Coronavirus : le confinement révèle les effets du tourisme dans un Vieux-Lyon désert

Dans le Vieux-Lyon, le confinement met en évidence la désertification de quartiers devenus essentiellement touristiques. L'association la renaissance du Vieux-Lyon appelle à redonner une place à une vie de quartier après cette période. 

"Des immeubles entiers sont dépeuplés, et les locations touristiques sont privées de leurs clients", constate l'association Renaissance du Vieux-Lyon.
"Des immeubles entiers sont dépeuplés, et les locations touristiques sont privées de leurs clients", constate l'association Renaissance du Vieux-Lyon. © Joël Philippon / Maxppp
En ces temps confinés, le Vieux-Lyon est désert. Dans un quartier où les locations touristiques sont devenues la norme, certains immeubles sont totalement vides. L'association la renaissance du Vieux-Lyon appelle les autorités à tirer les enseignements révélés par la crise sanitaire, et à limiter les effets néfastes de l'activité touristique sur le quartier après la période de confinement.

 

Le Vieux-Lyon désert

Depuis le début du confinement, avec l'arrêt total du tourisme et le retour des étudiants dans leur région d'origine, le Vieux-Lyon est désert. "Des immeubles entiers sont dépeuplés, et les locations touristiques sont privées de leurs clients", constate l'association dans un communiqué. "Du fait de la mono-activité ”tourisme et loisirs”, des portions entières du secteur sauvegardé n’ont plus aucune vie en rez-de-chaussée."  Le vieux-Lyon est en effet l'une des zones les plus touristiques de la ville, et a vu nombre de ses logements se convertir en locations de courte durée, comme tous les centres touristiques internationaux. 

 

Des mesures radicales

L'association appelle donc les pouvoirs publics à se saisir du sujet à l'issue de la crise sanitaire, en prenant des décisions stratégiques "pour (re)trouver un équilibre entre habitants, commerçants, artisans, touristes et noctambules du quartier." Elle demande à "limiter et contrôler strictement les locations touristiques de type “Airbnb”, qui font flamber les prix de l’immobilier, rendant les logements inaccessibles à des habitants permanents (...)." Les membres de la Renaissance appellent également à "préempter des rez-de-chaussée pour réintroduire des commerces de proximité, des services médicaux et des services publics". 

 

Retrouver un équilibre

"Il n’est pas question de priver les visiteurs du monde entier du plaisir de découvrir notre cité, et nous sommes conscients de l’importance de l’apport économique généré par ces derniers", rassurent les auteurs du communiqué. "Mais le Vieux-Lyon n’est pas qu’un décor, c’est un quartier habité, vivant." L'association La renaissance du Vieux-Lyon, qui compte plus de 300 adhérents, dont des personnalités renommées des quartiers Saint-Jean, Saint-Georges et Saint-Paul à Lyon, œuvre pour la sauvegarde du patrimoine et la qualité de vie des habitants du Vieux-Lyon depuis 1946. Elle avait notamment permis de sauver le quartier menacé de destruction par la mairie de Lyon dans les années 60. Après avoir défendu l'architecture et le charme de ses rues, il s'agit maintenant de préserver son habitat et sa vie de quartier.
 
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