A Lyon, les assistantes maternelles ont le blues

Elles alertent sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées avec une baisse du nombre d’enfants et l’augmentation des structures d’accueil de petite enfance dans la métropole lyonnaise.

Un gros coup de mou pour les nounous. Dans la métropole, selon les chiffres de l’association Camalyon (qui regroupe quelque 600 assistantes du 3e arrondissement de Lyon), une assistante maternelle sur dix aurait décidé de jeter la turbulette. 

En cause : le nombre de plus en plus conséquent de berceaux dans les crèches lyonnaises, tous statuts confondus, depuis la fin de l’ère Collomb et beaucoup depuis l’arrivée des élus écologistes à la ville de Lyon et à la tête de la Métropole. Assistante maternelle depuis plus de vingt ans, Corinne Krausse, qui préside l’association, assiste à ce qu’elle appelle une hécatombe. « Beaucoup de femmes arrivent à l’âge de la retraite. Et il n’y a pas de relais », constate-t-elle.

En parallèle, la montée en puissance du nombre de structures d’accueil exerce une concurrence alors que le nombre d’enfants en âge de fréquenter assistantes maternelles et crèches stagne depuis plusieurs années. « Les micro-crèches surtout ont poussé comme des champignons », assure-t-on chez Camalyon. Au point que  certaines commenceraient à fermer, faute de combattants.

18 000 assistantes maternelles dans la métropole

La pénurie d’enfants en bas âge serait tangible dans l’agglomération lyonnaise. Le nombre moyen d’enfants par assistante baisse d’une manière générale, une chute accélérée par le Covid. La présidente de l’association rapporte que des parents auraient été poussés à abandonner les services de leur assistante maternelle : « Certains parents qui étaient sur liste d’attente pour une place en crèche ont été rappelés par les services de la métropole pour s’en voir attribuer une, parfois de manière insistante, alors même que leur enfant était entre les mains d’une assistante maternelle. » Une façon de procéder particulièrement condamnable aux yeux des assistantes alors que de plus en plus d’entre elles sont désormais diplômées d’un CAP « Accompagnant éducatif petite enfance » (via une Validation des acquis de l’expérience ou par le biais de la validation des modules au cours des 5 premières années de l’agrément fourni par la collectivité, la métropole ou le département). 

Les assistantes le bec dans l’eau

Au-delà des chiffres, un nombre d’enfants en bas âge qui demeure autour de 35 000, la concurrence qui s’exerce sur les assistantes leur pose de grosses difficultés. « Beaucoup d’entre nous n’ont plus assez d’activité pour pouvoir continuer à gagner notre vie et voir l’avenir avec sérénité. Il y a trop d’incertitude, d’autant que la grande majorité de ces assistantes sont des mamans qui élèvent seules leurs enfants, parfois même sans revenu de la part d’un ancien conjoint. »

Pourtant, il fût un temps où elles gagnaient plutôt bien leur vie. Selon l’agrément fourni par l’administration départementale (où plus spécifiquement à Lyon par la Métropole dont la petite enfance est aussi une compétence), les assistantes maternelles peuvent prendre en charge jusqu’à quatre enfants simultanément selon leurs âges.

Aujourd’hui, les nounous se sentent abandonnées par la collectivité. Elles ajoutent que les systèmes collectifs ne correspondent pas à tous les enfants et pas à tous les moments du bas âge. « Certains enfants demandent plus d’attention et certains parents préfèrent que leur enfant ait un lien privilégié avec une personnes adulte. »

Et de rappeler que si les prix sont plus élevés chez les assistantes maternelles, c’est parce que le système collectif et le mode individuel ne sont pas comparables. Les services non plus (plus fortes amplitudes horaires  possibles chez les assistantes). La Caisse d’allocations familiales et les CCAS octroient des aides lorsque les enfants sont accueillis dans des structures de petite enfance.

 

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