"La voie royale". Une production 100 % régionale qui raconte la pression en classe prépa sort au cinéma

La douloureuse lutte contre la pression en classe préparatoire. C'est l'histoire de Sophie Vasseur, étudiante brillante qui quitte sa campagne rhodanienne pour poursuivre son rêve d'intégrer Polytechnique. Le film, tourné dans la région lyonnaise, réalisé par Frédéric Mermoud sort aujourd'hui au cinéma.

Sophie Vasseur est une étudiante brillante et ambitieuse qui rêve d'intégrer Polytechnique. Pour ce faire, la jeune femme quitte la ferme de ses parents à Thizy-Les-Bourgs et entame une formation en classe préparatoire scientifique à Lyon. 

Un rythme de travail intense, quasi-militaire, des attentes de résultats, la jeune femme a du mal à gérer la pression. Mais elle s'accroche. Cette histoire, c'est celle de milliers d'étudiants chaque année. Et aujourd'hui, elle se retrouve sur grand écran avec la sortie du film "La voie royale"

Une histoire d'ascension sociale 

"Ça représente ces femmes qui viennent de banlieue ou de périphérie et qui vont se mettre à rêver", explique Suzanne Jouannet, qui interprète le rôle de Sophie Vasseur et se reconnaît dans le personnage.

"La question de 'pourquoi on aime quelque chose', même s'il y a des milliards de thèmes dans le film, moi ça me parle. Et puis les questions de 'pourquoi on fait ça ?', le manque de confiance, la légitimité dans le milieu... mais ça finalement, c'est Monsieur tout le monde", ajoute la jeune femme. 

"Je les comprends mieux maintenant"

Un rôle finalement de jeune fille ordinaire, mais qu'il a tout de même fallu bien préparer. Comment on entre en classe préparatoire ? Comment se déroulent les cours ? Autant de questions auxquelles il a fallu trouver des réponses en amont.

"Je me suis documentée le plus possible sur toutes les possibilités qui existent sur Internet. Et il y avait une jeune fille qui venait de rentrer à Polytechnique que Frédéric m'a fait rencontrer. J'ai pu lui poser des questions, même sur des petits détails. Par exemple, comment vous décorez votre chambre en classe prépa ?"

Suzanne Jouannet

Actrice qui joue le rôle de Sophie Vasseur

La jeune femme a également dû se renseigner sur l'aspect agricole du film. Et puis, il y a les mathématiques ! "Je ne comprenais rien, j'avais vraiment un niveau 0 en maths. Et maintenant, je peux même ressortir des formules et j'en suis très fière, alors je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je suis très contente", explique, en rigolant, la jeune femme qui a dû prendre des cours de mathématiques avec un professeur qui sortait de Polytechnique.

"Ce film m'a apporté l'amour des maths sans les comprendre et aussi de la physique-chimie. C’est une poésie à elle toute seule qui peut expliquer des choses fascinantes. Et je suis fascinée par la fascination [ndlr : des étudiants] pour ça. Je les comprends mieux maintenant".

Une production 100 % Made in Auvergne Rhône-Alpes  

Et dans ce film, le choix du lieu n'est pas laissé au hasard. "Souvent, les classes préparatoires aux concours des grandes écoles sont des bâtiments qui ont une architecture assez majestueuse, assez solennelle. Ce sont souvent les lycées impériaux", affirme Frédéric Mermoud, le réalisateur, avant d'ajouter :

"Je voulais qu'on retrouve un peu cette sorte d'architecture assez imposante qui est la limite du grandiloquent, qui représente pour chaque étudiant qui fréquente l'établissement quelque chose d'un peu 'bigger than Life', comme on dit."

Frédéric Mermoud

Réalisateur de "La voie royale"

Les Lycées de Saint-Just et de La Martinière, regroupés sous le nom de Lycée Descartes dans le film, se prêtaient parfaitement à l'exercice. Et pour le Suisse, pas question "que Sophie fasse une classe préparatoire en région parisienne".

"Je ne voulais pas que ça soit un enjeu du film. Ce qui est important pour moi, c'est que cette jeune fille soit amenée à être dans une grande ville comme Lyon", explique le réalisateur, qui a tourné la totalité du film dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. L'organisme régional a financé l'œuvre à hauteur de 200 000 euros. La ville de Lyon arrive à placer chaque année de nombreux étudiants dans les grandes écoles d'ingénieures grâce à la formation au lycée du Parc.