Élections législatives 2024 : seulement deux députés RN élus dans le Rhône, Jonathan Géry et Tiffany Joncour

Dans le Rhône, le RN espérait bien décrocher ce soir un siège de député, voire deux. Une première depuis plusieurs décennies. Le FN avait eu 2 députés dans le Rhône lors des législatives de 1986. Pour ce 2ᵉ tour des législatives anticipées, deux députés RN ont été élus : Jonathan Géry (8ᵉ) et Tiffany Joncour (13ᵉ). Loin des espoirs du premier tour.

Dans le Rhône, le Rassemblement National espérait décrocher ce dimanche soir un siège de député, voire deux. Une première. Le RN s'était qualifié pour le 2ᵉ tour dans 11 des 14 circonscriptions du Rhône. Historique pour le département. Le Front républicain a réussi à limiter les conquêtes du RN alors que la victoire semblait assurée. Au QG du RN du Rhône, chez un militant de Saint-Priest, c'était la douche froide dès l'annonce des résultats de la nouvelle assemblée. Après ce coup de théâtre, les partisans du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella paraissaient sonnés. 

A contrario, Place de la République à Lyon, c'est la liesse qui dominait dès l'annonce des premières projections de la future Assemblée nationale.

Jonathan Géry élu

L'annonce du premier siège remporté par le RN dans le Rhône concernait Jonathan Géry. Une nouvelle tête, un quasi-inconnu. Ce dernier était en lice dans la 8ᵉ circonscription du Rhône. Il s'est imposé alors qu'une quadrangulaire était sortie des urnes le 30 juin dernier. Il était arrivé en tête du premier tour, à près de dix points devant la candidate socialiste du nouveau Front Populaire Anne Reymbaut. Jonathan Géry avait recueilli 33,46% des voix.
Jonathan Géry était quasi certain de l'emporter dans cette configuration rarissime à quatre candidats. Finalement, le désistement, après le gong, du Modem Dominique Despras n'a pas empêché l'élection du candidat RN. Dominique Despras avait retiré sa candidature après l'avoir déposé en préfecture.

Jonathan Géry, fonctionnaire de police de 38 ans, fait donc son entrée à l'Assemblée nationale en s'emparant d'un fief du parti Les Républicains. La circonscription regroupe notamment les cantons de Tarare, Thizy-les-Bourgs ou encore L'Arbresle, mais aussi une partie de la métropole de Lyon (Écully).

Le nouveau député est un habitant du Val d'Oingt. C'est un militant du RN depuis 2010. Son suppléant, Daniel Prud'homme, est un artisan de 67 ans à la retraite, originaire d'Amplepuis. Il a donc battu la députée sortante Les Républicains, Nathalie Serre. Cette dernière était en ballottage très défavorable, arrivée en 4ᵉ position le 30 juin dernier. 

"Tambouille électorale"

C'est un peu plus tard dans la soirée que l'annonce de la victoire de la patronne des RN du Rhône est tombée. Tiffany Joncour a été élue dans la 13ᵉ circonscription du Rhône, celle de l'est lyonnais. Cette troisième participation à une élection législative était la bonne. En 2022, elle avait été candidate dans la 4ᵉ circonscription où elle n'avait été créditée que de 11,4%. Pour 2024, Tiffany Joncour était candidate dans une circonscription jugée plus facilement gagnable.

Ce 7 juillet, la candidate RN s'est imposée face au candidat LFI du nouveau Front populaire Victor Prandt. La candidate RN a recueilli 51,87% des suffrages exprimés. Victor Prandt a recueilli 48,13% des voix. Sarah Tanzilli, la députée sortante Renaissance, avait retiré sa candidature pour faire barrage à l'extrême droite dès le 30 juin dernier.

À l'annonce de la victoire de Tiffany Joncour, la joie au QG du Rassemblement national.

Ce dimanche soir, Tiffany Joncour a dénoncé "la tambouille électorale" qui n'a pas permis au RN de convertir ses bons scores du premier tour des élections législatives. "Dans de nombreuses circonscriptions, ça a été serré", déplore la nouvelle députée. "Le vent d'espoir a commencé à souffler le soir des élections européennes. Nous avons fait un excellent score soir le soir du premier tour des élections législatives. Les scores que nous voyons ce soir, c'est dû à cette grande tambouille électorale, cette grande alliance qui va d'Emmanuel Macron à Poutou, à l'extrême gauche. Les grands perdants sont les Français qui ne seront pas représentés", a jugé la députée fraîchement élue. 

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Scrutin de 1986 : l'entrée du FN à l'Assemblée

Le Front National de Jean-Marie Le Pen avait déjà eu deux députés dans le Rhône lors des législatives de 1986 avec Bruno Gollnisch et Jean-Pierre Reveau. À l'époque, grâce au retour de la proportionnelle, 35 députés FN avaient été élus à l'Assemblée nationale. 

Le recours à la proportionnelle intégrale, accompagné d'une hausse du nombre de députés de 491 à 577, avait permis de laisser entrer le Front national dans l'hémicycle. Une entrée fracassante au Palais Bourbon avec 35 élus. Mais leur présence dans l'hémicycle a été de courte durée. En 1988, le retour au scrutin majoritaire met un terme à la présence d'un groupe frontiste à l'Assemblée. Seule une députée frontiste, la varoise Yann Piat, avait été réélue.

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