Des élus de la métropole de Lyon écrivent à Emmanuel Macron pour dénoncer les attaques contre l'Arménie

"Ce n'est pas parce que j'ai un nom d'origine aménienne que j'ai rédigé cette lettre, mais parce que je suis contre la guerre" déclare Arthur Nighoghossian. Le jeune conseiller municipal de Limonest est l'auteur d'une lettre ouverte au président de la République, soutenue par une quinzaine d'élus.
Illustration d'une cérémonie organisée dans la métropole de Lyon, commémorant le génocide arménien.
Illustration d'une cérémonie organisée dans la métropole de Lyon, commémorant le génocide arménien. © Myriam Figureau
J'aimerai que l'État français condamne cette agression qui n'a pas lieu d'être, nous indique Arthur Nighoghossian pour justifier sa démarche. Le conseiller municipal de Limonest, âgé de 19 ans et fraîchement élu au mois de mars, vient d'adresser une lettre ouverte au président Emmanuel Macron au sujet de la situation en Arménie.
 

Depuis le 12 juillet 2020 des conflits sanglants ont débuté à la frontière arméno-azerbaïdjanaise, dans la région de Tavouch en République d'Arménie. Depuis des attaques permanentes sont lancées par l’armée azérie sur le sol arménien, allant jusqu’à menacer de bombarder la centrale nucléaire de Metsamor...

Arthur Nighoghossian


Rappelant que la France a reconnu le génocide arménien, et que les frontières du pays sont internationalement reconnues, le jeune élu de l'agglomération lyonnaise souhaite que le président de la République française dénonce "ce conflit aux portes de l’Europe et condamne fermement les attaques de l’Azerbaïdjan contre l’Arménie et l’interventionnisme turc".
 

► Une lettre qui fait également suite aux incidents du 24 juillet 2020 aux portes de Lyon

Avec ce regain de tension à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, un rassemblement de la communauté arménienne de Décines a été organisé le 24 juillet 2020. Une centaine de personnes ont ainsi protesté contre les attaques azéries, dans une ambiance bon enfant souligne Arthur Nighoghossian. La manifestation déclarée en préfecture a réuni "des familles avec enfants, il y a eu des discours et des danses."
Sauf qu'une contre-manifestation a également été organisée le même jour par la communauté turque à Décines-Charpieu donnant lieu à des incidents.

"Un raid anti-arménien", organisé par un groupe de jeunes, dont certains arborent les t-shirts à l’effigie des Loups Gris, et font avec leurs doigts le signe de l’organisation fasciste", est relaté par Ara Toranian dans la revue La Règle Du Jeu
Ce 24 juillet 2020, quatre personnes de la communauté turque ont été interpellées et placées en garde-à-vue.
 

► Une quinzaine d'élus, en soutien

Quinze signatures figurent au bas de la lettre ouverte envoyée à Emmanuel Macron. Celle d'Arthur Nighoghossian, son auteur, mais également celles de cinq députés du Rhône, huit maires et un président de groupe à la métropole de Lyon.
Ces soutiens balayent un large panel politique, avec des élus de LREM, Les Républicains, du groupe Synergie, et de nombreux sans étiquette.

La communauté arménienne est estimée à 135.000 personnes en Auvergne-Rhône-Alpes.
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