Faute de chauffeurs, des élèves sans ramassage scolaire surtout "près des grandes métropoles où le coût de la vie est plus élevé"

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Écrit par Vincent Diguat .

Les transporteurs ont du mal à recruter et font face à une pénurie de conducteurs d’autocars. Un mois après la rentrée scolaire, de nombreuses lignes ont été réaménagées, voire supprimées dans le département du Rhône. Une situation qui exaspère certaines familles contraintes de se réorganiser. Les sociétés de transports, elles, cherchent par tous les moyens à recruter de nouveaux chauffeurs.

Pas toujours facile de sortir ses enfants du lit le matin lorsqu’ils doivent se rendre à l’école. Petit déjeuner, lavage de dents, choix des vêtements... Il faut faire vite, le bus n’attend pas. Sauf que voilà : dans certaines communes, le bus ne passe plus ! Faute de chauffeurs, de nombreuses lignes ont été réaménagées voir complétement suspendues. Kéolis, les cars du Rhône, le Sytral et les différents prestataires qui assurent le ramassage scolaire dans le département du Rhône manquent cruellement de chauffeurs.

Une heure de retard au collège, moins de temps de sommeil

A Chaponost, il  n‘est pas rare que les élèves arrivent avec 1 heure de retard en cours au collège Françoise Dolto. Depuis la rentrée, la ligne scolaire TCL «Junior Direct»  qui assurait la liaison entre Messimy et le collège n’effectuent non plus 4 mais 2 passages aux heures de pointe. Trop peu pour que tous les élèves puissent monter à bord et arriver à destination dans les temps. Une pétition en ligne a été lancée par les parents d’élèves réclamant plus de bus.

A Grézieu-la-Varenne, dans les Monts du Lyonnais, une ligne menant à Tassin la Demi-Lune vient d’être suspendue obligeant les enfants à trouver un itinéraire bis impliquant plusieurs changements. Le temps de trajet des collégiens est rallongé et leur temps de sommeil s’en trouve largement réduit. L’opérateur Kéolis évoque le manque de personnel pour justifier la suspension de cette ligne.

Des salaires pas adaptés aux grandes métropoles

Les Autocars Planche dont le siège est basé à Arnas couvrent trois départements (La Loire, l’Ain et le Rhône). Comme tous les autres prestataires, ils ont dû s’adapter pour satisfaire les familles en cette rentrée 2022. Dans le département du Rhône, il manque à la société une quarantaine de chauffeurs. Des circuits ont été redéfinis en regroupant des lignes. Pour Marc Lambilliotte, directeur  des Autocars Planche, cette pénurie s’est amplifiée avec la crise sanitaire :

«Le Covid est passé par là et comme dans d’autres secteurs et on connait une pénurie. Il y a des gens qui ont eu envie de se réorienter. On constate aussi que ce manque de chauffeurs est plus prégnant sur les sites proches des grandes métropoles là où le coût de la vie est plus élevé et où les salaires y sont moins en adéquation. Il y a une convention collective, les salaires sont légèrement au-dessus du smic».

L’entreprise multiplie les communications sur les réseaux pour tenter de séduire de nouveaux profils, des banderoles sont installées devant l’entreprise et un système de cooptation a été instauré en interne : si un conducteur trouve un candidat (formé ou  non) une prime de 500 euros lui est versée. Une journée portes ouvertes en partenariat notamment avec Pôle Emploi sera organisée sur le site de l’entreprise mardi 11 octobre.

Le transporteur propose de former les chauffeurs et de payer le permis D à ses futurs salariés .

De son côté, le SYTRAL, autorité organisatrice des mobilités assure que des opérations de recrutement sont régulièrement déployées et s'efforce de proposer aux usagers des solutions alternatives avec du report sur d'autres lignes lorsque cela est possible.

La situation dans le Rhône :

  • Pour le réseau TCL, 309 conducteurs manquants, soit une offre réduite de 8%
  • Pour le réseau des Cars du Rhône : environ 50 conducteurs manquants, soit une offre réduite de 2%
  • Pour le réseau Libellule : 2 conducteurs manquants, soit une offre réduite de 0.5 % (avec report possible sur d’autres lignes)
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