Confidences sur confinement de Wendie Renard, footballeuse et capitaine de l’OL Féminin

Message positif d'une championne, Restez actifs, restez chez vous. #MondayMotivation / © Wendie_renard - @instragram
Message positif d'une championne, Restez actifs, restez chez vous. #MondayMotivation / © Wendie_renard - @instragram

D’habitude, nous nous croisons au bord du terrain ou dans la zone mixte d’après-match pour faire le point. Avec le coronavirus, depuis le 18 mars 2020, la footballeuse Wendie Renard est à la maison, comme toutes les joueuses et tous les joueurs de l'Olympique Lyonnais. Entretien confiné.

Par Aude Henry

Comme pour toutes les équipes professionnelles de l'Olympique Lyonnais, Wendie Renard est au chômage partiel depuis le 18 mars et ce, jusqu'à nouvel ordre. La capitaine des féminines lyonnaises, tour de contrôle en défense de l'équipe de France, est confinée chez elle. Comme tout le monde.

Mais comment garder la forme d'une sportive de haut niveau dans une telle situation ?

Wendie Renard : J’essaye de garder une organisation dans ma journée. Le préparateur physique de l’équipe nous a donné un programme. Que je fractionne en deux. Gainage, renforcement et ballon le matin. Travail physique l’après-midi : soit du vélo que je peux faire chez moi, soit de la course, mais c'est rare et dans ce cas-là je remplis mon autorisation de déplacement et je sors une heure.
Physiquement, ça nous change. Certes, on fait des séances, on essaye de perdre des calories, de transpirer, de garder le rythme, mais ce n’est pas la même chose que lorsque nous sommes sur le terrain. C’est pour ça qu’il faut garder une alimentation saine, ne pas trop grignoter. Moi je suis contente de ce que le préparateur physique nous a proposé parce que, malgré le confinement, j'arrive à me défouler.
Après ce sont les gestes du quotidien, manger, faire le ménage, etc. S’occuper comme on peut. Je regarde des séries, et je suis des cours d'anglais.

 
Exercices sportifs de Wendie Renard pendant le confinement


Perdre des titres plutôt que la santé

Le dernier match disputé par les filles de l'Olympique Lyonnais remonte au 23 février dernier. Depuis tout s'est arrêté : le championnat, la coupe de France, la Ligue des Champions féminine.

W.R : Les grandes compétitions comme les JO, ou l'Euro de football ont déjà été décalées. Le championnat ? On ne sait pas, on n’est pas sûr de reprendre. En mai-juin à huit clos pour finir la saison en juillet-aout ? Ce sera en fonction de l’épidémie.
Et s'il n'y avait plus d'occasion de soulever un trophée cette saison ?
Franchement, je n’y ai pas pensé une seconde.  Le foot, c’est ma passion, j’aime ça et aujourd'hui ça me manque de ne pas jouer . Pour nous les sportifs, ce sera peut-être une année blanche. Peut-être qu’on reprendra de là où on s'est arrêté. Alors, on fera le job et on s’adaptera du mieux possible. Mais quand tu vois que la Chine a mis 4 mois pour s’en sortir... Je préfère perdre des titres que ma santé.
 

Garder l’esprit collectif  tout en étant confinée

W.R : On reste en contact avec les joueuses sur WhatsApp. On se lance des challenges. Et il y a beaucoup d’échanges dans le groupe du préparateur physique. J'ai presque l’impression d’être au club. En même temps, c’est bizarre.
La situation fait réfléchir. Personne n'est intouchable. Nous sommes tous égaux devant ce virus. Et la santé ne s'achète pas. Le plus important c’est de prendre soin de nous, de faire attention, de rester à la maison, de cuisiner sans sel s'il n'y en a plus, de regrouper les motifs de sortie, de protéger les gens qu’on aime en respectant le confinement. Là, y a eu plus de 800 morts en l’espace de 24h en Espagne. Comme on dit, les gens ils partent comme des petits pains. C’est fou, et moi, ça me fait mal au coeur.  J'ai vu à la télé les camions militaires qui emmenaient les cercueils en Italie. Les proches qui ne peuvent pas voir un malade à l'hôpital. Echanger un dernier mot, avant le dernier souffle. Ni assister aux enterrements. C'est cruel.

 

Les nouvelles de la famille

W.R. : Dieu merci, ma famille n’est pas touchée. J’ai eu ma grande soeur qui a eu des symptômes mais c’est vite parti. Après j’ai un oncle qui en a eu un peu aussi, mais ça va. C’est vrai qu’au début, tout le monde se disait que ce n’était rien, comme une grippe, et prenait ça à la légère. Et après, tu vois le nombre de morts, et tu te rends compte que tu ne sais rien de ce coronavirus.  Que tout le monde est concerné.
Ma mère, elle a 64 ans. C’est une tranche d’âge vulnérable. Elle vit seule en Martinique. Mais elle ne sort pas de chez elle. Elle ne reçoit personne et tous les jours elle désinfecte. C’est une accro ! Je lui ai dit « mais le virus, il ne va pas arriver comme cela dans l’air ». Quand bien même, elle désinfecte, même en dehors ! Elle a compris que c’était dangereux, qu’il faut prendre ça au sérieux et que surtout, il faut respecter le confinement.
 

L'après confinement ?

W.R : Le confinement, oui, il est dur parce que tu te rends compte que la liberté c’est magnifique. Après je suis quelqu’un de casanière. Quand il y avait les entrainements et que je n’avais pas de rendez-vous, je restais chez moi. Donc ça ne me change pas plus que cela.
Maintenant, j’espère que cette période ramènera encore plus de paix et d’amour sur cette terre. Qu’on arrivera plus à apprécier les choses au lieu de critiquer tout le temps.
Tu y crois au changement ?
Je l’espère.  C’est l’occasion de se remettre en question. Tu réfléchis à ta vie, tu te poses des questions. Tu regardes les infos, et tu te rends compte que tu as de la chance. D’être encore vivante, d’appeler ta mère, d'échanger avec tes soeurs, tes cousins, tes potes.

L'ancienne gardienne de l'OL, Pauline Peyraud-Magnin, a contracté le Covid-19

La Lyonnaise de 28 ans, joueuse d'Arsenal depuis 2018, a raconté sa "frayeur" face aux symptômes du coronavirus qui l'ont affaiblie, dans
un entretien diffusé lundi 30 mars par son ancienne équipière et ancienne internationale, Elodie Thomis.
"Je me suis fait quand même une frayeur. Tous les médecins que j'ai eus m'ont dit que j'avais contracté le Covid-19", explique la gardienne n°2 de l'équipe de France. Pauline Peyraud-Magnin raconte avoir "eu énormément de symptômes rattachés à ce virus : fièvre, froid polaire, mal de tête constant, gêne respiratoire, immense fatigue et perte du goût et de l'odorat. J'ai coché pas mal de cases".
La footballeuse dit espérer "qu'il y aura un avant et surtout un après pour que ce soit positif pour nous tous" et adresse "un immense bravo, merci, merci, à tout
le corps médical, aux services d'urgence, d'assistance
".

AFP - 30 mars 2020

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