Axelle Dorier, fauchée par une voiture : l'avocate du suspect reproche à Darmanin d'avoir parlé de "meurtre"

L'avocate du conducteur suspecté d'avoir fauché mortellement une jeune femme le week-end dernier à Lyon a dénoncé ce mercredi 22 juillet, une "récupération" politique de l'affaire et reproché au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, d'avoir parlé de "meurtre".

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"Il est regrettable que, moins de 48 heures après les faits, cette affaire ait fait l'objet d'une récupération par l'extrême droite sur les réseaux sociaux, dans le but d'alimenter un climat de haine", écrit Me Céline Cooper dans un communiqué.

"Quel niveau de barbarie faut-il atteindre pour que le peuple français dise stop à cet ensauvagement de notre société ? Combien de policiers, gendarmes, conducteurs de bus, jeune filles ou jeunes garçons massacrés faut-il ?", avait tweeté lundi 20 juillet, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, au sujet de cette affaire.

"Il est tout aussi regrettable que Gérald Darmanin lui-même se soit laissé influencer par ces contre-vérités hier (mardi) dans l'hémicycle (de l'Assemblée nationale), en qualifiant les faits de "meurtre", en méconnaissance des éléments au dossier et au mépris total de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice", poursuit l'avocate du suspect qui n'est pas poursuivi pour homicide.

"Nous espérons tous que les personnes qui sont responsables de ce meurtre soient évidemment rapidement sanctionnées et châtiées", avait déclaré mardi 21 juillet, le ministre de l'Intérieur devant les députés.

Rappel des faits

Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, Axelle Dorier, une aide-soignante de 23 ans, a été percutée mortellement et longuement traînée sur la chaussée par une voiture qui a pris la fuite.
Son conducteur, âgé de 21 ans, s'est ensuite présenté spontanément à la police et a été mis en examen lundi 20 juillet au soir, avant que Gérald Darmanin ne s'exprime à l'Assemblée nationale, des chefs "de violences volontaires ayant entraîné la mort et délit de fuite". Une autre personne de 19 ans, présente dans la voiture, a été mise en examen pour "non-assistance à personne en danger".

Selon le parquet, la police a d'abord été prévenue d'une "rixe en cours" déclenchée par "un différend entre des automobilistes et un groupe de jeunes, ces derniers reprochant aux automobilistes d'avoir percuté un chien".
Puis un autre appel informait les forces de l'ordre qu'"un automobiliste conduisant une Golf aurait sciemment renversé une jeune femme et l'aurait traînée sur plusieurs mètres".
    
"Contrairement à ce qu'on peut lire, les personnes mises en examen dans ce dossier n'ont pas écrasé de chien, ni fait du rodéo sur les lieux du drame, mais ont été violemment prises à partie par une foule de personnes présente sur les lieux", affirme Me Cooper.
    
"La suite étant le résultat d'un enchaînement d'événements tragiques sur lesquels il appartient au juge d'instruction et aux avocats de faire la lumière en toute sérénité", souligne l'avocate, déplorant que les noms des personnes mises en examen aient été "réclamés et dévoilés sur les réseaux sociaux".
    
"Plutôt que de répondre à la vindicte populaire, le ministre de l'Intérieur se devait d'assurer son rôle de garant de la paix sociale (...). Comme l'a rappelé le garde des Sceaux - La justice ne se rend pas dans la rue, ni sur les réseaux sociaux, ni dans les médias*", conclut Me Cooper.

*Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, a tenu ces propos lundi 20 juillet lors de son audition devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale.
 
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