Covid19 et confinement : un étudiant roannais lance son entreprise de création de pochettes pour masques

Le confinement ne rime pas forcément toujours avec... ralentissement. Erwann, un étudiant de 25 ans originaire de Roanne a mis en oeuvre une idée simple pour créer son entreprise, en surfant sur les nouvelles habitudes sanitaires. Récit
erwanna a créé des pochettes déperlantes, des masques adultes, enfants, et sa propre marque "Maskapart"
erwanna a créé des pochettes déperlantes, des masques adultes, enfants, et sa propre marque "Maskapart" © Erwann Ferrandon
Erwann Ferrandon est originaire de Roanne et étudiant depuis 8 ans à Lyon, à l’université Claude Bernard. Après une licence en biologie cellulaire, il a décroché un master en écologie. Il s’est ensuite investi dans différents projets dans la vie active et a finalement créé sa propre entreprise : "Etudiant confiné, mes qualités d’observateur et le temps qui m’était imparti m’ont poussés à décortiquer les comportements humains face au Covid." explique-t-il : "Nous, les hommes, sortons notre masque de nos poches pour le porter au visage et vice-versa ! Les femmes quant à elles le sortent du sac à main pour le porter également au visage et vice-versa, et nous tous, une fois entrés dans notre voiture le jetons à la hâte un peu n’importe où, par trop contents de s’en débarrasser ! Alors et si les gestes barrières sont respectés, en faisant de la sorte, nous ne faisons que nous polluer davantage, polluer nos espaces et par conséquent polluer les autres. Ainsi est née de mon imagination une pochette afin que, pour une fois l’on sache où ranger son masque."

C'est ainsi qu'il a créé ses premiers modèles de pochettes et sa propre marque : Maskapart. Déperlantes, munies d'un mousqueton, faciles donc à accrocher à sa ceinture, son sac à main, son sac à dos et même pour les enfants à arborer fièrement à son cartable : " Je suis persuadé que ces petites pochettes deviendront vite indispensable à notre quotidien !" parie-t-il. 

Pour tout ce qui concerne la couture, il s'est adressé  tout simplement à sa mère qui, dans sa jeunesse, a travaillé dans les ateliers de coutures de Roanne, avant les délocalisations. Elle a su apporter son style de couture "à la française" à ses prototypes." Je me suis attelé à fabriquer du 100% français, confectionner toutes nos pochettes exclusivement grâce à l’excellence d’ateliers de travailleurs handicapés." raconte Erwann. Il a effectivement fait appel à un atelier protégé à Dardilly dans le Rhône. "Ils ont été les plus réactifs pour créer nos premières séries. On en est très satisfaits. C’était l’occasion aussi d’apporter du travail à ces travailleurs en situation de handicap, dont certains se lancent tout juste dans la vie active."

De la pharmacie... au restaurant

Puis vient la phase de distribution. Pour faire connaître son produit, il a pensé aux pharmacies : "Et oui, il existe bien le pilulier pour y ranger ses médicaments, pourquoi n’existerait-il pas le Maskelier pour y ranger son masque ?" rétorque ce jeune entrepreneur qui ne doute apparemment de rien. "On a montré notre projet à une pharmacienne de Roanne, qui a tout de suite été conquise. Elle a activement participé à l’éclosion du projet, en tant que membre d’un collectif de 200 pharmaciens en France. Ce qui permettra peut-être de lancer une commande groupée."
Masque solidaire pour les restaurants créé par Erwann
Masque solidaire pour les restaurants créé par Erwann © Erwann Ferrandon

Et l'aventure ne s'arrête pas là : "Convaincu que cette pochette toute bête ferait son chemin, je me suis mis à rêver tel un Zorro venir en aide à nos restaurateurs sinistrés par un arrêt brutal de toute activité les rendant pour certains très « vulnérables »…Et si, avec ma petite pochette, je leur venais en aide ? Ainsi est né un duo, masque et pochette assortie sur le thème des « je suis… » , ici « je suis citoyen, je suis solidaire ! » et nos revendications, car n’oublions pas que si nos restaurateurs souffrent de ne pouvoir ouvrir, nous souffrons tous, nous aussi de ne pouvoir nous attabler chez eux comme par le passé !!! Bref, un duo des « Je suis ! » vendu au profit exclusif des restaurateurs et cafetiers dont les bénéfices iront soutenir les plus démunis d’entre eux."

Erwann assure qu'il attend des retours très prochainement pour de futures commandes. Même le maire de Roanne serait impliqué dans son développement. "On a plusieurs retours positifs… mais je ne peux pas encore en parler." révèle notre créateur. Décidément, la crise de la Covid19 aura bien des conséquences inattendues. 
 
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