Coronavirus Covid 19 : pour le programme Discovery piloté depuis Lyon "pas de tendance avant -au moins- la fin du mois"

Selon le Professeur Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et chercheuse, il est urgent d'attendre avant d'obtenir une tendance dans le cadre du projet de recherche Discovery contre le coronavirus. Pas avant la fin du mois "au moins". Explications.

Selon le Professeur Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et chercheuse, il est urgent d'attendre avant d'obtenir une tendance dans le cadre du projet de recherche Discovery contre le coronavirus. Pas avant la fin du mois "au moins".
Selon le Professeur Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et chercheuse, il est urgent d'attendre avant d'obtenir une tendance dans le cadre du projet de recherche Discovery contre le coronavirus. Pas avant la fin du mois "au moins". © Patrick Lefevre / MAXPPP
Discovery, voilà un nom qui n'a pu vous échapper en cette période de confinement. C'est un essai clinique, piloté par l'hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et coordonné par l’Inserm, dont le but est d'évaluer à l'échelle européenne quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus.
 

Des premières tendances pas avant fin avril

Dans le long point d'étape diffusé mardi 7 avril par les Hospices Civils de Lyon, gestionnaire des hôpitaux lyonnais, dont l'hôpital de la Croix Rousse, la Pr Florence Ader, infectiologue à Lyon et chercheuse, a expliqué que les premières tendances sur les essais cliniques en cours n'étaient "pas attendues avant la fin du mois (d'avril) au moins".

De surcroît, elle précise qu'il faudrait encore plus de temps pour analyser les données des patients qui ont rejoint "au fil de l'eau" le protocole promu par l'INSERM avec le soutien de grands laboratoires pharmaceutiques. En une phrase : "il est urgent d'attendre". Pourquoi ?
 

Un protocole écrit "il y a 2000 ans"

Et bien d'abord, et c'est l'objet d'une passionnante mise au point de la Pr Ader, l'étude en cours porte sur des patients hospitalisés qui intègrent petit à petit l'étude. Un rythme dicté par une stricte observation du protocole "écrit en 6 jours et 6 nuits, du 1er au 6 mars"sur la base des données fornies par l'OMS.(...)

"C'était il y a 2000 ans maintenant" dit-elle avec humilité, tant les choses évoluent vite et que les chercheurs et les personnels médicaux abattent de travail chaque jour.

Tous les patients atteints de Covid ne peuvent participer

L'objectif de Discovery de mesurer l'efficacité de 4 traitements antiviraux sur 800 patients français (traités dans 5 hôpitaux) et sur 3200 européens en tout.

Mais tous ne sont pas éligibles : ainsi ils doivent présenter "une pneumonie liée à la maladie et ou qui ont besoin d'un support en oxygène," précisait le 23 mars le Professeur Ader. 

Ce sont des malades qui présentent un certain niveau de gravité, ce sont ces malades-là qui ont besoin de protocole. Les personnes qui restent en ambulatoire à la maison et de petits symptômes ne sont pas éligibles à ce protocole qui se déroule exclusivement à l'hôpital.  
 

Les tout premiers malades inclus le 22 mars

Or les premiers malades "inclus" l'ont été à Lyon le 22 mars. D'autres suivent " au fil de l'eau", c'est à dire un peu tous les jours, sans régularité, en fonction de la correspondance avec les critères bien précis.

Du côté de l'observation des bénéfices possibles d'un des 4 traitements, elle ne peut réellement commencer qu'à partir du 15eme jour suivant l'inclusion des malades dans le protocole, puisque la maladie est considérée à évolution lente.
 

Une analyse des données faite par un comité international indépendant

Mais ce n'est pas tout : leur nombre doit être suffisant pour être statistiquement significatif, en clair l'échantillon doit être suffisamment important. D'où un délai jugé très long par les parfaits ignorants en la chose médicale que nous sommes. 

D'autant que les données collectées dans les hôpitaux de Lyon, Paris, Strasbourg et de nombreux autres en Europe seront ensuite traitées en aveugle par un comité international indépendant, des "spécialistes en data" -comprenez en données- transmises par les différents hôpitaux.  
 

Une première dans l'histoire des épidémies de dimension mondiale

Mais, comme le souligne le Pr Florence Ader, c'est la première fois dans l'histoire des épidémies de dimension mondiale que la recherche à l'occasion de travailler "en temps réel". C'est à dire de chercher en même temps que l'épidémie progresse, sur la base de données médicales existantes, des molécules efficaces. 

Et c'est bien là toute la beauté et l'aspect immensément positif de la chose : une coopération scientifique européenne et internationale si intense mise en oeuvre en -finalement- si peu de temps.
 
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