Le vélo, une filière qui explose dans laquelle la Région Auvergne Rhône Alpes peut s'investir

Depuis le début de la crise sanitaire, l’utilisation du vélo a connu un essor sans précédent. Sa filière économique est pourvoyeuse de nombreux intérêts locaux et la Région dispose de nombreuses compétences permettant son développement.

© Radio France/Maxppp

Si seuls EELV, le PS et LERM ont, pour le moment, répondu aux sollicitations du Collectif Vélo-Auvergne-Rhône-Alpes, Nicolas Frasie, son porte-parole, se montre satisfait. « On est la région avec le plus de listes investis sur la question » explique-t-il.

Lui connait toutes les pistes dont les politiques pourraient s’investir pour placer le vélo au cœur de leur campagne électorale. Son association a fourni aux candidats une liste de propositions pour accroitre son importance dans la région. Mais, si le vélo est loin d’être le sujet de toutes les conversations durant la campagne, il dispose de nombreux atouts pour devenir un sujet de poids.

Explosion de son utilisation depuis la crise sanitaire, tissu industriel et savoir-faire encore présents sur le territoire, les portes d’entrée ne manquent pas pour évoquer le sujet. Depuis 2018 en 2020, le nombre de déplacements en vélo sur la Métropole de Lyon est passé, par exemple, de 25 à 30 millions.

Un chiffre qui s’explique certes par la crise sanitaire et l’intérêt soudain que porte la population à ce type de transport, mais qui est aussi en constante progression depuis plusieurs années. « Avant, c’était un secteur de niche, c’est dorénavant une véritable filière de consommation » affirme Anne-Sophie Caistiker, co-fondatrice du Cluster MAD, une association regroupant de nombreux acteurs du secteur des mobilités durables.

Une filière économique prometteuse

Selon elle, si du chemin a été parcouru et « aurait pu être fait avant », il reste encore deux axes sur laquelle la région peut s’investir : la ré-industrialisation de la filière en France et la formation à des métiers qualifiés de mobilités douces.

 « Beaucoup de nos pièces détachés viennent encore de l’étranger alors qu’elles pourraient être produites en France », explique-t-elle. Pourtant, la région « a su maintenir un tissu industriel conséquent et on dispose encore de nombreux savoir-faire » poursuit-elle. Chose qui se vérifie, dans son panorama sur la filière industrielle du vélo en AURA, la région met en avant sa première place en termes d’emploi dans le secteur de la production, grâce notamment à de puissants acteurs, comme  par exemple la marque Mavic en Haute-Savoie.

Mais la production n’est pas le seul axe de réflexion. « Avec le boom du vélo, les secteurs de services autours de lui se développe et certains nouveaux métiers manquent de formation, dont la région à la compétence » avance Anne-Sophie Caistiker. « Typiquement, savoir reconditionner un vélo électrique est une compétence que l’on ne peut apprendre dans aucune formation. », poursuit-elle.

La Région très compétente sur le sujet

Au-delà de la filière économique, la Région dispose également de nombreux levier pour favoriser la pratique du vélo, sous toutes ces formes. « Cela va des mobilités en pourvoyant les gares et les trains TER d’équipement dédiés, en passant par l’incitation en installant des ateliers de d’autoréparation dans les lycées, ou encore le tourisme en continuant de développer la Via Roma » s’exclame Nicolas Frasie.

Des idées parmi d’autres dont la Région pourrait s’investir, d’autant plus « qu’il y a des attentes, il suffit d’aller voir le @Monvélodansletrain sur Twitter pour s’en rendre compte » ajoute-t-il. « Le système vélo nécessite des infrastructures importante et aujourd’hui elles ne sont pas forcément là ou adaptés ».

A cela s’ajoute le fait que la Région ait récemment obtenue une compétence supplémentaire. Partout où les communautés de commune ne s’empare pas de leurs compétences de voirie, la Région prend dorénavant le pouvoir, et donc le pouvoir sur le développement, ou non, d’infrastructures cyclistes.

Les possibilités sont donc très nombreuses pour la Région de s’investir de la question vélo. Mais si le Collectif vélo-Auvergne-Rhône-Alpes et les Cluster MAD n’ont reçu respectivement que trois et une réponse des sept listes en course à leur proposition, « c’est aussi probablement car nous sommes encore en début de campagne » avance Nicolas Frasie. Mais pour lui comme pour Anne-Sophie Caistiker, pas d'inquiétude : le sujet touche également les franches de la population, « il n’est plus partisan comme à une époque ».

Verdict le 27 juin pour savoir si le vélo aura fait campagne.

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