Lyon : 10 ans de réclusion pour l'auteur d'une agression à l'acide sur sa conjointe

Nadia hier au procès. Elle a été brûlée au troisième degré sur 30 % du corps et a dû être plongée dans un coma artificiel. Elle a subi huit opérations chirurgicales / © France 3 Rhône-Alpes
Nadia hier au procès. Elle a été brûlée au troisième degré sur 30 % du corps et a dû être plongée dans un coma artificiel. Elle a subi huit opérations chirurgicales / © France 3 Rhône-Alpes

Pour avoir aspergé sa compagne à l'acide sulfurique, Grégory Alga, 36 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi à jeudi à Lyon, par la cour d'assises du Rhône, à dix ans de réclusion criminelle. La victime avait dû subir 8 interventions chirurgicales. Elle a également perdu l'acuité visuelle.

Par D.P. avec AFP

Grégory Alga, 36 ans, a été condamné dans la nuit de mercredi 23 à jeudi 24 octobre par la cour d'assises du Rhône à dix ans de réclusion criminelle, pour avoir frappé et aspergé d'acide sulfurique son ex-conjointe en août 2016.  "Vous avez absolument besoin d'un suivi, pour le moins de risque possible de réitération des faits", a souligné la présidente de la cour d'assises, qui a prononcé une peine complémentaire de 5 ans de suivi socio-judiciaire.     
Plus tôt dans la soirée, une peine de 18 ans de réclusion criminelle avait été requise à l'encontre de cet homme de 36 ans, présentant selon l'avocate générale Dorine Breysse, "une vraie dangerosité". La magistrate avait rappelé que l'accusé était en état de récidive, ayant déjà été condamné pour violences conjugales en 2013.
 

Les brûlures ont entraîné une infirmité permanente

L'avocate générale avait également longuement décortiqué les faits qui se sont produits le 18 août 2016 à Villeurbanne (Rhône), pour contester formellement la thèse de l'automutilation, avancée par l'accusé. Durant les débats, le trentenaire avait reconnu l'avoir frappée d'une gifle et d'un coup de poing, mais avait nié catégoriquement l'avoir aspergée d'acide. Il soutenait que c'est elle-même qui se serait mutilée pour lui nuire et toucher des dommages et intérêts.

Brûlée 30% de la surface du corps, la victime avait été aspergée à trois reprises, selon un médecin légiste. Elle avait été touchée au crâne, à la poitrine et au pubis. "Des endroits tellement symboliques, qui disent cette volonté d'anéantir, d'avilir", a relevé Me Alexandre Plantevin, avocat de la partie civile. "L'infirmité permanente, irréversible, c'est ce qui fait la gravité de ce dossier", a ajouté Dorine Breysse.

La victime, âgée de 46 ans, a subi huit interventions chirurgicales et a perdu une partie de ses capacités visuelles. Elle a assuré que pendant l'agression, il lui affirmait qu'ainsi elle ne "referait plus sa vie". 
 

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