Agressé en 2016, Marin évoque pour la première fois son acte citoyen : "Ce n’était pas du courage mais de l’indignation"

Personne n'a oublié Marin, agressé à Lyon en 2016 pour avoir défendu un couple qui s'embrassait dans la rue. Dans une vidéo destinée à une campagne de sensibilisation contre les violences, il revient pour la première fois sur l'agression qui a fait basculer sa vie et celle de ses proches.

Marin, agressé à Lyon, près de la gare Part-Dieu, le 11 novembre 2016 (archives)
Marin, agressé à Lyon, près de la gare Part-Dieu, le 11 novembre 2016 (archives) © France tv

"Quand j’ai vu cette femme avoir peur à l’arrêt de bus, je me suis dit que ça pourrait être ma mère, ma sœur, ma copine et pour ça, j’ai voulu intervenir", explique Marin dans une courte vidéo publiée ce dimanche 11 avril 2021 sur les réseaux sociaux.  La vidéo vient conclure une campagne lancée en janvier 2021 par l'association "La Tête haute, je soutiens Marin", association créée par Audrey Sauvajon, mère de Marin, pour toutes les victimes cérébro-lésées. La campagne vise ainsi à promouvoir le civisme et la citoyenneté dans les lieux publics. Son slogan : "Oser dire non face à la violence pour garder #LATÊTEHAUTE". 

"C'est la première fois que Marin parle de son agression. Il a tenu à faire cette vidéo," explique Audrey Sauvajon. "Il ne parle pas de son agresseur mais surtout de ce que LUI a fait," précise-t-elle.

Pour Marin, son acte n'était pas du courage mais "simplement de l'indignation" comme il l'explique sobrement dans la vidéoPlus largement, son témoignage permet de promouvoir les valeurs de "citoyenneté". "La citoyenneté, c'est l'entraide, l'altruisme, penser à l'autre", explique le jeune homme face à la caméra. "Etre citoyen, c'est être libre", poursuit Marin. Une liberté à défendre qui est l'affaire de tous : "C’est en s’entraidant que tous ces drames quotidiens pourraient être évités. En sollicitant des gens, en levant les yeux de son téléphone". "Ensemble, chassons la peur de nos rues et gardons la tête haute!" conclut Marin dans cette vidéo. 

 

Des vidéos pour interpeller les citoyens

Ce témoignage lui a demandé beaucoup de travail de préparation. Le jeune homme garde des séquelles importantes, quatre ans et demi après son agression. Son témoignage a également une très forte valeur symbolique dans cette campagne de sensibilisation contre les violences. Marin n'a pas hésité: "Je veux m'exprimer, c'est important pour moi, nous a dit Marin," a indiqué Audrey Sauvajon.

L'Acting Studio de Lyon a participé à la campagne pour ces courtes "capsules" vidéo sur des thèmes autour du handicap, des femmes, des réseaux sociaux, du harcèlement scolaire... Deux personnalités, l'ancien rugbyman Frédéric Michalak et le cuisinier lyonnais Grégory Cuilleron, ont également participé à cette première campagne de sensibilisation lancée par l'association La Tête Haute. 

Aujourd'hui, la crise sanitaire et la Covid ont mis à mal les activités de l'association telles les interventions en milieu scolaire. "Ces interventions sont capitales pour sensibiliser les jeunes au civisme et au courage," résume Audrey Sauvajon. Les événements qui permettaient à l'association de vivre et de récolter des fonds sont également à l'arrêt en raison du contexte sanitaire. Ces vidéos permettent ainsi d'interpeller les citoyens.

 

Un geste héroïque 

La vidéo de Marin a fait le buzz. Elle a été vue et partagée par plusieurs milliers de personnes en quelques heures. Elle a également suscité des centaines de commentaires d'encouragement.  Il faut rappeler que l’histoire de Marin avait ému la France entière. En novembre 2016, l'étudiant avait été frappé à coups de béquille pour avoir défendu un couple qui s'embrassait dans la rue. Marin, 20 ans, avait été gravement blessé par son agresseur, puis plongé dans le coma. Depuis ce jour, il se bat pour retrouver ses capacités. Une page Facebook intitulée "Je soutiens Marin" avait vu le jour peu après l’agression. En mars 2019, le jeune homme, brillant étudiant en Droit et Sciences Politiques avait également reçu la légion d'honneur des mains du Président de la République Emmanuel Macron. Enfin, un prix portant son nom existe et vient récompenser les actes d'engagement citoyen.

L'agresseur de Marin a été condamné à une peine de prison ferme de 7 ans et demi de prison. 

 

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