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Vidéosurveillance: les pompiers vont pouvoir porter des caméras lors de leurs interventions

Manifestation des pompiers du Rhône à Lyon le mardi 27 novembre 2018 suite à des agressions pendant des interventions / © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP
Manifestation des pompiers du Rhône à Lyon le mardi 27 novembre 2018 suite à des agressions pendant des interventions / © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP

Un décret paru au journal officiel ce vendredi 19 juillet autorise l'expérimentation de l'usage de caméras individuelles par les sapeurs-pompiers dans le cadre de leurs interventions. Il répond à de multiples agressions contre les hommes du feu, en particulier à Lyon.

Par Arnaud Jacques

Dans un décret paru ce vendredi 19 juillet, une expérimentation de l'usage de caméras individuelles par les sapeurs-pompiers lors de leurs interventions est lancée. Cette mesure a été prise suite à la colère des pompiers lyonnais fin 2017 après plusieurs agressions.
 

271 agressions contre les pompiers en Auvergne-Rhône-Alpes en 2017


Selon l'Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales ONDRP, sur les 271 agressions recensées en 2017 en Auvergne-Rhône-Alpes, 225 ont fait l'objet d'une plainte. Avec 114 jours d'arrêts de travail relevés et 37 véhicules endommagés, notre région se place en troisième position.
Sur le territoire national, il y a eu 2813 pompiers agressés en 2017 alors qu'ils étaient 899 en 2008. Et l'augmentation du nombre d'agression est exponentiel depuis 2012.


Une vingtaine de caméras dans le Rhône
 

Le temps de passer le bon de commande et de former ses pompiers, le SDMIS 69 (service départemental et métropolitain d'incendie et de secours du Rhône) mettra ses caméras portatives en service à partir de la mi-octobre.
Ce sont cinq casernes, issues d'un environnement urbain, qui participeront à l'expérimentation avec une vingtaine de caméras. Pour un coût total de 25000€, l'expérimentation sur le département comprend les caméras et l'hébergement sécurisé des données sur un serveur.


L'attaque d'une équipe de pompiers à Vénissieux, prise dans un guet-apens, a provoqué l'ire de la profession


Dans la nuit du 30 octobre au 1er novembre 2017, une équipe de pompier intervient à Vénissieux. Un pompier témoigne anonymement: "À notre arrivée, la rue avait été barrée par des poubelles en feu et à partir de là, on a un cocktail molotov qui est tombé devant le fourgon et après les pierres qui sont parties d'un peu de partout."
Ce guet-apens fait suite à une intervention quelques jours avant à Villeurbanne où une autre équipe a reçu des pierres. Excédés, les pompiers se mettent en grève une semaine plus tard et entament des négociations. Dans leurs revendications: pouvoir porter une caméra afin d'enregistrer les interventions.
 

Moins de guet-apens en 2019 à Lyon


Selon le colonel Bertrand Kaiser du SDMIS 69, "on a limité quasiment à zéro ces agressions de groupe, type guet-apens, depuis la mise en place d'une convention avec la police." En effet, en dehors des urgences vitales, s'il y a un doute lors d'un appel ou à l'approche d'une intervention, les pompiers attendent la police avant d'intervenir. "Nos caméras seront surtout utilisées sur les opérations de secours aux personnes, où les agressions sont les plus fréquentes", précise le colonel.

L'expérimentation court jusqu'au 5 février 2022 sur toute la France.
 
Comme les policiers, les sapeurs-pompiers pourront dorénavant s'équiper de caméras portatives pour enregistrer leurs interventions / © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI
Comme les policiers, les sapeurs-pompiers pourront dorénavant s'équiper de caméras portatives pour enregistrer leurs interventions / © PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI

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