Coronavirus : 36 malades en Auvergne-Rhône-Alpes, les masques arrivent

Depuis le début de l'épidémie de Coronavirus en Chine, les pharmacies lyonnaises sont en rupture de stock de masques FFP2, réputés les plus protecteurs contre le virus COVID-19. Et cette pharmacienne du cours Lafayette d'expliquer : "dès les premiers jours de l'épidémie en Chine, des familles chinoises venaient nous en acheter pour les expédier chez leurs parents, au pays." / © C.Conxicoeur FTV
Depuis le début de l'épidémie de Coronavirus en Chine, les pharmacies lyonnaises sont en rupture de stock de masques FFP2, réputés les plus protecteurs contre le virus COVID-19. Et cette pharmacienne du cours Lafayette d'expliquer : "dès les premiers jours de l'épidémie en Chine, des familles chinoises venaient nous en acheter pour les expédier chez leurs parents, au pays." / © C.Conxicoeur FTV

Alors que 36 personnes sont actuellement atteintes du virus COVID-19 dans notre région, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Auvergne-Rhône-Alpes a annoncé la mise à disposition prochaine de masques chirurgicaux (FFP1) mais à destination exclusive des personnels de santé libéraux exposés.

Par Christian Conxicoeur

Dans son point de situation du 3 mars, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Auvergne-Rhône-Alpes a dénombré 36 cas de personnes atteintes par le virus COVID-19 : 29 en Haute-Savoie, 4 dans le Rhône et 3 dans l'Ain.

Elle a surtout annoncé l'arrivée imminente en pharmacie de masques chirurgicaux de type FFP1, mais uniquement à destination des professionnels de santé libéraux (médecins généralistes et spécialistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, sage-femme, dentistes).
 

Des masques réservés aux professionnels de santé libéraux

D'après nos informations, les grossistes répartiteurs du Rhône et des départements limitrophes, chargés d'approvisionner les officines, devraient livrer à partir de mercredi 4 mars des kits composés de 10 boites de 50 masques. Mais ces masques ne pourront être délivrés qu'aux professionnels de santé porteurs d'une carte RPPS, c'est-à-dire une carte professionnelle.

Pas question donc pour le grand public de se ruer dans les pharmacies de quartier, personne -mis à part les libéraux dûment listés- ne pourra s'en procurer.
 

Plus de FFP2 nulle part, sauf dans les hôpitaux

Côté médecin, la nouvelle est diversement appréciée. Il faut dire que le masque "chirurgical" ou FFP1 est moins filtrant (80% de particules) , moins protecteur que son grand frère FFP2 (94 %). Mais celui-ci est réservé aux personnels hospitaliers, car en rupture de stock en France et dans de nombreux pays.

Signe des temps, de la peur ambiante, la rumeur a couru -même chez les médecins généralistes, on a pu le vérifier- qu'il faudrait mettre deux masques l'un sur l'autre pour se protéger face à une personne contaminée.

 

Patient malade et médecin doivent porter chacun leur masque

Enorme quiproquo ! Contacté par nos services, Bruno Lina -professeur de virologie au CHU de Lyon et au Centre international de recherches en infectiologie- expliquait qu'en fait, en cas de suspicion de contamination d'un patient dans un cabinet de médecine libérale, le patient et le généraliste devraient porter chacun un masque chirurgical.

De ce point de vue, il y a ceux qui se veulent rassurants, à l'image du Dr Florence Lapica, délégué régional du syndicat de médecins MG France. 

Il ne faut pas céder à la panique, ce qui sera le plus important c'est de se protéger au maximum : de bien se laver les mains, de mettre un voire deux masques, si on a des patients qui ont de la fièvre, ce sera mieux que rien.

Et de regretter, tout de même, le retard dans les mises à disposition de masques et l'absence de kits de détection du virus directement dans les cabinets médicaux.
 

Quid des porteurs asymptomatiques ?

Et puis, il y a les plus virulents, comme le syndicat UFML (Union française pour une médecine libre) qui dénoncent le fait d'être privés de masques FFP2, les plus performants, faute d'anticipation et qui rient jaune quand l'ARS explique que les masques chirurgicaux devront être utilisés en cas de patients malades. Voir le post facebook de Jérôme Marty, président de l'UFML en date du 2 mars 2020.


 

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