À l'occasion de l'anniversaire de la mort d'Édouard Herriot, l'homme qui a fait Lyon, est toujours présent

Ce mardi 26 mars marque la date anniversaire de la mort d'Édouard Herriot. Ancien président du Conseil pendant la 3ᵉ république et maire de Lyon durant plus de cinquante ans, l'homme est toujours présent dans la ville.

Tous les ans, à la même date, ils viennent fleurir sa tombe au cimetière de Loyasse à Lyon. Tous les ans, ils commémorent sa mort, un 26 mars 1957. Et tous les ans, ils sont de moins en moins nombreux. Eux, ce sont les nostalgiques, les proches, les anciens du cercle. Eux, ce sont les radicaux. Des représentants du parti Radical.

Soixante-sept ans après

Ils n'étaient qu'une vingtaine en ce 26 mars 2024, soixante-sept ans après la mort d'Édouard Herriot, à venir se recueillir sur sa sépulture.

Dépôt de gerbe, discours, recueillement. Une cérémonie simple, mais la déception se lisait sur les visages.

Le passé du cercle, c'était de grandes manifestations qui défendaient les valeurs d'Édouard Herriot. Des gens comme Badinter ou Mitterrand venaient faire des conférences qui rassemblaient 200 à 300 personnes. On regrette ce temps, mais que peut-on faire ?

Eric Pommet, ex-président du cercle Edouard Herriot

Un mandat de plus de cinquante ans

Pourtant, l'homme aura marqué Lyon, comme personne. Né en 1872 à Troyes (dans l'Aube), il arrive auréolé d'un titre de professeur. Il enseigne au lycée du Parc qui portera son nom à sa mort en 1957. Humaniste, laïc convaincu, il devient maire de la ville de Lyon en 1905. Il ne quittera pas ce mandat pendant plus de cinquante ans. Un mandat interrompu le temps de la Seconde Guerre mondiale. Sa "neutralité", à cette période, lui vaudra bien des remarques.

Herriot et Lyon

Rien n'arrête cet homme politique. De maire de Lyon, il deviendra Sénateur, député, président du conseil et même académicien.

Hygiéniste, précurseur, il demandera à l'architecte Tony Garnier la réalisation de bâtiments qui doivent conjuguer confort, modernisme et innovation. Un hôpital, une cité logement, une halle aux bestiaux…

Ses réalisations avec Tony Garnier

En 1933, un hôpital est inauguré. Il a imaginé, au cœur de la ville, une "cité-jardin pour les malades". L'hôpital, l'une des références en médecine, porte désormais son nom.

Convaincu que l'éducation mène à tout, ce fervent de l'école gratuite construira une cinquantaine d'écoles. Il achèvera la construction du lycée du Parc. "Le nouveau lycée est mon œuvre ; j’y tiens plus que personne" dira-t-il. 

Un quartier entier est dédié au bien-être des ouvriers. Dans les années 1930, il confie la réalisation de logements. Un habitat populaire aux portes de Lyon. Les appartements doivent être dotés de salle de bains et de WC indépendants. Plus de 1500 logements sont ainsi réalisés dans le quartier des États-Unis. 

C'est toujours à Tony Garnier qu'il demandera la réalisation d'un marché aux bestiaux, dans le quartier de Gerland. La halle aux bestiaux sera officiellement ouverte en 1928. C'est aujourd'hui une scène musicale incontournable. 

Une rose porte son nom

Qui sait encore qu'il a développé le réseau d'eau potable. Qui sait encore qu'une rose porte son nom. Elle se nomme "Madame Edouard Herriot".

Sa sépulture fait face, au cimetière de Loyasse , situé dans le 5ème arrondissement de Lyon, à celle de Gérard Collomb. Ancien maire de Lyon, lui aussi. Ancien ministre, lui aussi. Décédé en 2023.