Coronavirus Covid-19 : Les annonces du Préfet du Rhône suscitent des réactions contrastées

Dans le département du Rhône et à Lyon, le coronavirus circule à un niveau inquiétant. Pascal Mailhos, préfet du Rhône, a dévoilé ce lundi de nouvelles mesures de restriction qui s'appliqueront mardi, à partir de 6 heures. Pas de quoi réjouir certains professionnels.

Le préfet du Rhône était entouré du directeur général de l’Agence Régionale de Santé et de l’inspecteur d’Académie du Rhône.
Le préfet du Rhône était entouré du directeur général de l’Agence Régionale de Santé et de l’inspecteur d’Académie du Rhône. © Elisabeth Phily, F3RA
Parmi les mesures fortes annoncées ce lundi, par le préfet du Rhône : l’obligation du port du masque est étendue au-delà de la seule ville de Lyon, où elle est en place depuis le 22 août. Dix communes supplémentaires seront concernées : Villefranche-sur-Saône et 9 villes de la métropole lyonnaise : Bron, Caluire-et-Cuire, Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Saint-Fons, Tassin-la-Demi-Lune, Sainte-Foy-Lès-Lyon, Saint-Genis-Laval et Décines.

Il s'agit de villes qui comptent plus de 10 000 habitants, et où le taux d'incidence est supérieur à 100 et le taux de positivité à 8 %. La décision entre en application partir de matin mardi. Il n'y a pas de délimitation de zones géographiques (quartiers ou autres), mais la mesure s'appliquera entre 6 heures et 2 heures du matin, seul le coeur de la nuit y échappe.

Par ailleurs, le port du masque est imposé aux abords des parkings des centres commerciaux, des salles de spectacles et des équipements sportifs (stades, gymnases, etc…).

Pas plus de 1000 personnes : l'événementiel pénalisé

Autre restriction marquante, à Lyon : celle imposée aux événements publics, comme les foires, salons ou rencontres sportives. La jauge maximum autorisée est abaissée à 1000 personnes, contre 5000 personnes jusqu’à présent.

Conséquences immédiates : la Foire de Lyon, qui devait se tenir du 9 ou 12 octobre à Eurexpo, et la vogue des marrons à la Croix-Rousse, prévue à partir du 2 octobre, sont annulées. Les fêtes foraines, vide-greniers, brocante, buvettes en plein-air sont interdits jusqu'à nouvel ordre.

Dans le secteur de l'événementiel, la nouvelle est très mal accueillie. Anne-Marie Beazner, directrice générale des sites lyonnais du Groupe GL Events ne comprend pas qu'"on applique une jauge de 1000, alors que partout en France il y a des centres commerciaux qui peuvent accueillir 5000, 10 000, 50 000, voire 100 000 personnes par jour !"

La professionnelle rappelle que, "depuis le 1er septembre, à Lyon, beaucoup de salons ont repris avec des dispositifs sanitaires très efficaces en concertation avec les services de la Préfecture. Et aujourd'hui", s'indigne-t-elle, "le couperet de la jauge de 1000 tombe et on trouve ça très injuste".

Pour la patronne d'Eurexpo, la décision est surtout dommageable pour les exposants qui espéraient remplir leurs carnets de commandes... La relance économique, devra se passer des foires et salons d'envergure.

Bars et restaurants sous haute surveillance : les professionnels approuvent

Les bars et les restaurants échappent à des mesures préventives draconiennes. Ils ne se voient pas imposer de tirer le rideau plus tôt, mais il est interdit de danser et de consommer debout.

Pour Aurélien Liveneau, président de la branche cafés-brasseries de l'Union des Métiers et Industrie de l'Hôtellerie (UMIH), c'est une bonne décision. "Avec une fermeture à 1 heure, vous avez le temps d'organiser deux services bien distincts, d'éviter de regrouper toutes les populations et de remettre tout le monde dehors à 23 heures", explique-t-il. "A l'extérieur, dans les rues ou dans les appartements, il n'y a pas de masques."

Par ailleurs, les contrôles seront intensifiés concernant le respect des gestes barrières et des distanciations sociales. A la moindre infraction, les autorités préviennent : il n’y aura aucune tolérance, des fermetures administratives seront prononcées.

Là encore, satisfecit de la part du restaurateur : "Les contrôles sont nécessaires. La profession s'est engagée à être responsable et à appliquer les protocoles sanitaires", ajoute-t-il. "C'est ça qui nous permet de garder les restaurants, les bars, les brasseries sous respiration artificielle. On peut avoir un espoir de survie, de pas tous fermer durant l'hiver."

Enfin, la consommation et la vente d'alcool sur la voie publique sont interdites, à Lyon, entre 20 heures et 6 heures du matin.

La 2ème vague est là

Le département du Rhône fait partie des zones rouges, zone de circulation active du Coronavirus. Le Ministre de la Santé Olivier Véran avait pointé du doigt la semaine dernière la situation dans le département. Et à Lyon, les chiffres sont particulièrement inquiétants : le taux d'incidence dans la capitale des Gaules est passé à plus de 213 pour 100.000 habitants, soit 4 fois la côte d'alerte fixée à 50Elle atteint même 242 pour 100 000 à Villeurbanne.

Autre élément épidémiologique important : la moyenne d'âge des personnes positives au COVID  a tendance à augmenter. Pour protéger les plus fragiles, dans les EHPAD du département du Rhône, les visites seront donc limitées à deux personnes par semaine et par résident.

Plan blanc probable

Tous les indicateurs sont au rouge, du côté des infrastructures hospitalières. Les consultations et les passages aux Urgences pour suspicion de coronavirus sont en hausse, de même que les hospitalisations. En Auvergne-Rhône-Alpes, 111 personnes atteintes par le virus sont actuellement en service de réanimation (elles n'étaient que 16 en août). Dans le Rhône, elles occupent 25% des lits de réa.

30 clusters de criticité élevée sont recensés. Et plus seulement consécutifs à des événements familiaux : on les retrouve dans des EHPAD et dans l'enseigenement supérieur.

Face à cette situation, le secteur hospitalier s'organise : public et privé se sont répartis les tâches et les moyens sur 8 territoires dans la région. La zone comprenant le Rhône et la Métropole lyonnaise est pilotée par les Hospices civils de Lyon. Une zone dans laquelle le déclenchement d'un plan blanc est probable dans les jours qui viennent, d'après le directeur général de l'ARS AURA.

Des Lyonnais réagisssent

Les Essentialistes Auvergne-Rhône-Alpes - une association citoyenne à l'origine d'un recours contre le premier arrêté obligeant à porter le masque à Lyon et Villeurbanne - n'ont pas tardé à réagir.

Sur leur compte twitter, ils regrettent la généralisation d'une mesure qu'ils jugent inefficace : "En 3 semaines", écrivent-ils, "le nombre de cas positifs aurait doublé malgré le port obligatoire du masque à l’extérieur dans les villes de Lyon et Villeurbanne : la preuve que l’Etat donne des coups d’épées dans l’eau contre le covid 19, au détriment de nos concitoyens !". Ils estiment que des "mesures préventives ciblées en direction des personnes fragiles seraient plus efficaces".




Décidées localement, les nouvelles mesures de restriction, plus strictes, ont été annoncées ce lundi 21 septembre par le préfet du Rhône, Pascal Mailhos, lors d'une conférence de presse à la préfecture du Rhône. Cette conférence de presse se tenait également en présence du directeur général de l’Agence Régionale de Santé et de l’inspecteur d’Académie du Rhône.
 
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