Covid 19 : Polémique autour de la sécurité sanitaire au centre commercial Part-Dieu à Lyon

A l'heure où les salles de spectacles, musées et autre cinémas sont fermés au public, y'a-t-il un danger sanitaire à fréquenter les allées d'un centre commercial comme la Part-Dieu? C'est ce que prétend un syndicat lyonnais. La direction explique que la jauge est sous une stricte surveillance.

Au centre commercial Part-Dieu, la règle est claire :  pas plus de 16.653 visiteurs en même temps
Au centre commercial Part-Dieu, la règle est claire : pas plus de 16.653 visiteurs en même temps © Valérie Benais

Le centre commercial de la Part-Dieu, à Lyon, est truffé de capteurs à ses portes. Rien qu'au rez-de-chaussée, chacune des dix entrées en est équipée. Un équipement nécessaire pour surveiller l'affluence en cette période de restrictions sanitaires. La régle: pas plus de 16.653 visiteurs en même temps dans le centre commercial. Et devant les enseignes, des agents de sécurité veillent au grain, compteurs à la main." Dès qu'un groupe de 4 ou 5 personnes sort, on fait entrer un autre groupe", explique Mourad, l'un de ces agents. "On ne doit jamais dépasser 50 personnes".

Une jauge sous surveillance

La jauge est-elle scrupuleusement respectée? Téléphone portable à la main, Jean-Philippe Pelou, le directeur du site, explique que le comptage est strict, précis, en temps réel. Une application fait le travail et prévient, à pirori, tous risques de dépassement." Là, par exemple, on a 5631 visiteurs dans le Centre. La jauge est à 16 653. Bien sur, quand on atteint les seuils d'alerte, qui sont fixés à 70% pour notre centre commercial, on commence à filtrer par les entrées. A partir de 90%, une deuxième jauge se met en place. On ne laisse plus rentrer les gens. On les laisse que sortir, afin de redescendre à 70%. "explique-t-il. 

Pour Jean-Philippe Pelou Directeur du centre commercial Part-Dieu : "le comptage est strict, précis, en temps réel"
Pour Jean-Philippe Pelou Directeur du centre commercial Part-Dieu : "le comptage est strict, précis, en temps réel" © Valérie Benais

La CGT estime que le lieu n'est pas sécure

Une explication que met tout de même en doute le syndicat CGT. Pour sa représentante, la jauge serait aléatoire avec un comptage par groupes, plutôt que par individus. Selon elle, l'afflux de visiteurs menacerait la sécurité et la santé des 3800 personnes qui travaillent au sein du centre commercial. "Il n'y a pas de distanciation physique possible", affirme Marie-Hélène Thomet, de la CGT centre commercial Part-Dieu. "Les clients se touchent. Lorsque nous observons des queues qui se forment à l'extérieur des enseignes, on voit bien que les clients ne sont pas à un mètre les uns des autres. D'autre part, il y a aussi une autre problématique : le port du masque très alléatoire." Malgré ces affirmations, la direction est confiante dans son application. De son côté, la CGT met en avant des failles dans la sécurité. Difficle de savoir qui a raison.

Les centres commerciaux vont être contrôlés davantage

Le ministre de l'intérieur a "demandé aux préfets de vérifier davantage" que les grands magasins et les centres commerciaux "respectent les règles sanitaires". Plus de 2,9 millions de contrôles, donnant lieu à plus de 285.000 verbalisations,ont été effectués par les forces de l'ordre depuis le début du deuxième confinement, a indiqué jeudi dernier Gérald Darmanin. "J'ai demandé aux forces de l'ordre de renforcer davantage le dispositif de contrôles", a ajouté le ministre, lors d'une conférence de presse. Cela sera fait "avec tact et mesure mais il n'y aura pas de consignes d'indulgence", a-t-il prévenu. "Nous serons intransigeants sur les rassemblements non autorisés et les fêtes
sauvages
", a-t-il poursuivi, alors que le gouvernement a décidé de maintenir le couvre-feu le soir du 31 décembre.
  

A partir du 15 décembre, l'attestation ne sera plus obligatoire en journée, mais devra être présentée pour tout déplacement effectué pendant la période de couvre-feu,
entre 20h et 6h, à l'exception du 24 décembre. Seules pourront se déplacer, pendant le couvre-feu, les personnes avec un motif professionnel, une raison médicale, un motif familial impérieux, pour aider une personne vulnérable, effectuer une mission d'intérêt général ou sortir son animal de compagnie. "Il est fondamental que ces règles soient respectées par tous pour contenir l'épidémie, il est fondamental que nous ne relâchions pas nos efforts", a insisté M. Darmanin.

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