"Dimanche en politique" participe à la semaine de l'éducation contre le racisme et l'antisémitisme en lui consacrant sa prochaine émission. Autour de Lise Riger, Mahmoud Ould Issa, victime d'une agression raciste, Alain Blum, le président de la LICRA Rhône-Alpes et un historien, Emmanuel Debono.
Mahmoud Ould Issa, 58 ans, ingénieur en informatique d'origine malienne, en France depuis 40 ans, est notre témoin du jour. Sur le plateau de "Dimanche en politique", il vient raconter l'agression raciste caractérisée dont il a été victime dans un bar lyonnais en 2015. Alors qu'il sort tout juste d'un entretien professionnel, il est visé par une violence gratuite, des coups accompagnés d'injures liées à sa couleur de peau.
Mais curieusement, sa plainte au commissariat ne sera ni transmise, ni enregistrée par la police. Et il faudra l'intervention de la LICRA pour ressortir le dossier et faire aboutir la procédure. Son agresseur sera condamné par le tribunal correctionnel en première instance. Mais en définitive, la Cour d'appel de Lyon ne retiendra pas l'intention raciste.
Pour Mahmoud Ould Issa, c'est bien la démonstration des blocages souvent rencontrés par les victimes de racisme dès lors qu'il s'agit de faire reconnaître la vraie nature des attaques dont ils peuvent être l'objet : "Les institutions sont biaisées" dit-il, en guise d'explication.
Du coup, "ça m'a incité à m'engager auprès de la Licra", observe-t-il. La Ligue contre l'antisémitisme et le racisme accompagne nombre de victimes dans leurs démarches judiciaires. Car finalement très peu de procédures aboutissent. Sur 4,3 millions de plaintes déposées en France, seules 7250 présentent officiellement un caractère raciste. Alors qu'en même temps, les propos racistes redoublent de virulence sur les réseaux sociaux. Et qu'il faudrait renforcer les sanctions pour ces messages souvent haineux et tenus en toute impunité sur les plateformes numériques.
Alain Blum,président de la LICRA Rhône-Alpes, préconise des mesures de rétorsion très sévères, comme en Allemagne, à l'encontre des hébergeurs qui laissent prospérer sur leurs sites des propos antisémites ou racistes. Mais la question de la liberté d'expression reste aussi posée, jusqu'à un certain point, comme le note l'historien Emmanuel Debono.
La LICRA souligne que le racisme et l'antisémitisme constituent un délit réprimé par la loi et qu'il ne saurait être question d'en discuter les termes.