Don du sang : la région Auvergne-Rhône-Alpes en alerte

L’EFS lance un appel pour inciter les donneurs à revenir dans les centres de collecte du sang. En effet, depuis le début de la pandémie, les stocks sont souvent à la limite des seuils d'alerte. D'autant plus que l'EFS a du mal à recruter de nouveaux donneurs.

Le nombre de donneurs est en baisse en raison de la pandémie de la Covid 19 et du confinement
Le nombre de donneurs est en baisse en raison de la pandémie de la Covid 19 et du confinement © EFS

La fréquentation des Maisons du don et des collectes mobiles par les donneurs de sang est en forte baisse. C'est l'un des effets de la crise sanitaire que nous traversons. En un an, leur nombre a chuté de près de 10 %, notamment à chaque période faisant suite aux annonces de mesures gouvernementales spécifiques au Covid.
Résultat : les donneurs habituels, voire fidèles depuis des années, s'interrogent sur le bien-fondé d'un don, surtout quand ils sont un peu âgés, ce qui est fréquemment le cas avec beaucoup de cinquantenaires. "Nous constatons que ces personnes qui viennent régulièrement dans nos centres évitent de se déplacer. Le don du sang passe au second plan parmi les priorités de ces personnes", fait remarquer le docteur Brice Poreau, responsable des prélèvements et collectes dans le Rhône.

Difficile de recruter de nouveaux donneurs

Problème supplémentaire : le télétravail et les cours à distance, cumulés, ne facilitent pas le recrutement de nouveaux contributeurs. La disparition des collectes dans les universités ou les entreprises ne pousse pas pour autant les collaborateurs ou les étudiants à venir donner leur sang. Jusqu'à l'an passé, les jeunes avaient tendance à venir en groupes. Du coup, il est encore plus inimaginable à ce stade d'imaginer fidéliser certains d'entre eux, ne serait-ce que une fois par an.
Alors, avec le vieillissement des donneurs traditionnels, cela devient franchement compliqué, laisse entendre le médecin, qui sans être foncièrement inquiet n'en cache pas moins une certaine fébrilité dans les rangs des établissements de collecte.

Les stocks diminuent. Certes, pas toujours de 10 %, mais de manière significative tout de même. Actuellement, ces derniers avoisinent les 12 jours d'autonomie. Mais en dessous de 10 jours, les besoins sont à peine couverts. Début avril, c'était le cas. Grâce aux actions de mobilisation, on a retrouvé une moyenne acceptable. "Mais ça reste très fragile et tout va dépendre des modalités de déconfinement des semaines à venir, prévient le médecin. La situation risque d'être tendue pour les mois de mai et juin qui sont traditionnellement des périodes de constitution de stocks avant l'été, généralement très calme du point de vue des dons."
Or, dans la région, 1400 prélèvements par jour sont nécessaires pour subvenir aux besoins de patients. Et les poches ne peuvent être conservées au-delà de certaines limites, 42 jours pour les globules rouges, 7 jours pour les plaquettes (plasma). Et Brice Poreau d'en profiter pour rappeler que dans le premier cas, le don de globules rouges, un petit quart d'heure suffit pour donner son sang.

Don sur rendez-vous, pas de perte de temps

Depuis le début de la crise sanitaire, l’EFS s’est transformé pour accueillir les donneurs.
La plupart des lieux de collecte proposent le don sur rendez-vous pour réduire le temps d’attente et mieux gérer la prise en charge de chaque donneur dans le respect des mesures de distanciation. Une façon pour les donneurs d’être attendus sans attendre.
Sur le site internet de l’établissement français du sang, se trouve également un test «Puis-je donner» qui permet aux donneurs de vérifier en ligne s’ils sont éligibles au don de sang afin de ne pas se déplacer pour rien.
A ce titre, L’EFS rappelle que donner son sang est une sortie autorisée et demande aux donneurs de se munir de l’attestation cochée «aide aux personnes vulnérables» même après 19h et ce partout en métropole et dans un rayon au-delà de 10 kilomètres du domicile en journée.

 

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