveillants de la maison d'arrêt, où il ne s'était pas présenté à la promenade. Mardi 4 janvier, une plainte pour "homicide involontaire" avait été déposée contre l'établissement pénitentiaire par sa compagne, selon cette dernière.

"Yassin Mebarkia souffrait d'un diabète de type 1. Il disposait en cellule, à sa demande, de son traitement à l'insuline qu'il gérait seul", a poursuivi le parquet.

"Il ressort de l'autopsie réalisée ce vendredi 7 janvier, que les constatations ne sont pas incompatibles avec une décompensation acidocétosique d'un diabète insulinodépendant (ndlr: complication grave du diabète), dont l'origine précise sera déterminée par les investigations en cours", a-t-il encore précisé.

"Je souhaite savoir ce qui s'est passé. Je pense que quelque chose d'anormal a provoqué le décès de mon compagnon. Je pense qu'il n'a pas été secouru comme il le fallait", avait expliqué la compagne du détenu, Sylvia Lancelin, 30 ans, pour qui ce dernier "serait tombé dans le coma à cause d'un manque d'insuline".

"L'établissement connaissait sa situation de santé. Plusieurs détenus m'ont dit qu'il s'était plaint durant la nuit précédente, et qu'un co-détenu avait signalé sa détresse. Je ne comprends pas qu'on ait pu le laisser des heures sans intervention", avait-elle encore affirmé.

L'enquête menée par le parquet pour recherche des causes de la mort "doit établir la chronologie des événements, et rechercher si des responsabilités sont engagées", avait pour sa part indiqué son avocate Me Laura Bouremel. Yassin Mebarkia avait été placé en détention en septembre 2021 à Valence puis transféré à Villefranche-sur-Saône le 9 décembre pour notamment des faits d"outrage et de menaces de mort" à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique mais aussi pour "violences conjugales", selon le parquet. Sa fin de peine était prévue pour fin mars.